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La corruption de l'Ecriture est de deux sortes : 1) Corruption textuelle, c'est-à-dire, faite par des altérations, des interpolations, ou des suppressions 2) Corruption interprétative, c'est-à-dire, celle qui attribue au texte plutôt un sens qu'un autre. Sur ce second point il n'y aucune divergence entre les Chrétiens et nous. Les Protestants et les Catholiques sont unanimes à admettre, avec nous, que les Juifs corrompent par une interprétation erronée les passages de l'Ancien Testament qui, à leur dire, se rapportent au Messie ; les Protestants et les Catholiques s'accusent, les uns les autres, du même procédé à l'égard de divers passages des deux Testaments. Il ne reste donc que le premier point, que les théologiens des deux sectes feignent de contester avec la plus grande énergie, et par toute sorte de citations fausses, calculées à surprendre la bonne foi des illettrés parmi les Musulmans, ou à induire en erreur les lecteurs superficiels. C'est ce point seul qui a besoin d'être prouvé, et j'espère pouvoir le faire ici avec l' assistance divine. Je dis, donc, qu'il y a dans l'Ecriture : 2) D'autres qui sont des interpolations 3) Des passages qui ont été retranchés du texte primitif Je diviserai par conséquent mon exposition en trois sections.
Sache que les textes les plus célèbres de l'Ecriture sont au nombre de trois : 1) Le texte hébreu, suivi par les Juifs et par les Protestants 2) Le texte grec, adopté par les Chrétiens jusqu'au 15e siècle, et qui est encore suivi par l'Eglise Grecque, et par les Eglises Orientales. Ces deux textes comprennent tous les livres de l'Ancien Testament. 3) Le texte samaritain, qui est conforme au texte hébraïque, mais ne comprend que sept livres du Vieux Testament, c'est-à-dire, les cinq livres de Moïse, le livre de Josué, et celui des Juges, parce que les Samaritains n'admettent pas l'authenticité des autres. Ce texte contient une foule de variantes et de passages qui ne se trouvent point dans la Bible hébraïque. Plusieurs critiques protestants, notamment Kennicott, HaIes, Houbigant, croient que le texte samaritain mérite plus de confiance que l'hébraïque, qui, selon eux, aurait été altéré par les Juifs. Et en effet tous les savants protestants ont quelque fois recours à ce texte pour l'éclaircissement de quelques passages, et le préfèrent au texte hébraïque. Passons maintenant à l'exposition détaillée de notre thèse : 1er preuve. Le temps qui s'est écoulé, depuis la création d'Adam jusqu'au déluge, est, d'après le texte hébraïque de 1656 ans, d'après le grec de 2262, d'après le samaritain de l 307 ans. Le Commentaire de Henry et Scott donne (à la fin de la Genèse) un tableau de l'âge des Patriarches, à la naissance de leurs fils respectifs, suivant les trois textes ; le voici :
"Une autre copie de la version grecque, ajoute le Commentaire de Henry et Scott, donne la période de 2242, et Josèphe la fait de 2256". On voit qu'il y a sur ce point, parmi les trois textes, des différences énormes qu'il est impossible de concilier. Noé, étant lors du déluge, selon les trois textes de 600 ans, et Adam ayant vécu 930, il s'ensuit que, d'après le texte samaritain, les deux Patriarches auraient passé ensemble 223 ans, ce que contredisent les deux autres textes, car la Genèse hébraïque fait naître Noé 126 ans après la mort d'Adam, et la Genèse des Septante après 732 ans. C'est pour cette raison, je pense, que Josèphe, si estimé chez les Chrétiens, rejetant les deux versions, a adopté pour le déluge la date 2256 donné ci-dessus. 2ème preuve : Depuis le déluge jusqu'à la naissance d'Abraham il s'est écoulé, 292 ans selon le texte hébraïque, 942 d'après le samaritain, et 1072 d'après le texte grec. Le dit Commentaire de Henry et Scott donne, aussi, un tableau, où sont noté les âges des divers Patriarches de la seconde période, depuis le déluge jusqu'à la naissance d'un fils ; mais ne donnant pour le fils de Seru (Arphaxad) que la simple date depuis le déluge. Voici ce tableau :
Ici, aussi, on voit des différences qu'il n'est pas possible de concilier, et comme Abraham serait né, d'après le texte hébreu, l'an 292 du déluge, et que Noé a vécu, après cet événement, selon la Genèse (IX. 28), 350 ans, il s'ensuit qu'a la mort de Noé Abraham devait avoir 58 ans, ce que contredisent la Genèse samaritaine et la Genèse grecque, puisque, d'après celle-ci, Abraham serait né 722 ans après la mort de Noé, et d'après l'autre, 592. De plus, le texte grec donne entre Arphaxad et Saleh un génération, celle de Caïnan, que les deux autres passent sous silence. C' est le texte grec que Luc a suivi pour sa généalogie du Christ. Ces divergences excessives ont divisé les opinions des docteurs chrétiens, et ont obligé les chronologistes à rejeter les trois textes et à fixer cette date de la naissance d'Abraham à l'an 352. L 'historien Josèphe les a également rejetés et a porté la date de 992, comme on le voit dans Henry et Scott. Le plus illustre docteur du 4e siècle, Augustin, et des théologiens distingués des premiers siècles, pensent que le texte grec est le plus correct. Horsley (Com. sur la Gen. XI. 11) et Hales sont d'avis que le samaritain doit être préféré ; le célèbre Horne semble aussi pencher vers la même opinion. Cette opinion serait, aussi , celle du Commentaire de Henry et Scott, qui rapporte, sur la chronologie du Vieux Testament, les paroles d'Augustin, que j'ai déjà citées dans l'introduction, c'est-à-dire, que "les Juifs auraient altéré le texte hébraïque pour ce qui regarde l'âge des Patriarches, qui ont vécu avant et après le déluge, jusqu'à Moïse, afin de discréditer le texte grec, et par inimitié contre le Christianisme ." et qui ajoute, après, que telle était aussi l'opinion des premiers pères de l'Eglise, qui accusaient les Juifs d'avoir fait les dites altérations en 130 de l'ère Chrétienne. Horne dit, dans le 2ème volume de son Introduction : "Hales a prouvé par des arguments sérieux l'authenticité de la copie samaritaine. Je ne puis ici résumer ses arguments. et je doit renvoyer le lecteur à son ouvrage" (p. 80 et suiv.). Kennicott dit : "Si l'on considère le caractère des Samaritains, leur respect bien connu pour les livres de la Loi, et surtout, si on se rappelle le célèbre entretien entre Jésus et la Samaritaine, où celle-ci invoque le texte samaritain des Ecritures (Jean IV. 19, 20), sans que Jésus la corrige, si l'on considère tout cela, dit je, on conviendra que c'est les Juifs qui ont altéré le texte hébraïque, et que le texte samaritain est celui qui mérite le plus de foi". Voyez comment ils sont enfin forcés de convenir de l'altération de leurs Ecritures ! 3ème preuve : On lit dans le Deutéronome (XXVII. 4) : " quand vous aurez passé le Jourdain, placez les pierres (selon ce) que je vous recommande aujourd'hui, sur la montagne d'Ebal, et enduisez-les de chaux". Le texte samaritain dit :"'Placez les pierres, sur le mont Ghérizim ". Ainsi d'après le texte hébraïque, Moïse aurait recommandé aux Hébreux d'établir l'autel sur le mont Ebal, tandis que d'après le samaritain, il aurait recommandé de le construire sur le Ghérizim. C'est une dispute célèbre entre les deux sectes, qui s'accusent, l'une l'autres d'avoir altéré les Ecritures dans cette partie ; les mêmes discussions se sont reproduites parmi les savants protestants. Le célèbre Adam Clarke dit (ad XXVII. Deut.) : "Kennicott soutient la leçon samaritaine ; Parry et Verschuir la leçon hébraïque. Mais on croit que les arguments donnés par Kennicott son irréfutables, et on en conclut que les Juifs ont altéré le texte hébraïque par haine pour les Samaritains. Tous reconnaissent que Ghérizim est une montagne couverte de végétation, possédant le nombreuses sources ; tandis que le mont Ebal est un roc aride. La nature même semble avoir désigné le premier de ces monts pour y faire entendre les bénédictions, et l'autre pour les malédictions". Ainsi d'après les raisons prépondérantes de Kennicott, c'est le texte hébraïque qui aurait été corrompu. 4ème preuve : On lit dans la Genèse (XXIX.) : " Il regarda et vit un puits dans un champ, et trois troupeaux de brebis se reposaient alentour, car on abreuvait les troupeaux à ce puits ; la pierre sur l'ouverture du puits était grande. ... Et ils répondirent, nous ne le pouvons pas jusqu'à ce que tous les troupeaux soient assemblés..." Il faut substituer au mot "troupeaux" dans le 2ème et le 8e verset, celui de bergers, d'après la traduction arabe de Walton. Horsley dit dans son Commentaire au verset 2 . "Peut-être faudrait-il lire pâtres. Vide Kennicott ;" et au verset 8 . "Peut-être serait-il préférable de dire; jusqu'à ce que tous les bergers soient assemblés comme dans le code samaritain et les Septante, ainsi que dans Kennicott et dans la version arabe de Houbigant". Clarke dit dans son Commentaire . "Houbigant insiste fort sur l'authenticité de la leçon samaritaine". Horne est ici d'accord avec Kennicott et Houbigant ; il dit : "Je crois que par une erreur de copiste le mot 'troupeaux' a été substitué au mot 'bergers"'. 5 ème preuve : On lit dans le 2ème Samuel (XXIV. 13) le mot "Sept", et dans le 1er Chroniques (XXI. 12) le mot " trois" ; l'une de ces deux leçons est sans doute erronée. Adam Clarke dit en commentant le passage de Samuel : "Les Chroniques disent 'trois ans' et non sept, comme on le lit ici. Les Septante sont ici d'accord avec les Chroniques ; il n'est pas douteux que c'est la vraie leçon". 6e preuve : On lit dans le ler Chroniques (IX. 35) : " Le nom de sa sœur était Micah " il faudrait lire "sa femme" comme dans la Vulgate, les Septante, et les textes syriaque, arabe, et chaldéen. "C'est", dit Ad. Clarke, "cette dernière leçon qui est généralement suivie". Voilà donc un passage dans lequel la critique protestante cesse d'être fidèle au texte hébraïque, et reconnaît qu'il est erroné.
7ème preuve : On lit dans le 2ème Chroniques (XXII. 2) : " Achazias était âgé de quarante-deux ans quand il commença à régner ". C'est certainement une erreur, car Joram, père Achazias, avait quarante ans lorsqu'il mourut Achazias aurait, donc, eu deux ans de plus que son père. Dans le 2ème Rois (VIII. 26) il est dit : "Qu'il était alors âgé de 22 ans". Adam Clarke dit, en commentant le passage des Chroniques dont il s'agit : "La version syriaque et l'arabe disent vingt deux ans ; quelques copies des Septante portent vingt ans ; on croit que l'original hébraïque était conforme à cette leçon, et que la leçon actuelle résulte d'une erreur de copiste, qui aurait écrit un 'Mem' au lieu d'un 'Kef'. La leçon du 2ème Rois est la bonne. On ne saurait en effet admettre une leçon dont il résulterait que le fils était plus âgé que son père de deux ans". Horne et le Commentaire de Henry et Scott reconnaissent, également, qu'il y a ici une erreur de copiste. 8ème preuve On lit dans le 2ème Chron. (XXVIII. 19) texte hébr. : "Le Seigneur avait humilié Juda à cause d'Ahaz, roi d'Israël ". Le mot Israël est sans doute une erreur, parce qu'Ahaz était roi de Juda. La Vulgate et les Septante portent, en effet, "Juda ;" l'altération, donc, est dans le texte hébraïque . 9ème preuve : Psaumes (XL. 6) : " Tu m'as creusé des oreilles ". Paul rapportant ces paroles dans l'Epître aux Hébreux (X. 5) les transcrits ainsi : " Tu m'as donné un corps ". L'un des deux textes est certainement erroné, et les savants chrétiens se trouvent pour cela dans l'embarras. Le Commentaire de Henry et Scott reconnaît l'erreur, mais ne sait à qui l'attribuer. Adam Clarke (ad loc.) dit : "Le texte hébraïque est altéré ici", attribuant ainsi la corruption au texte des Psaumes. Le Commentaire de D'Oyly et Mant dit, au contraire : "Il est étonnant que dans le texte grec et dans l'Epître aux Hébreux, au lieu de ce passage, il y ait celui-ci : ' tu m'as préparé un corps' . Ces commentateurs reconnaissent, donc, que l'altération est dans le texte de l'Evangile" (sc. Epître). 10ème preuve On lit dans les Psaumes (CV. 28) : " Ils ne lui ont pas désobéi " et dans le texte grec : " Ils lui ont désobéi ". Le premier passage est affirmatif, le second négatif ; l'un des deux est certainement erroné, ce qui embarrasse fort les docteurs chrétiens. Le Commentaire de Henry et Scott dit . " cette diversité entre les deux textes a donné lieu à de longues discussions. C'est une particule négative en plus ou en moins que s'est glissée par erreur dans l'un des textes, ou qui a été omise par erreur dans l'autre". 11ème preuve : Le 2ème Samuel (XXIV. 9) dit : " Alors Joab donna le rôle du dénombrement du peuple au roi, et il se trouva de ceux d'Israël huit cent mille hommes de guerre, tirant l'épée, et de ceux de Juda cinq cent mille hommes". Le 1er Rois (XXI. 5) donne pour les Israélites onze cent mille, et pour "ceux de Juda" quatre cent soixante-dix mille. Il y a, certainement, erreur dans l'un ou dans l'autre de ces deux textes. Adam Clarke dit (ad. loc.) : "Les deux passages ne peuvent pas être à la fois corrects ; il est difficile de déterminer laquelle, entre ces deux leçons, est la bonne. La plus probable est que c'est la première. Il y a dans les livres historiques de l'Ancien Testament, de nombreuses fautes qu'il serait vain de vouloir corriger". 12èmes preuve : Le commentateur Horsley dit, au sujet du 4e verset du chap. xii. des Juges, sur ce reproche des Ephratiens (ou Ephratites ou Ephraïmites) aux Galaadites" : "Il n'y a pas de doute que ce verset est erroné". 13ème preuve : On lit dans 2ème Samuel (XV. 8). le mot Aram . il n'y a pas de doute que c'est une faute, et qu'on doit lire Edom. Adam Clarke dit que c'est une erreur de copiste. 14ème preuve : On lit dans le 7e verset du même chap . . "Il arriva donc, au bout de quarante ans, qu'Absalom dit au roi..." quarante est certainement une faute ;c'est quatre qu'on doit lire. Adam Clarke (ad. loc.) dit : "Il est certain qu'il y a une faute ici". Et plus loin : "La majorité des savants croient qu'il y a ici une erreur du copiste, qui a écrit quarante au lieu de quatre " . 15ème preuve : Adam Clarke (ad XXIII. 8 du 2ème Sam.) cite ces paroles du Dr. Kennicott : "Ce seul verset contient trois grandes corruptions dans le texte hébreu". Ce docteur reconnaît, donc, ici trois grandes corruptions. 16ème preuve : On lit dans le 1er Chroniques (VII. 6) : "Les enfants de Benjamin sont Bélah, Béker, et Jédiaël :" et au chap. VIII. du même livre : "Benjamin engendra Bélah, son aîné ; Aschbel, qui fut le deuxième ; Achrah, le troisième: Noha, le quatrième ; et Rapha, le cinquième ". Cependant, dans la Genèse (XLVI. 21) : " Les enfants de Benjamin sont Bélah, Béker, Aschbel, Guéra, Nahaman, Ahi (ou Eki), Rosch, Muppim, Huppim, et Ard ". Ces trois versions diffèrent entre elles sous le double rapport des noms et du nombre.D'après le premier texte, les enfants de Benjamin serait trois ; d'après le second, cinq ; d'après le troisième, dix. Les deux premiers textes appartenant au même livre, il faut admettre que le rédacteur, Esdras, s'est contredit lui-même. De plus, il ne peut y avoir de vraie qu'une seule de ces versions : les deux autres doivent forcément être erronées. C'est ce qui a fort embarrasse exégètes qui ont dû reconnaître l'erreur et l'attribuer à Esdras. Voici ce que dit Adam Clarke sur ce verset des Chroniques : ... "Nous voyons par là que dans bien des cas les petits-fils sont appelés fils. et que ces deux appellations sont souvent confondues ensemble dans les tables généalogiques. Chercher à concilier de pareilles divergences serait une tâche aussi interminable qu'inutile. Les Rabbins disent qu'Esdras, rédacteur de ce livre, ne savait pas si quelques-uns de ces enfants étaient des fils ou des petits-fils de Benjamin ; ils ajoutent en outre, que les tables généalogiques, suivies par Esdras, étaient souvent incomplètes ; et nous devons en rester là pour toutes ces sortes de matières". Je prie le lecteur intelligent d'observer combien les docteurs Juifs et Chrétiens sont embarrassés ici, à tel point qu'ils ne peuvent se dégager qu'en accusant Esdras de s'être contredit. Et le savant Adam Clarke, réduit aux abois, reconnaît qu'il est inutile de chercher à concilier de pareilles divergences, et que nous devons en rester là pour toutes ces sortes de matières. Observation. : Il faut faire ici une remarque importante. Les Juifs et les Chrétiens disent que le ler et le 2ème livre des Chroniques ont été rédigés par Esdras avec le concours des Prophètes Aggée et Zacharie. Les historiens disent d'autre part, que les livres saints, avant l'invasion de Nabuchodonosor, étaient dans un état incomplet, et qu'après cette invasion ils disparurent complètement ; et que si Esdras n'avait pas réécrit tous ces livres on n'aurait pu les trouver de son temps, moins encore après lui. C'est un fait admis par tous les " gens du livre'. ( les Israélites et les Chrétiens) sur la foi de ce qui est dit dans le livre attribué à Esdras lui-même, livre que les Protestants considèrent, il est vrai, comme apocryphe, mais qui, toutefois, mérite autant de confiance que les autres livres historiques des Chrétiens ; on y lit en effet (2ème Esd. XIV ) que les livres de la Loi furent brûlés, en sorte que personne ne la connaissait plus ; et qu'Esdras recomposa de nouveau ce qu'elle contenait par inspiration divine. Clément d'Alexandrie dit . "Les Ecritures s'étant, perdues, Esdras les écrivit de nouveau par une inspiration divine". Tertullien dit, aussi : "On sait qu'Esdras composa les livres saints après la prise de Jérusalem par le Roi de Babylone". Et Théophilacte . "Les Saintes Ecritures s'étant perdues entièrement, Esdras les recomposa par inspiration divine". John Milner, Catholique, dit dans son ouvrage imprimé à Derby en 1 843, p. 115, "Les savants sont unanimes pour affirmer que les livres saints furent détruits par les soldats de Nabuchodonosor, et que la reproduction authentique donnée par Esdras, fut aussi perdue à l'invasion d'Antiochus". Cela posé, je reviens aux paroles du commentateur mentionnées, ci-dessus, et dis : 1) Que le Pentateuque que nous avons maintenant n'est pas celui que Moïse a écrit, ni même celui qu'Esdras a reproduit par inspiration divine, parce qu'il ne se serait pas éloigné si souvent du texte qu'il devait reconstituer, et il ne se serait pas servi de généalogies incomplètes et fautives. On ne peut pas nous objecter qu'Esdras se servait de copies fautives du Pentateuque original, car à ce compte il serait impossible d'accorder la moindre autorité au texte reconstitué, quand même il ait été fait par Esdras. 2) Si Esdras s'est trompé dans ce livre, malgré qu'il eût le secours de deux prophètes, il est permis de supposer qu'il ait fait erreur dans les autres, il n'y a pas de mal, par conséquent, à nier tout ce qui contredit des faits avérés, ou choque la raison. Ainsi, par exemple, on peut ne pas croire ce qui est dit, dans la Genèse (XIX.), du commerce incestueux de Loth avec ses deux filles, qui donna naissance à Moab et à Ammon. On peut ne pas admettre l'histoires de l'adultère de David avec la femme d'Urie ( 1er Sam. XXI.), celle de l'idolâtrie de Salomon dans sa vieillesse ( 1er Rois XI.), et une foule d'autres histoires, qui font frissonner d'horreur tous les hommes pieux, et que la raison repousse. 3) Si un passage est corrompu, le fait qu'un autre prophète ait été envoyé par la suite sans corriger l'erreur ne prouve nécessairement pas que cette corruption a cessé d'exister ; cela n'a jamais été pratiqué par la divinité. 4) Des savants protestants ont avancé que les Prophètes et les Apôtres, quoique sujets aux fragilités humaines, sont véridiques dans ce qu'ils ont écrit, et qu'on doit considérer ce qu'ils ont avancé comme exempt de toute sorte d'erreur et d'oubli. Les Ecritures elles mêmes prouvent que cette opinion est erronée ;autrement pourquoi Esdras, qui a écrit avec l assistance de deux prophètes', ne serait-il pas également infaillible ? 5) Qu'il y a des moments et certaines circonstances où les prophètes, quoique ayant besoin de l , inspiration, n'étaient pas inspirés, comme le démontre le cas d'Esdras. 6) Que cela prouve la justesse de la croyance des Musulmans qui n'admettent pas que tout ce qui a été compris dans ces livres est inspiré, parce qu'on ne peut pas concilier l'existence de l'erreur avec l'inspiration divine, comme je l'ai déjà démontré, et comme je le démontrerai encore, avec l'aide Dieu, par la suite. 7) Que si Esdras ne fut pas infaillible, que dirons-nous de Marc et de Luc, les Evangélistes qui n'étaient pas du nombre des Apôtres pour être comme eux infaillibles ? Esdras est considéré comme prophète inspiré, et il avait été assisté par deux autres prophètes inspirés comme lui. Mais Marc et Luc n'étaient pas des prophètes inspirés. De plus, nous autres Musulmans nous ne considérons pas Matthieu et Jean inspirés, quoique les Chrétiens pensent le contraire ; ajoutez, que les écrits des quatre Evangélistes fourmillent de contradictions et d'erreurs grossières. 17ème preuve : Adam Clarke dit dans son Commentaire (ad 1er Chron. VIII. 29) : "Depuis ce verset jusqu'au verset 38, tout le passage se retrouve, avec quelque variation dans les noms, au chap. IX. 35-44. Les Rabbins disent qu'Esdras, ayant trouvé deux livres qui avaient ces passages avec une différence dans les noms, a cru mieux faire de les insérer tous les deux, n'ayant pas pu distinguer lequel était le plus correct". Nous pouvons répéter à ce sujet ce que nous avons dit à l'article précédent. 18ème preuve : Il est dit (2ème Chro. XIII. 3) que l'armée d'Abia était de 400.000 hommes, et celle de Roboam de 800.000 hommes. Au verset 15, on dit qu'il tomba, dans le combat, 500.000 soldats de l'armée de Roboam. Ces chiffres ont paru exagérés par rapport à ces petits rois, et la Vulgate leur a substitué respectivement quarante, quatre-vingt, et cinquante mille. Des commentateurs ont approuvé cette altération du texte. Horne dit : "Le chiffre donné par la version latine est préférable". Adam Clarke (ad loc.), après avoir cité les variantes de divers manuscrits, conclut en ces termes : "Le lecteur a maintenant toute l' évidence qu'il m' a été possible de placer sous ses yeux; il peut choisir . les plus petits nombres me paraissent les plus corrects. Nous avons souvent eu occasion de soupçonner de pareilles corruptions dans les livres historiques et de nous en plaindre". 19ème preuve : On lit (2ème Chron. XXXVI. 9 ) . " Joachim avait huit ans, à son avènement " on lit toutefois dans le 2ème livre des Rois (XXIV. 8) : " Joachim était âgé de 18 ans lorsqu'il monta sur le trône ". Voici les paroles d'Adam Clarke sur ce dernier passage : "Le 2ème Chroniques (XXXVI. 9) porte , huit' , mais c'est une erreur . en effet Joachim après un règne de trois mois, fut conduit captif à Babylone, et là il avait des femmes ; or il n'est pas probable, qu'un enfant de 8 ou 9 ans eût des femmes, il n'est pas probable, non plus, qu'un enfant de cet âge eût déjà 'fait ce qui était mauvais devant l'Eternel'. Ce passage des Chron. doit donc être corrompu". 20ème preuve : Dans le texte hébraïque des Psaumes (XXI. 17 d'après quelques copies, et XXII. 16 d'après d'autres) on lit : " Mes deux mains comme le lion ". Les versions, tant Catholiques que Protestantes, donnent : "Ils ont percé mes mains et mes pieds". Voilà, donc, les partisans des deux sectes qui sont d'accord pour altérer le texte. 21ème preuve : Adam Clarke dit (ad LXIV. 2ème d'Isaïe ) . "Pour ma part, je suis enclin à croire que le texte est très corrompu en cet endroit ; ..." il faut lire : " Comme la cire se fond au feu ". 22ème preuve : Le 4e verset du même chap. d'Isaie, mentionné à l'art. précédent , est ainsi conçu . " Car on n'a jamais ouï, ni entendu des oreilles, et l'oeil n'a jamais vu d'autre Dieu que toi, qui fit de telles choses à ceux qui s'attendent à lui ". Voici comment Paul transcrit ces mots ( 1er Cor. 11. 9) : " Comme il est écrit : Ce sont des choses que 1'oeil n'avait point vues, que l'oreille n'avait point entendues, et qui n'étaient point venues dans l'esprit de l'homme, et que Dieu avait préparées à ceux qui l'aiment ". Quelle différence entre ces deux textes . Le Commentaire de Henry et Scott dit : "Il paraît que le texte hébraïque est corrompu". Adam Clarke, en commentant ce passage d'Isaïe, rapporte différentes opinions qu'il réfute, et ajoute : En présence de ces difficultés je ne sais si je puis faire autre chose qu'offrir au lecteur cette désagréable alternative : ou bien de considérer le texte hébreu et les Septante comme altérés ici par les Juifs de propos délibéré, - et l'on a de grands soupçons contre eux au sujet d'autres passages du Vieux Testament cités dans le Nouveau (voy. le Dr. Owen sur la version des Septante, secs. VI. IX.) ; ou bien de considérer la citation de St. Paul comme n'ayant pas été faire du livre d'Isaie, mais de l'un ou de l'autre des deux livres apocryphes intitulés l'Ascension d'Isa'ie et l'apocalypse d'Elie, dans lesquels on a trouvé ce passage ; et quelques-uns supposent que l'Apôtre a, dans d'autres endroits, puisé dans ces livres apocryphes. Comme la première de ces deux conclusions ne sera peut-être pas admise par plusieurs, je dois, franchement, avertir mes lecteurs que la seconde est considérée par Jérome comme très peu moins grave qu'une hérésie". 23ème à la 28ème preuve : De l'aveu de Horne, les passages suivants du texte hébreu sont corrompus : 1) Malachie III 1 2) Michée V 3 3) Psaumes XVI. 81 1 4) Amos IX. 11, 12 5) Psaumes X. 6-8 6) Psaumes CX 4. Ainsi, ce critique distingué de la secte Protestante reconnaît que le texte hébreu est corrompu dans ces six passages. Son aveu consiste en ceci, que le 1er passage est cité par Matthieu (XI. 10), Marc (1. 2), et Luc (VII. 27), et la citation de ces Evangélistes diffèrent du texte hébraïque et des anciennes traductions en ce qui les paroles devant ta face dans "voici, j'envoie mon ange devant ta face ", ne se trouvent pas dans Malachie ; et que les paroles :qui préparera ton chemin devant toi, sont dans Malachie, " Et il préparera la voie devant moi ". Horne dit dans une note à ce propos : "Il n'est pas possible d'expliquer autrement cette différence qu'en supposant que quelque corruption se soit glissée dans les anciennes copies". Le second passage est cité par Matthieu (11. 6) ; le 3e par Luc (Act. 11. 25-28) ; le 4e par Luc aussi (Act.XV. 16, 17) ; le 5e par Paul (Héb. X. 5-7). Tous ces passages diffèrent des textes originaux. Le 6e est cité par Paul (Héb. V. 6). Je n'ai pas pu bien comprendre la différence qu'offre cette dernière citation, mais, comme Horne est un des critiques Protestants les plus distingués, son opinion fait autorité. 29ème preuve : On lit dans le texte hébraïque de l'Exode (XXI. 8) : " Qu'il l'affranchisse ", en parlant de l'esclave qui déplaît aux yeux de son maître . la leçon en marge est "qu'il la maintienne chez lui". 30ème preuve : On lit (Lévit. XI. 21) une prescription relative aux insectes qui sautent sur la terre ; la leçon en marge ajoute la négation "non pas". Ce qui donne au passage un sens opposé . 3lème preuve : Même contradiction entre le texte et la leçon en marge dans le Lévitique (XXV 30). Les traducteurs protestants ont préféré, dans les trois passages susmentionnés, la leçon en marge à celle du texte, ce qui prouve qu'ils ont considéré le texte comme erroné. Ces variantes rendent les prescriptions tout à fait douteuses, parce qu'on ne peut pas dire si c 'est l'affirmation, ou la négation. que l'auteur sacré sa voulu donner. On voit par là que l'assertion de ces Messieurs, qu'aucune des prescriptions, aucun des préceptes de l'Ecriture n'a été affecté par des altérations du texte, est inexacte. 32ème preuve : On lit dans les Actes (XX. 28) "... pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il a acquise par son propre sang ". Griesbach dit ici . "Le mot Dieu est une faute ; il faut lire le Seigneur". 33ème preuve On lit dans la 1ère Epître de Paul à Timothée (III. 16 ) . "Dieu s'est manifesté en chair ". Griesbach dit que le mot Dieu est erroné, et que la version la plus correcte est le pronom de la 3ème personne, c'est-à-dire, " lequel'. 34ème preuve : Dans le 13e verset du chap. VIII. de la Révélation (viz, Apocalypse) il est dit . " J'ai vu un ange qui volait ". Griesbach et Sholtz disent que le mot "ange" est une erreur, et que la version la plus correcte est le mot "aigle". 35ème preuve : Dans le verset 21 du chap. V. de l'Epître de Paul aux Ephésiens on trouve : "Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu". Griesbach et Sholtz disent qu'il n'y a aucun doute que le mot Dieu a été inséré par erreur au lieu de Christ. Nous nous contenterons de ce qui précède pour ne pas paraître trop long.
1ère preuve : Sache , lecteur, que huit livres de l'Ancien Testament étaient rejetés par les Chrétiens comme apocryphes jusqu'en 324 de l'ère chrétienne ;ce sont : 1) Esther 2) Baruch 3) Tobie 4) Judith 5) La Sagesse 6) L'Ecclésiastique 7) Et 8) Les deux livres des Macchabées. En 325 l 'Empereur Constantin convoqua un Concile à Nicée pour décider à l'égard de ces livres ; et après la plus mûre considération, il fut jugé qu'il fallait admettre le livre de Judith, et les autres livres restèrent à l'état d'apocryphes. Ce fait résulte de l'introduction dont Jérôme a fait précéder ce livre. Il y eut ensuite le Concile de Laodicée, qui se réunit l'an 364, et les savants qui y assistèrent admirent les conclusions du Concile antécédent à l'égard du livre de Judith, et y ajoutèrent le livre d'Esther, décision (.lui fut notifié par des lettres encycliques. En 397 il y eut le Concile de Carthage, auquel assistèrent 127 des plus grands savants et des plus distingués docteurs de 1'.epoque, parmi lesquels se trouvait l'illustre Augustin. (.lui passe chez tous les chrétiens pour le plus éminent prélat de son temps. Ce Concile admit les décisions des deux précédents, et, en outre, reconnut la canonicité des autres livres, mais considéra le livre de Baruch comme faisant partie du livre de Jérémie, parce que Baruch était comme vicaire de Jérémie ; par conséquent ce livre ne fut pas porté séparément dans la liste des livres canoniques. Il y eut ensuite trois autres Conciles, à Trullo, à Florence, et à Trente, qui confirmèrent les décisions des trois Conciles précédents, et ainsi ces livres furent reconnus comme canoniques par la généralité des Chrétiens pendant douze cents ans. Vint ensuite la secte protestante qui rejeta les décisions des Conciles à l'égard des livres de Baruch, Tobie, Judith, La Sagesse, l'Ecclésiastique et les Maccabées, et décida que ces livres devaient être éliminés de la liste des livres canoniques ; et du livre d'Esther, les neuf premiers chapitres et trois versets du 10e chapitre furent admis comme canoniques, et dix versets de ce chapitre, ainsi que six chapitres restants, furent rejetés comme apocryphes. Les Protestants se basent pour cela : 1) Sur ce l'historien Eusèbe a dit dans le chapitre 22 du 4e livre de son histoire que ces livres sont altérés, particulièrement les deux livres des Macchabées ; 2) Sur ce que les hébreux ne les considèrent pas comme inspirés. Cependant l'Eglise catholique, qui compte beaucoup plus de partisans que le Protestantisme, admet ces livres et croit à leur inspiration. Ils font partie de la Vulgate, qui est tenue en grande estime par les Catholiques, et forme la base de leur religion et de leur croyance. On le voit, des livres qui, pendant 324 ans, avaient été considérés comme corrompus et non inspirés, furent ensuite déclarés canoniques par les nombreux Conciles qui se sont succédés, et admis au nombre des livres inspirés par des milliers de savants chrétiens, et par l'Eglise catholique, qui, jusqu'à ce jour, les conserve dans son canon. Cela démontre que l'opinion des Chrétiens primitifs n'est d'aucun poids. Il y a là d'ailleurs un argument d'une importance capitale pour les adversaires du Christianisme. Les Chrétiens primitifs, en admettant comme canoniques des livres dont le texte est altéré et peu authentique, ont donné preuve d'une telle faiblesse de sens critique qu'il est permis de supposer que les Evangiles, acceptés par eux et transmis à leur postérité, ne sont que les ouvrages apocryphes qui avaient cours alors. Les Chrétiens des premiers siècles croyaient à l'authenticité de la version grecque, et à la corruption du texte hébraïque, qui aurait été altéré selon eux en 130 de l'ère chrétienne par les Juifs. Malgré cela, l'Eglise grecque et les Eglises orientales continuent de croire à l'authenticité de ce texte. D'autre part, les Protestants renversent la question, et disent de la version grecque, ce que les Grecs disent du texte hébraïque. L'Eglise romaine soutient, de son côte, que la Vulgate latine est le seul texte digne de foi, ce qui est démontré faux par les Protestants. Voici ce que dit Horne dans son Introduction (vol. IV. p. 463, éd. 1822) : "De nombreuses altérations ont été introduites dans la version latine du 5e au 15e siècle". Et plus loin (p. 467 ) . "Il ne faut pas oublier qu'il n'y a point de texte aussi corrompu que celui de la version latine. Les copistes ont souvent transposé des versets entiers et confondu les notes marginales avec le texte". Si une traduction, aussi généralement connue et adoptée que la version latine, a pu subir de telles altérations, comment espérer que le texte original, qui n'était pas aussi connu, se soit conservé dans son intégrité ? Il est bien probable que ceux qui ont falsifié la traduction aient, pour se garantir, falsifié aussi l'original. Je ne comprends pas que les théologiens protestants n'aient rejeté qu'une partie du livre d'Esther ; ce livre ne mentionne pas une seule fois le nom de Dieu ; il ne fait allusion à aucun de ses attributs, et à aucune de ses lois ; l'auteur en est absolument inconnu, et les commentateurs de l'Ancien Testament l'attribuent, par simple supposition, à l'un des docteurs du Temple qui se sont succédés d'Esdras à Siméon. Philon l'attribue à Joachim fils de Josué, qui retourna de Babylone après la captivité, et Augustin à Esdras luimême. D' autres l'attribuent à Mardochée, quelques-uns disent qu' il fut composé par Mardochée, et par Esther. On lit dans le Catholic Herald (vol.11. p. 347) : "Méliton n' a pas porté ce livre dans sa liste des livres canoniques, dont parle Eusèbe (Hist. Ecclés. 1V. 26 ) . Grégoire de Nazianze donne dans ses poèmes les noms des livres authentiques de l'Ecriture, mais ne fait aucune mention de celui d'Esther ; Arnphiloque (évêque l'Icone, mort en 396), dans les vers adressés à Séléucus, semble douter de l'authenticité de ce livre ; Athanase, dans sa 3ge Epître, parle avec dédain du livre d'Esther". 2ème preuve : Le vers. 31 du chap. XXXVI. de la 6enèse dit . "Voici les rois qui ont régné dans les pays d'Edom avait qu'il y eût des rois en Israël". Ces paroles ne peuvent être de Moïse, car la royauté ne fut établie parmi les Israélites Que 356 ans après lui. Adam Clarke dit (Com. vol. I. ad.loc.) : "Je crois que Moïse n'a pas écrit ce verset et ceux qui le suivent, jusqu'au 39e ; car ces versets se retrouvent dans le 1er Chroniques (chap. I.) ; il est probable qu'ils avaient été transcrits en marge, et que le copiste les a incorporés dans le texte par mégarde". Ce commentateur reconnaît par conséquent qu'il y a neuf verset interpolés dans le texte sacré. 3ème preuve : Il est dit dans le Deutéronome (III. 14) : Jaïr, fils de Manassé, prit toute la contrée d'Argob jusqu'à la frontière des 6uescuriens et des Mahacathiens, et donna son nom au pays de Basçan en l'appelant les bourgs de Jaïr (Baschon-havoth-Jaïr), nom qu'ils ont eu jusqu'à ce jour". Ces paroles ne peuvent pas avoir été écrites par Moïse, car l'auteur doit avoir vécu longtemps après Jaïr, comme l'indiquent les mots "jusqu'à ce jour". Horne dit à ce propos (Intr. vol. I.) : "Des paroles ne peuvent pas avoir été écrites par Moïse, mais cela ne doit pas diminuer notre confiance dans les Ecritures. Moïse doit avoir écrit seulement, il les appela de son nom, Baschonhavoth-Jaïr, et les copistes postérieurs ajoutèrent en marge les paroles jusqu'à ce jour (c'est-à-dire, nom qu'ils ont conservé jusqu'à ce jour), par manière d'éclaircissement, mais plus tard on les incorpora dans le texte". Ainsi, Horne avoue que Moïse ne peut pas être l'auteur de ces derniers mots. Ce n'est, cependant, que par une hypothèse toute personnelle, qu'il explique cette altération du texte primitif, mais elle implique, de sa part, un aveu tacite que les Ecritures ont pu être altérées. par erreur du copiste, ou autrement, quelques siècles après la rédaction originale, et les paroles "mais cela ne doit pas diminuer notre confiance dans les Ecritures", ne prouvent rien autre sinon qu'il y a chez ce critique un parti pris qui veut qu'on croie quand même Le Commentaire de Henry et Scott dit à son tour . "Les derniers mots ont été certainement ajoutés, par une main étrangère, bien après Moïse. On pourrait les omettre sans inconvénient". Ce ne sont pas seulement les derniers mots, c'est le verset tout entier qui ne peut être de Moïse, ainsi que l'avoue Horne. Indépendamment de l'interpolation, dont il s'agit ici, il y a dans le texte une autre erreur ; c'est que Jaïr n'est pas fils de Manassé, mais de Ségub, ainsi qu'il est dit dans 1er Chroniques II. 22. 4ème preuve : On lit dans le livre des Nombres (XXXII. 41) : " Et Jair, fils de Manassé, alla et prit leurs villes et les nomma Havoth-Jaïr, c'est-à-dire ; villes de Jair ". On doit faire ici la même observation que pour le passage précédent du Deutéronome. Je lis dans le " Bible Dictionary", ouvrage de Calmet, achevé par C. Taylor et publié en Amérique et en Angleterre : "On trouve dans les livres écrits par Moïse quelques passages qui ne peuvent pas être de lui, par exemple : Nomb. XXXII. 41, Deutér. III. 14 . d'autres dont le style diffère de celui de Moïse. Sans affirmer que ces passages sont d'une main étrangère, nous dirons cependant qu'il est tout au moins probable qu'ils aient été ajoutés pas Esdras. (Cf Esdras IX. X., Néhém. VIII.). Ces savants affirment que quelques passages du Pentateuque ne sont pas de Moïse, mais sans pouvoir en indiquer les auteurs ; ils les ont attribués gratuitement à Esdras ; cette supposition n'a aucune valeur, car rien dans les chapitres auxquels ils renvoient, n'autorise à la faire ; car aux deux chapitres d'Esdras il est parlé de la douleur de ce prophète pour les péchés des Israélites (en épousant des étrangères), et du repentir de ces derniers, et dans celui de Néhémie il est parlé de la manière dont se fit la lecture de la Loi. 5ème preuve : On lit (Genèse XXII. 14) ce qui suit : "comme il est dit encore aujourd'hui : 'En la montagne de l'Eternel il y sera pourvu ". Or cette montagne ne reçut le nom de montagne de l'Eternel, qu'après la construction du Temple par Salomon, 450 ans après la mort de Moïse. Adam Clarke, dans son Introduction au Commentaire sur Esdras, considère ce passage comme interpolé. "Cette montagne", dit-il, "ne fut généralement connue sous ce nom qu'après que le Temple y fut construit". 6ème preuve : Le 12e verset du 2ème chap. du Deutér. dit : " A Saïr demeuraient auparavant les Hourim, mais les enfants d'Esaü les en chassèrent et les détruisirent de devant eux et s'établirent à leur place, ainsi que l'ont fait les enfants d'Israël dans la terre qui leur avait été donnée en héritage ". Adam Clarke dit, dans l'Introduction déjà citée, que ce verset est interpolé, il en donne pour preuve les mots "ainsi que l'ont fait les enfants d'Israël. 7ème preuve : Le 11e verset du 3e chap. du Deutér. dit . " Car Og, roi de Bassan, était le seul du reste des géants ; voici son lit, un lit de fer, n'est il pas à Rabbathammoun (Rabba des fils d'Ammon). Sa longueur est de 9 coudées, sa largeur de 4 coudées en coudées d'homme ". Adam Clarke (loc. cit ) dit qu'un examen attentif de la fin de ce passage, démontre que ce verset a été écrit longtemps après que ce roi fut tué, et non par Moïse, qui mourut cinq mois après cet événement. 8ème preuve : Il est dit dans les Nombres (XXI. 3) : "Et l'Eternel exauça la voix d'Israël, et il livra entre ses mains les Cananéens, qu'il détruisit à la façon de l'interdit, avec leurs villes, et il nomma le lieu Horma ". Adam Clarke (ad.loc) dit : "Ce verset a été ajouté après la mort de Josué, parce que les Cananéens ne furent complètement détruit qu'à une époque postérieure à la mort de Moïse". 9ème preuve : Le verset 35 du 16e chap. de l'Exode : " Et les enfants d'Israël mangèrent la manne, pendant 40 ans, jusqu'à ce qu'ils furent parvenus au pays où ils devaient habiter ". Ces expressions ne sont pas de Moïse, car la manne n'a pas cessé de son vivant, et ils n'entrèrent dans le pays de Canaan qu'après sa mort. Adam Clarke dit (ad. Loc.) : "L'opinion générale à l'égard de ce verset est que l'Exode a été écrit après que Dieu retira la manne aux enfants d'Israël ; mais il est possible qu'Esdras ait ajouté ce passage". Je dis que l'opinion générale est correcte, et l'opinion du commentateur qui ne se base que sur des conjectures n'est pas admissible. Ce qui est vrai, c'est que les cinq livres attribués à Moïse n'ont point été composés par lui ; comme nous l'avons démontré dans le l ère partie. 10ème preuve : Le 14e verset du 2le chap. des Nombres dit : " C'est pourquoi il est dit au livre des guerres du Seigneur . De même qu'il a fait dans la mer de Soupha, de même il fera dans les torrents d'Arnon ". Ces expressions ne peuvent être de Moïse ; elles démontrent, au contraire, qu'il n'est pas l'auteur du livre des Nombres ; car cet auteur a retracé ce qui se trouve dans le livre des guerres du Seigneur, dont l'auteur, l'époque, et le lieu sont absolument ignorés. Ce livre est pour les Hébreux et les Chrétiens comme cet animal fabuleux (Phénix), dont on prononce le nom sans qu'on l'ait jamais vu ; en effet, ils ne le possèdent pas. Adam Clarke dit, dans sa préface au Commentaire de la Genèse, que ce verset est interpolé, puis il ajoute . "Ce qui paraît le plus probable c' est que le passage , du livre des guerres du Seigneur' était en marge, et que par la suite on l'a incorporé dans le texte". C'est un aveu que leurs livres étaient susceptibles d'altérations, car à son dire les paroles en marge furent incorporées dans le texte, et la chose se généralisa par les copies qu'on en fit dans la suite. 11ème preuve : Le nom d'Hébron dans la Genèse (XIII. 18, XXXV. 27, XXXVII.14) est le nom d'un village qu'on appelait précédemment Kariat Rabâ ; il fut donné par les Israélites, eux-mêmes, après leur entrée en Palestine sous Josué, comme il est dit au chap. XIV. du livre qui porte son nom. Ces versets ne peuvent donc pas être de Moïse, mais bien d'un individu qui aurait vécu à une époque postérieure à l'entrée en Palestine, et au changement du nom primitif De même dans le 14e verset du 14e chap. de la Genèse, il y a le nom de Dan, petite ville qui ne fut fondée que du temps des Juges. Or, après la mort de Josué les enfants d'Israël conquirent la ville de Leith, et en tuèrent les habitants. Ils la brûlèrent, et à sa place fondèrent une nouvelle ville à laquelle ils donnèrent le nom de Dan. Ce fait est prouvé par le 18e chap. du livre des Juges ; il s'en suit que ce verset aussi n'est pas de Moïse. Horne dit : "Il se peut que Moïse ait écrit les villages de Rahâ et Leith, et quelques copistes aient altérés ces passages en adoptant Hébron et Dan'. Il est étonnant que des gens, doués d'une aussi haute intelligence, soient réduits à faire usage de ces futiles arguments, tout en avouant les altérations, ce qui prouve qu'ils reconnaissent leurs Livres Saints comme ayant été susceptibles de corruption. 12ème preuve : Dans le 7e verset du chap. XIII. de la Genèse il y a ce passage : " en ce temps les Cananéens et les Phérésiens demeuraient dans le pays ". en dans le 6e verset du 12e chap du même livre il y a : "Et il y avait alors des Cananéens dans le pays". Ces deux passages démontrent que ce n'est pas Moïse, qui parle, et les commentateurs reconnaissent qu'ils ont été ajoutés. Il est dit dans le Commentaire de Henry et Scott : "Ce passage , et il y avait alors des Cananéens dans le pays', et les passages 'et il y avait alors des Cananéens dans le pays'. et les passages analogues qu'on trouve dans beaucoup d'autres endroits, ont été ajoutés pour compléter le sens ; c'est Esdras, ou une autre personne inspirée, qui les aura ajoutés lorsqu'on a réuni les livres du Pentateuque". Ainsi les Docteurs Chrétiens reconnaissent que des passages ont été ajoutés , . mais leur assertion que "c'est Esdras, ou une autre personne inspirée", qui l'aurait fait, ne repose que sur une hypothèse toute gratuite. 13ème preuve : Adam Clarke dit (ad Deut. I.) : "Les cinq premiers versets sont une espèce d'introduction au reste du livre, et ne sont point de Moïse ; il est très probable que Josué ou Esdras les aient ajoutés" Ce grand critique reconnaît, donc, que les cinq versets sont ajoutés ; il les attribue sans autres preuves à Josué ou à Esdras, mais son opinion seule n' est pas suffisante. 14ème preuve : Le 34e chapitre du Deutéronome n'est pas de Moïse. Adam Clarke dit : "Ce chapitre ne saurait avoir été écrit par Moïse. Un homme ne peut certainement pas faire le récit de sa propre mort et de sa sépulture. Nous pouvons donc considérer les paroles de Moïse comme finissant avec le dernier verset du chapitre précédent, car ce qui le suit ne peut absolument pas avoir été écrit par lui. Supposer qu'il ait prévu ces circonstances, ou qu'elles lui aient été apprises par une révélation spéciale, ce serait s'écarter trop de la convenance et de la nécessité, et impliquer dans l'absurdité le sujet même ; car, Dieu n'accorde d'autres visions prophétiques que celles qui sont absolument nécessaires ; et ici, il n'y a pas nécessité, car l'Esprit qui a inspiré l'auteur du livre suivant pouvait naturellement lui inspirer aussi la matière contenue dans ce chapitre. Je crois, donc que le chap. XXXIV du Deut. devait former le premier chapitre de Josué Sur ce sujet la note suivante, de la plume d'un Israélite intelligent, ne déplaira pas au lecteur . "La plupart des commentateurs sont d'opinion qu'Esdras est l'auteur du dernier chapitre du Deutéronome ; quelques-uns pensent qu'il est de Josué . d'autres , qu'il a été fait par les soixante-dix anciens immédiatement après la mort de Moïse ; Ils ajoutent que le Deutéronome se terminait originairement par les bénédictions prophétiques adressées au douze tribus : 'Que tu es heureux, Israël . qui est comme toi, o peuple sauvé par l'Eternel ?' ; que ce qui forme maintenant le dernier chapitre du Deutéronome était précédemment le premier de Josué, et qu'il fut détaché de ce livre-ci et ajouté à celui-là en forme de supplément. Cette opinion ne paraîtra pas improbable, si l'on considère que les sections, et les autres divisions', ainsi que les points et les pauses, ne furent inventés que longtemps après la composition de ces livres ; car, dans ces premiers âges, plusieurs livres étaient unis ensemble, et mis, à la suite l'un de l'autre, dans un même rouleau. Le commencement d'un livre pouvait, donc facilement être ajouté à la fin d'un autre, et être considéré, dans la suite des temps, comme une vraie conclusion de ce livre, ainsi qu'est le cas pour ce chapitre du Deutéronome ; d'autant plus que ce chapitre supplémentaire contient un récit des derniers actes et de la mort du grand auteur du Pentateuque" Donc, Chrétiens et Juifs, s'accordent à dire que ce chapitre n'est pas de Moïse, mais qu'il a été ajouté ; et l'opinion de Clarke est que c'était le 1er du livre de Josué. Quant à ce que disent les Juifs, à l'égard de la rédaction de ce chapitre par les soixante-dix anciens, elle ne repose sur aucune autorité sérieuse. Pour ces motifs Henry et Scott disent : "Les paroles de Moise finissent au chapitre précédent, et ce chapitre (le 34 e ) est une addition qui peut bien avoir été faite par Josué, Samuel, Esdras, ou un autre prophète postérieur; on ne sait rien de positif à ce sujet, et il est probable que les derniers versets ont été ajoutés à une époque postérieure à celle où les enfants d'Israël furent délivrés de la captivité de Babylone. La même opinion esl énoncée dans le Commentaire de D'Oyly et Mant. Maintenant considérez ce que disent les docteurs chrétiens : "L'auteur des passages ajoutés peut bien être Josué, " . et voyez l'embarras où ils se trouvent, et la différence qu'il y a entre leur langage dubitatif et les affirmations des commentateurs juifs. Quant aux paroles "ou quelque autre prophète", elles ne reposent sur aucune preuve. Je a n'ai dit, à l'égard des versets reproduits, depuis la 2ème preuve jusqu'à celle-ci, qu'ils démontrent la corruption du texte des Ecritures par l'interpolation de versets et de paragraphes, ou d'expressions évidemment étrangères, que parce que j'ai voulu, pour un instant, admettre comme fondée la croyance des Hébreux et des Chrétiens, que le Pentateuque est l'œuvre de Moïse, autrement ces citations suffisent, à elles seules, pour démontrer que les livres ne sont , c'est l'opinion pas de Moïse, et que c' est une erreur que de les lui attribuer .unanime des savants musulmans. Quant à l'assertion de certains docteurs protestants, que ces interpolations ont été faites par quelqu'un des prophètes, elle ne saurait être prise en considération ; à moins qu'elle ne soit soutenue par des arguments solides, ou par des traditions authentiques, remontant sans interruption au prophète à qui les additions sont attribuées. En ces Messieurs sont bien loin de pouvoir le faire ! 15ème preuve : Adam Clarke rapporte (ad Deut. X.) un long passage de Kennicott, dont voici la substance . Que le codex Samaritain est correct et celui des Hébreux erroné ; que les versets 6 à 9 de ce même chapitre sont interpolés, et qu'on pourrait les omettre sans nuire au sens ; que ces 4 versets auraient été insérés ici par une faute de copiste et qu'ils faisaient partie du 2ème chapitre du Deutéronome ; à la suite de cette citation Clarke dit complaisamment :"Qu'on ne se hâte pas de désapprouver cette opinion !" 16ème preuve : Le 2ème verset de Deut. XXIII. dit : " L'homme issu d'une union illicite n'entrera pas dans la congrégation de l'Eternel, même à la dixième génération ". Cette sentence ne peut émaner de Dieu, ni avoir été écrite par Moïse. Autrement David aurait dû être exclu de la congrégation du Seigneur, lui et ses pères jusqu'à Pharez, parce que David est le dixième génération de Pharez, selon ce qui est dit au 1er chap. de Matthieu, et Pharez d'après la Genèse (XXXVIII.) était un bâtard. Le commentateur Horsley pense que ces expressions "même à la dixième génération" ont été ajoutées. 17ème preuve : Le Commentaire de Henry et Scott dit (ad Josué 1V. 9) au sujet des mots "jusqu'à ce jour " . "De semblables expressions se rencontrent dans les parties historiques de l'Ecriture. Il est probable qu'elles aient été ajoutées par des copistes, ou des réviseurs, dans des époques postérieures". Voilà, donc, ces commentateurs qui confessent que ce passage, et tous ceux qui lui ressemblent dans l'Ancien Testament, sont des interpolations, - et il n'y en a pas mal ; on en retrouve de semblables dans le livre de Josué V. 9 ; VIII. 28, 29 ; X. 27 ; XIII. 13, 14 ; XV, 63 , XVI. 10). Ainsi ces huit passages d'un seul livre ont été reconnus comme interpolés. Si nous voulions faire la revue des autres livres de l'Ancien Testament, nous en trouverions bien d'autres ! 18ème preuve( Josué X. 13) " Et le soleil fut immobile et la lune s'arrêta jusqu'à ce que le peuple eut fini sa vengeance. Cela n'est il pas écrit dans le livre de Jesser ". Quelques traductions portent Jasar, d'autres Jascher. En tout cas, Jasser ou Jascher, ce verset ne peut pas être de Josué parce qu'il est pris de ce livre . et jusqu'à présent on n'en connaît, ni l'auteur, ni la date du temps de David ou après sa mort. Le Commentaire de Henry et Scott, en parlant du dernier morceau de Josué XV. 63, avoue que "ce passage démontre que le livre a été écrit avant la 7ème année du règne de David". Or David est né 358 ans après la mort de Josué, ainsi que le rapportent les historiens protestants eux-mêmes. Et les docteurs de cette secte considèrent, aussi, comme interpolé le 15 verset du dit chap. X., cité ci-dessus, parce qu'il manque dans le texte des Septante. Horsley dit (ad loc.) : "Supprimez ce verset (d'accord) avec les Septante". 19ème preuve : Ce même Horsley dit " que les 7e et 8e versets du 13e chap. de ce même livre de Josué, sont erronés ; et que la version des Septante est la correcte. 20ème preuve : On lit dans Josué (XIII. 25), à l'égard de l'héritage des fils de Gad : " Et la moitié de la terre des fils d' Ammon jusqu'à Aroër, qui est en face de Rabba ". Cela aussi est une erreur ; Moise n'a donné aux fils de Gad aucune partie du territoire des Ammonites, car Dieu le lui avait défendu, comme il est dit au 2ème chap. du Deutéronome. Horsley a dû avouer que sur ce point : "Le texte hébraïque est altéré". 21ème preuve : Le 34 e verset de Josué XIX. dit . " Et à Juda au soleil levant du Jourdain ". C' est une autre erreur, parce que le territoire de Juda était très éloigné du côté du sud ; c' est pourquoi Adam Clarke a dit . "Il est très probable qu'il y ici une altération du texte". 22ème preuve : Henry et Scott (Commentaire ad loc.) disent au sujet du dernier chapitre de Josué : "Les cinq derniers versets ne sont assurément pas de Josué; c'est Phinéas ou Samuel qui les auront ajoutés ; ces sortes d'additions étaient très communes chez les anciens". Ils reconnaissent donc que ces cinq derniers versets sont interpolés, mais leur assertion que " c' est Phinéas ou Samuel qui les auront ajoutés" n'a aucune preuve à son appui. Quant à leur assertion que "ces sortes d'additions étaient communes parmi les anciens", elle donne prise sur eux à ceux qui soutiennent que les Ecritures sont corrompues. En effet, s'il est avéré, qu'une telle pratique ait été commune chez les anciens, on ne saurait plus assigner des limites aux altérations des divers textes des livres saints. 23ème preuve : Horsley dit que six versets du 1er chap. du livre des Juges, c' est à dire, du 10e au 15e sont interpolés. 24ème preuve : Le 7e verset du 17e chap. des Juges, en parlant d'un individu de la tribu de Juda, dit " qu'il était Lévite ". Cela ne pouvant pas être, le commentateur Horsley a dit : "C'est une erreur, parce qu'un homme appartenant à la tribu de Juda ne pouvait pas être Lévite". Houbigant, ayant reconnu que ce passage était une interpolation, l'a rayé du texte. 25ème preuve : Il est dit au 1er Sam. VI. 19 . "Et l'Eternel frappa parmi les gens de Beth-Schémés, parce qu'ils avaient regardé dans l'arche de l'Eternel, et il frappa parmi le peuple cinquante mille et soixante-dix hommes". C'est une erreur. Adam Clarke dit, à ce propos . "Le plus probable est que le texte hébreu a été altéré, ou par la suppression d'un passage ou par l' addition des mots cinquante mille, soit de propos délibéré, soit par une erreur involontaire, parce qu'on ne peut pas admettre qu'un aussi petit village que Beth-Schémés pût contenir un tel nombre d'hommes, et encore moins que ce nombre fût, à la fois, occupé à faucher les prés. Il est impossible, en outre, que cinquante mille aient pu, tous à la fois, regarder dans l'arche sur le rocher d'Abel, dans le champ au blé de Josué. Clarke ajoute ensuite . "Le texte latin dit soixante-dix chefs et cinquante mille soixante-dix hommes, le Syriaque 5070, l 'Arabe également 5070. L 'historien Josèphe parle seulement de soixante-dix morts. Salomon Jarchy et d'autres Rabbins donnent une version différente. Toutes ces différences nous font croire qu'il y a ici une altération du texte primitif, soit par omission, soit par interpolation". Henry et Scott disent : "Le texte hébreu, en donnant le nombre des morts, renverse l'ordre naturel de la phrase ; de plus, il est invraisemblable qu'un tel nombre de personnes pussent se rendre coupables à la fois et périr dans un petit village. Josèphe ne parle que de 70 morts". Vois, lecteur, comment ces commentateurs, dans leur embarras, n'ont pu faire autrement que de reconnaître une altération dans le texte. 26ème preuve : Adam Clarke dit (ad 1er Sam. XVII. 12) : "Ce verset et les suivants jusqu'au 31e, le 41e, les versets 54 et suivants, les 5 premiers versets du chap. XVIII., et les versets 9, 10, l 1, 17, 18, 19, ont été omis dans les Septante, bien qu'on les trouve dans le codex d'Alexandrie ; mais il paraît que le MS., sur lequel ce codex a été copié, ne les avait pas. Le Dr. Kennicott a prouvé que ces versets ne font point partie du texte primitif". Voici quelques passages de Kennicott, puisés dans ce que Clarke a donné à la fin du chapitre : "Il s'agit maintenant de déterminer", dit-il, "l'époque où cette interpolation eut lieu. On sait que les Juifs, du temps de Josèphe, croyaient orner le texte primitif de l'Ecriture, en y ajoutant de longs discours, des hymnes, des prières, et aussi de nouveaux articles d'histoire, comme le prouvent les nombreuses additions faites au livre d'Esther, les épisodes des femmes, du vin, de la vérité ajoutés aux livres d'Esdras et de Néhémie ; le cantique des trois jeunes gens dans la fournaise, ajouté au livre de Daniel, et, enfin, les nombreuses additions faites au texte de Josèphe. Probablement ces additions étaient, d'abord, écrites en marge, et elles furent ensuite incorporées dans le texte par une méprise de copiste". Horsley dit (Com. vol. 1. p. 330) :"Kennicott (ad ler Sam. XVII.) démontre que vingt versets de ce chapitre ( l 3 1) sont interpolés, et qu'il faudrait par conséquent les omettre dans la réimpression du texte hébraïque". S'il en est ainsi, s'il est vrai, comme l'a dit Kennicott, que les Juifs avaient coutume d'altérer le texte des Ecritures en y faisant des additions, jusqu'au temps de Josèphe, comment peut-on ajouter foi à ce texte, et croire que la parole de Dieu nous est arrivée dans toute sa pureté, ainsi que le prétendent les théologiens juifs et chrétiens ? 27ème preuve : On lit dans Matt. (XIV. 3 ) . "Car Hérode avait fait saisir Jean, et l'avait fait lier et mettre en prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe son frère". Marc dit (VI. 17) : "Car Hérode avait envoyé prendre Jean et l'avait fait enchaîner dans la prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe son frère, parce qu'il l'avait épousée". Luc (111. 19) : "Mais Hérode le tétrarque, ayant été repris par Jean à cause d'Hérodias, femme de Philippe". Ce nom de Philippe qu'on trouve dans les trois Evangiles est sans doute une erreur, car aucun historien ne dit que le mari d'Hérodias s'appelait Philippe. Josèphe (XVIII. 5). Horne a dit même qu'il s'appelait Hérode, comme le tétrarque. C'est pourquoi dit (Intr. vol. 11. p. 6231 : "Philippe est une erreur de copiste ; Griesbach l'a, par conséquent, omis dans son édition". Cette erreur, selon nous, n'est pas attribuable au copiste, mais aux Evangélistes eux-mêmes. Voyez aussi avec quelle hardiesse ils corrigent le texte sacré, imitant en cela l' exemple qui a été donné par leurs ancêtres ! Livre Second : fin de la SECONDE SECTION. - Interpolations 28ème preuve : Luc (VIl. 31 ) . " Alors le Seigneur dit : A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ?" Ces mots, "alors le Seigneur dit", ont été ajoutés par erreur. Adam Clarke dit (ad loc ) . "Ces mots ne faisaient point partie du texte primitif Tous les commentateurs le reconnaissent, c' est pourquoi Griesbach et Bengel les ont omis". Ce qui m'étonne c'est que les Protestants n'omettent pas ces mots dans leurs versions. Est-ce que l'existence de passages, reconnus faux par tous les commentateurs, dans ce qu'ils prétendent être la parole de Dieu, ne constitue telle pas une corruption du texte ? 29ème preuve : On lit dans Matt. (XXVII. 9) : "Alors s'accomplit ce qui avait été dit par Jérémie le prophète : Ils ont pris trente pièces d'argent, qui étaient le prix de celui qui a été apprécié, et que les enfants d'Israël ont mis à prix". On sait que c' est -là une des fautes les plus connues du livre de Matthieu, car le passage en question ne se trouve ni dans Jérémie, ni dans aucun livre de l'Ancien Testament. On trouve à la vérité quelque chose d'analogue dans Zacharie (XI. 13), mais la ressemblance est trop peu précise pour qu'on puisse dire que Matthieu a pris sa citation dans ce livre. Les théologiens chrétiens se montrent assez embarrassés ici. Thomas Ward dit dans son Errata (déjà citée ) . "Jewel dit que Marc a fait erreur en écrivant Ahiathar au lieu d'Achimélech et Matthieu en mettant Jérémie au lieu de Zacharie". Horne dit : "Ce passage est fort embarrassant, car cette citation ne se retrouve pas dans Jérémie. On lit quelque chose de semblable dans Zacharie (XI. 13), mais les expressions ne correspondent pas à celles de Matthieu". Il ajoute peu après :"On croit généralement que Matthieu avait écrit, 'Ce qui a été dit par le Prophète', sans donner le nom, ce qui est d'autant plus vraisemblable que Matthieu ne mentionne presque jamais les prophètes auxquels il emprunte des citations". Le même critique dit, ailleurs : "L'Evangéliste n'avait pas écrit le nom du Prophète qui a été ajouté par un copiste". D'Oyly et Mant disent (ad loc). "Ces mots ne se trouvent pas dans Jérémie, mais dans Zacharie (XI. 13). On croit généralement que c' est une méprise du scribe, qui a substitué Jérémie à Zacharie en copiant". Jewad-ben-Sabath dit dans la préface de son livre intitulé, "Elharahin Essabatia'. (Démonstrations, ou Preuves, Sabatiennes ) : "J'ai demandé souvent aux théologiens chrétiens de me donner la solution de cette difficulté : il me fut répondu : C'est une erreur de copiste". Buchanan (ou Boukanan), Martyros, et Kyrakos disent que "Matthieu s'est trompé en citant de mémoire ; d'autres ont supposé qu'il se pourrait que Jérémie fût un autre nom pour Zacharie". Il résulte de tout cela que l'erreur est de Matthieu ainsi que l'ont reconnu Ward, Jewel, Buchanan, Martyros, et Kyrakos, et les hypothèses que l'on a trouvées sont d'une extrême faiblesse, et nous avons vu que Horne, lui-même, avoue que les paroles de Zacharie ne sont pas celles que rapporte Matthieu ; le nom de Zacharie ne sont pas celles que rapporte Matthieu ; le nom de Zacharie, par conséquent, mis au lieu de Jérémie, ne servirait à rien, à moins qu'on ne reconnaisse qu'il y a altération dans l'un des deux textes. Je n'ai, d'ailleurs, cité cet ex. que sur l'admission provisoire de l'assertion de ceux qui prétendent que le nom de Jérémie est une insertion faite par le copiste. Ayant rapporté l'erreur de Matthieu, il convient que je parle, aussi, de l'erreur de Marc, que reconnaissent Ward et Jewel. Cet Evangéliste dit (11. 25) : "Mais il leur dit . N'avez-vous jamais lu ce que fit David, quand il fut dans la nécessité, et qu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? Comment il entra dans la maison de Dieu, du temps d'Abiathar, souverain sacrificateur, et mangea les pains de proposition, qu'il n'était permis de manger qu'aux sacrificateurs, et en donna, même, à ceux qui étaient avec lui ?" Jewel et Ward avouent que le mot Abiathar est une erreur, et que ces paroles "Ceux qui étaient avec lui" sont une autre erreur, parce que David se rendit seul chez le sacrificateur ( 1er Sam.). Ce passage étant erroné, il s'ensuit que les passages correspondants de Matthieu et de Luc doivent l'être aussi. En effet, Matthieu dit (XII. 3, 4) : "Mais il leur dit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, ayant faim, tant lui que ceux qui étaient avec lui ,. comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, dont il n'était pas permis de manger, ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui...?" Et Luc (VI. 3, 4) : " N'avez-vous pas lu ce que fit David lorsque lui, et ceux qui étaient avec lui, étaient pressés par la faim ? Comment il entra dans la maison de Dieu, et prit les pains de proposition, et en mangea, et en donna, ?" Il y a donc dans ces paroles, mises dans même à ceux qui étaient avec lui ....la bouche de Jésus, sept erreurs, en tenant compte du nombre des Evangélistes qui les ont rapportées, ce qui constitue sept altérations. Les docteurs chrétiens les mettraient-ils toutes sur le compte des copistes, que cela ne nuirait pas à notre thèse. 30ème preuve : On lit dans Matt. (XXVII. 35 ) . " Et après l'avoir crucifié, ils partagèrent ses habits au sort ; afin que ce qui a été dit par le prophète s'accomplît : Ils se sont partagé mes habits, et ils ont jeté le sort sur ma robe ". Ces mots "afin que ce qui a été dit", sont une interpolation, ainsi que l'a démontré Horne (Intro. vol. II. p. 330, 331) ; il ajoute : "Griesbach a omis avec raison ces mots comme étant décidément apocryphes" Adam Clarke, aussi, dit (ad loc ) .. "Il faut omettre ce passage qui n'appartient pas au texte primitif ,. il a été évidemment emprunté à l'Evangile de Jean (XIX. 24)". 31ème preuve : On lit dans la 1ère Epître de Jean (V. 7, 8 ) . " Il y a trois qui rendent témoignage dans le ciel ; le père, le Verbe, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. Il y a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre ; savoir, l'esprit, l'eau, et le sang ; et ces trois-là se rapportent à un ". Le verset 7, d'après les exégètes, n'était pas dans l'original, et a été ajouté par les partisans de la Trinité. Griesbach et Scholz sont d'accord pour l'affirmer ; Horne, malgré sa partialité, est obligé de la reconnaître aussi ; le commentaire Henry et Scott et Adam Clarke sont du même avis ; Augustin, le plus grand des docteurs trinitairiens du 4e siècle, a écrit dix traités sur cette Epître, et pourtant il ne cite jamais le passage dont il s'agit, bien qu'il eût affaire avec une secte arienne, qui niait la Trinité. Comment se fait-il qu'Augustin, défenseur ardent de la Trinité, et qui cherchait partout des arguments en faveur de cette doctrine, ne se soit pas prévalu du verset en question ? Si ce verset existait de son temps il s'en serait certainement servi, et n'aurait pas eu recours à des interprétations forcées de ce même passage en disant que par l'eau il fallait entendre le Père ; par sang. le Fils ; et par esprit, le Saint-Esprit. C'est, je crois, parce que cette interprétation était absurde que les sectaires de la Trinité se sont, dans la suite, avisés d'interpoler leur texte. Dans la dispute publique que j'ai soutenue en 1270 (A.D. 1853) contre l'auteur du "Mizan-el-Haqq" et un autre ecclésiastique, ces derniers déclarèrent spontanément que cet endroit de Jean, et quelques autres du même livre, étaient interpolés. Horne discute longuement la question dans son ouvrage ; je rapporterai ici, d'après commentaire de Henry et Scott, le résumé des conclusions auxquelles il est arrivé. "Horne examine la question de l'authenticité de ce passage de Jean avec le plus grand soin ; il résume ensuite, en forme de. conclusion , les preuves pour et contre. Voici un résumé de cette conclusion. Les preuves contre l'authenticité du passage sont : 1) Que ce verset ne se trouve dans aucune copie grecque faite avant le 16e siècle. 2) Qu'il ne se trouve pas dans les premières et meilleurs éditions. 3) Qu'il ne se trouve dans aucune version ancienne sauf la Vulgate latine. 4) Qu'il est omis dans les anciennes copies de la version latine elle-même. 5) Qu'il n'est cité par aucun père de l'Eglise grecque, et aucun ancien auteur ecclésiastique. 6) Qu'il n'est cité, non plus, par aucun des pères latins. 7) Que les Réformateurs protestants, eux-mêmes, l'ont omis, ou marqué comme douteux. Pour l'authenticité du passage l'évidence externe est : 1) Qu'il se trouve dans la plus ancienne version latine et dans la plupart des manuscrits de la Vulgate. 2) Qu'il se trouve dans la symbole de foi et la liturgie de l'Eglise grecque. et dans la liturgie primitive de l'Eglise latine ; et qu'il est cité par quelques père latins. Tous ces points, cependant, sont révoqués en doute, surtout le dernier. L'évidence interne serait : l) Que la connexion de la phrase en exige l'assertion. 2)Que la construction grammaticale le veut. 3) Que les règles de l'article grec sont en sa faveur. 4) Que le mode d'expression et de penser est particulier à St-Jean. 5) Que l'omission peut en être expliquée en supposant deux éditions du texte original ; que la rareté des copies primitives offrait aux scribes des facilités pour la fraude ou la négligence ; que les Arianistes pouvaient l'avoir supprimé ; que les Orthodoxes pouvaient, aussi, l'avoir retiré par égard pour le mystère de la Trinité ; que la négligence des copistes a produit plusieurs omissions analogues à celle-ci ; que les pères grecs ont omis de citer plusieurs autres passages qui supportent cette controverse (la Trinité). Après une revue complète des arguments qui précèdent, continuent Henry et Scott, revue remarquable par sa clarté et sa candeur, T H. Horne dit qu'il pense que le passage doit être abandonné comme apocryphe, et qu'il n'y a que l'autorité positive d'un manuscrit authentique, et non douteux, qui puisse justifier l'admission, dans le sacré canon, d'un passage aussi important. Il reconnaît, avec Marsh, que les arguments tirés de l'évidence interne quelque ingénieux qu'ils soient, ne peuvent contrebalancer la masse de l'évidence externe qui porte sur la question". Considère, maintenant, lecteur, comment nos adversaires s'obstinent à adopter l'opinion contraire à celle de leur grand critique Horne, bien qu'ils reconnaissent, d'une part, qu'il a traité le sujet avec équité et candeur, et de l'autre, que les raisons en faveur du maintien du passage sont insoutenables. Des raisons, ou excuses, par lesquelles ce dernier parti cherche à soutenir sa cause, il résulte : 1) Que le champ de l'altération des Ecritures était ouvert, aux scribes et aux copistes des partis, avant la découverte de l'imprimer le, et qu'ils réussissaient à obtenir leur but, comme le prouve la suppression de ce passage par les copistes, par les Arianistes, ou par les Orthodoxes eux-mêmes, de manière qu'il a pu disparaître de tous les textes grecs, de toutes les versions, excepté la latine, et d'un grand nombre des copies de cette dernière. 2) Que les personnes les plus pieuses et les plus attachées à leur religion avaient pour habitude d'altérer les textes selon leurs besoins, comme ils ont supprimé ce passage, "par égard pour le mystère de la Trinité" (comme il est dit dans la citation de Henry et Scott, qui précède) et comme "les pères grecs ont omis p |