Prologue de l'évangile de barnabé:
Barnabé, apôtre de Jésus Nazaréen
appelé Christ, à tous ceux qui habitent sur la terre,
souhaite paix et consolation.
Très chers, le grand et admirable Dieu nous a visités,
ces jours passés, par son Prophète Jésus Christ,
en grande miséricorde de doctrine de doctrine et de miracles.
C'est pourquoi beaucoup, trompés par Satan, sous couvert de
pitié, prêchent une doctrine fort impie: ils appellent
Jésus fils de Dieu, rejettent la circoncision, alliance de Dieu
à jamais, et autorisent toute sorte d'aliments impurs. Parmis
eux, Paul lui-même est dans l'erreur, et je n'en parle pas sans
douleurs.
En conséquence, je vous écris cette vérité
que j'ai vue et entendue en fréquentant Jésus, afin que
vous soyez sauvés, que vous vous ne soyez pas trompés par
Satan et que vous ne périssiez pas dans le jugement de Dieu.
Gardez-vous donc de quiconque vous prêche une doctrine nouvelle
opposée à ce que je vous écris, pour que vous
soyez sauvés à jamais. Que le grand Dieu soit avec vous
et vous garde de Satan et de tout mal! Amen.
Chapitre de l'évangile de barnabé 1 Ce premier chapitre contient l'annonce de l'ange Gabriel à la vierge Marie au sujet de la naissance de Jésus.
Ces années passées, une vierge appelée Marie, de
la race de David, de la tribu de Juda, reçut la visite de l'ange
Gabriel envoyé par Dieu. Cette vierge vivait en toute
sainteté, sans aucun scandale, sans reproche, dans la
prière et les jeûnes. Un jour qu'elle était seule,
l'ange Gabriel entra dans sa chambre et la salua en ces termes: "Que
Dieu soit avec toi, Marie!" A la vue de l'ange, la vierge prit peur.
Celui-ci la réconforta en disant: "Ne crains pas, Marie, car tu
es agréable à Dieu. Il t'a choisie pour être la
mère d'un Prophète qu'il enverra au peuple d'Israël
pour qu'ils marchent dans sa loi d'un cœur sincère". La
vierge répondit: "Comment mettrais-je au monde des enfants
puisque je ne connais pas d'homme?". L'ange reprit: "Marie, Dieu qui a
fait l'homme sans homme est capable d'engendrer en toi l'homme sans
homme car pour lui rien n'est impossible". Marie répondit: "Je
sais que Dieu est tout puissant; aussi que sa volonté soit
faite!". L'ange reprit: "Maintenant, en toi a été
conçu le Prophète, tu l'appelleras Jésus. Tu le
préserveras du vin, de la boisson fermentée et de tout
aliment impur, car l'enfant est de Dieu". Marie s'inclina humblement et
dit: " Voici la servante de Dieu. Qu'il advienne selon ta parole!".
L'ange s'en alla et la vierge glorifia Dieu en disant: "Ô mon
âme. reconnais la grandeur de Dieu! Et toi mon esprit, exulte en
Dieu mon sauveur qui a si bien regardé l'humilité de sa
servante que je serais appelée bienheureuse par toutes les
nations! En effet, il m'a faite grande celui qui est puissant. Que son
saint nom soit béni, car sa miséricorde s'étend a
travers toutes les générations qui le craignent! Il a
rendu puissante sa main. Il a dispersé le superbe dans ses
desseins. Il a déposé les puissants de leurs
trônes. Il a exalté les humbles. Il a comblé de
biens ceux qui avaient faim, et les riches ils les a renvoyés
vides, car il se souvient des promesses faites à Abraham et
à son fils à jamais.
Chapitre 2 l'évangile de barnabé Avertissement de l'ange Gabriel à Joseph sur la conception de la vierge Marie.
Une fois connue la volonté de Dieu, Marie craignant que le
peuple ne se scandalise de ce qu'elle était enceinte et ne la
lapide comme coupable de fornication, élut un compagnon de sa
race, un homme appelé Joseph, de vie irréprochable. En
effet, en juste qu'il était, il craignait Dieu et le servant
dans les jeûnes et la prière, vivant de l'œuvre de
ses mains, car il était charpentier.
Connaissant un tel homme, la vierge le choisit pour compagnon et lui révéla le dessein divin.
Quand Joseph s'aperçut que Marie était enceinte, il
voulait l'abandonner en juste qu'il était, car il craignait
Dieu.
Or, tandis qu'il dormait il fut réprimandé par l'ange en
ces termes: “Joseph, pourquoi veux-tu abandonner Marie, ton
épouse? Sache que tout ce qui s'est fait en elle est
arrivé par la volonté de Dieu! La vierge enfantera un
fils. Tu l'appelleras Jésus. Tu le préserveras du vin, de
la boisson fermentée et de tout aliment impur, car il est saint
de Dieu dans le ventre de sa mère. Il est Prophète de
Dieu, envoyé au peuple d'Israël pour convertir Juda
dans son cœur et pour qu'Israël marche dans la loi du
seigneur, comme il est écrit dans la loi de Moïse. Il
viendra avec une grande puissance que Dieu lui donnera et il fera de
grands miracles, c'est pourquoi beaucoup se sauveront”.
En s'éveillant, Joseph remercia Dieu et demeura avec Marie
toutes les années de sa vie, servant Dieu en toute
sincérité.
Chapitre 3 l'évangile de barnabé Admirable naissance de Jésus et apparition d'anges qui louaient Dieu.
En ce temps-là, Hérode régnait en Judée par
décret de César Auguste; Pilate était gouverneur,
étant pontifes Anne et caïphe. C'est alors que par
décret d'Auguste, tout le monde se fit recenser. A cet effet
chacun se rendait a sa patrie et se présentait a sa tribu pour
se faire recenser.
Joseph, originaire de Nazareth, ville de Galilée, partit donc
pour Bethléem avec Marie, son épouse, qui était
enceinte, afin d'y être recensé selon le décret de
César. C'était en effet sa ville puisqu'il était
de la race de David.
Parvenu a Bethléem, comme la ville était petite et que la
foule des pèlerins était grande, il ne trouva pas de
place. Aussi se logea-t-il hors de la ville, dans un endroit fait pour
abriter les bergers. Tandis que Joseph y demeurait, le temps arriva
où Marie devait enfanter.
La vierge fut environnée d'une immense splendeur et elle enfante
son fils sans douleur. Elle le prit dans ses bras, l'enveloppa de
langes et le posa dans l'étable, car il n'y avait pas de place
à l'auberge. Une multitude d'anges vint à l'auberge avec
allégresse, bénissant Dieu et annonçant la paix a
ceux qui craignent Dieu. Marie et Joseph louaient le Seigneur pour la
naissance de Jésus et le nourrissaient avec une joie
extrême.
Chapitre 4 l'évangile de barnabé Des anges annoncent la naissance de Jésus aux bergers.
Ceux-ci après l'avoir trouvé, l'annoncent (à leur
tour).
En ce temps-là les bergers étaient en train de veiller
sur leur troupe au selon leur habitude. Et voici qu'ils furent
environnés d'une immense splendeur. C'est alors que leur apparut
un ange qui glorifiait Dieu. Les bergers furent remplis de frayeur
à cause de la lumière soudaine et de l'apparition de
l'ange. Aussi l'ange du Seigneur les réconforta-t-il en disant:
“Voici que je vous annonce une grande joie: il est né dans
la ville de David un enfant, Prophête du Seigneur. Il apporte
grand salut à la maison d'Israël. Ce petit enfant vous le
trouverez dans l'étable, ainsi que sa mère qui glorifie
Dieu”. A ces mots, survint une multitude d'anges qui glorifiaient
Dieu et annonçait la paix à ceux qui sont de la bonne
volonté.
Les anges partis, les bergers parlaient ainsi entre eux: “Allons
jusqu'à Bethléem et voyons la parole que Dieu nous a
annoncée par son ange!” Beaucoup de bergers vinrent
à Bethléem à la recherche du nouveau né.
Hors de la ville, ils trouvèrent le nouveau-né,
couché dans l'étable comme l'ange l'avait dit. Ils se
révérèrent donc et donnèrent à la
mère ce qu'ils avaient tout en lui en racontant ce qu'ils
avaient entendu et vu. Cependant Marie conservait tout cela dans son
coeur, de même que Joseph, et ils remercièrent Dieu. Les
bergers retournèrent à leur troupeau en racontant
à chacun ce qu'ils avaient vu.
Aussi toute la montagne de Judée fut-elle remplie de
crainte et tout homme se demanda dans son coeur: “Que deviendra
cet enfant ?”.
Chapitre 5 l'évangile de barnabé Circoncision de Jésus.
Quand furent accomplis les huits jours, selon la loi de Seigneur,
comme il est écris au livre de Moïse, ils prirent l'enfant
et le portèrent au temple pour le circoncir. Ils le circoncirent
donc et l'appelèrent “Jésus” comme l'avait
dit l'ange du Seigneur avant qu'il fut conçu. Marie et Joseph
surent que cet enfant devait être pour le salut et la ruine de
beaucoup. Aussi craignirent-ils Dieu, et ils servaient l'enfant avec
crainte de Dieu.
Chapitre 6 l'évangile de barnabé D'Orient en Judée, trois mages sont guidés par
une étoile. Ayant trouvé Jésus, ils le
révèrent et lui offrent des présents.
Dans les régions orientales, sous le règne
d'Hérode, roi de Judée, après la naissance de
Jésus, trois mages scrutaient les étoiles du ciel. Or une
étoile d'une grande splendeur leur apparut. En ayant
délibéré entre eux, d'un commun accord ils se
rendirent en Judée. L'étoile les guidait en les
précédant.
Parvenus à Jérusalem, ils demandèrent où
était né le roi des Juifs. En l'entendant, Hérode
eut peur et toute la ville fut troublée. Hérode convoqua
donc les prêtres et les scribes et leur demanda où devait
naître le Christ. Ils répondirent qu'il devait
naître à Bethléem, comme il est écrit par le
Prophète: “ Et toi Bethléem, tu n'es pas petite
parmis les princes de Juda, car c'est de toi que sortira un chef qui
conduira mon peuple Israël!”.
Hérode convoqua donc les mages et les interrogea sur la raison
de leur venue. Ils leur répondirent qu'ils avaient vu une
étoile en Orient, qu'elle les avait guidés jusqu'en ce
lieu, qu'ils voulaient adorer ce nouveau roi que montrait son
étoile et lui offrir des présents. Hérode dit
alors: “Allez à Bethléem! Avec grand soin
enquérez-vous de l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé,
venez me le dire, car moi aussi je veux aller l'adorer”. Il
disait cela pour les tromper.
Chapitre 7 l'évangile de barnabé La visite des mages à Jésus; leur retour chez eux et l'avertissement que jésus leur donna en songe.
Les mages sortirent donc de Jérusalem. Et voici que
l'étoile qui leur était apparue en Orient les
précédait. A sa vue, ils furent remplis de joie. Parvenus
à Bethléem, à l'écart de la ville, ils
virent l'étoile arrêtée au-dessus de l'auberge
où était né Jésus. Les mages s'y rendirent
donc. Entrés dans la pièce, ils trouvèrent
l'enfant et sa mère et se prosternant, ils le
révérèrent. Tout en racontant à la vierge
tout ce qu'ils avaient vu, les mages offrirent à l'enfant des
aromates, de l'argent et de l'or.
Puis, pendant leur sommeil, ils furent exhortés par l'enfant
à ne pas se rendre chez Hérode. Ils partirent donc par
une autre route et s'en retournèrent chez eux en racontant tout
ce qu'ils avaient vu en Judée.
Chapitre 8 de l'évangile de barnabé Fuite en Egypte où l'on emporte Jésus: Hérode massacre les enfants innocents.
Voyant que les mages ne revenaient pas, Hérode s'estima
joué par eux. Il se décida donc à faire mourir
l'enfant ou nouveau-né.
Mais voici que pendant le sommeil de joseph, l'ange du Seigneur lui
apparut et lui dit: “Vite! Lève-toi! Prends l'enfant et la
mère et va-t'en en Egypte. Ils y demeurèrent
jusqu'à la mort d'Hérode.
Celui-ci, s'estimant bafoué par les mages, envoya ses soldats
massacrer tous les enfants nouveau-nés à Bethléem.
Les soldats vinrent donc et tuèrent tous les enfants qui s'y
trouvaient comme le leur avait commandé Hérode. Alors
s'accomplirent les paroles du Prophète: “Lamentation et
larmes sont abondantes en Rama: Rachel pleur ses fils, mais il n'y a
pas de consolation, car ils ne son plus!”.
Chapitre 9 l'évangile de barnabé Rentré en Judée, Jésus a une
merveilleuse discussion avec les docteurs, il est alors
âgé de douze ans.
A la mort de Hérode, voici que l'ange du Seigneur apparut en
songe a Joseph et lui dit: Rentre en Judée, car ils sont morts
ceux qui voulaient la mort de l'enfant!” Joseph prit donc
l'enfant alors âgé de sept ans, ainsi que Marie, et il
vint en Judée. Là, il apprit qu'Archelaüs, fils
d'Hérode, régnait en Judée; craignant d'y
demeurer, il s'en alla en Galilée. Ils vinrent habiter Nazareth.
L'enfant grandissait en grâce et en sagesse devant Dieu et devant
les hommes.
A douze ans, avec Marie et Joseph, Jésus monta a
Jérusalem pour y adorer selon la loi du Seigneur écrite
au livre de Moïse. La prière faite, ils s'en
allèrent en ayant perdu Jésus, ils croyaient en effet
qu'il était retourné à la maison avec des membres
de leur famille. Marie et Joseph revinrent donc à
Jérusalem, en cherchant Jésus parmis les membres de leur
famille et leurs voisins.
Le troisième jour, ils retrouvèrent l'enfant dans le
temple parmi les docteurs, discutant avec eux de la loi. Chacun
s'étonnait de ses demandes et de ses réponses et disait:
“Comment peut-il y avoir en lui une belle doctrine, puisqu'il n'a
pas appris à lire!”
Marie le réprimanda: “Fils, que nous as-tu fait? Voici que
moi et ton père nous t'avons cherché trois jours dans la
douleur!” Jésus répondit: “ne savez-vous pas
que le service de Dieu doit passer avant père et
mère?”. Jésus descendit à Nazareth avec sa
mère et Joseph. Il leur était soumis avec humilité
et révérence.
Chapitre 10 l'évangile de barnabé A trente ans, sur le mont des Oliviers, Jésus
reçoit de l'ange Gabriel l'évangile d'une façon
merveilleuse.
A trente ans, comme il me l'a dit, Jésus était
allé ramasser des olives avec sa mère sur le mont des
oliviers. A l'heure de midi, tandis qu'il priait, parvenu aux mots:
“Seigneur, avec miséricorde …”, il fut
environné d'une immense splendeur et d'une multitude infinie
d'anges qui disaient: “Dieu soit béni!”
L'ange Gabriel lui présenta un livre comme un brillant miroir.
Ce livre descendit dans le cœur de Jésus' il y
apparût ce que Dieu a fait, ce que Dieu a dit, ce que Dieu veut,
si bien que toute chose fut pour lui nue et ouverte, ainsi qu'il me l'a
dit: “crois-le, Barnabé, je connus chaque Prophète,
si bien que tout ce que je dis sort de ce livre”.
Après cette vision, se sachant Prophète envoyé
à la maison d'Israël, Jésus révéla
tout à Marie, sa mère, en lui disant qu'il devait
souffrir grande persécution pour l'honneur de Dieu et qu'il ne
pouvait plus être continûment avec elle pour la servir. A
ces paroles, Marie répondit: “Avant ta naissance, fils,
tout me fut annoncé. Aussi que le saint nom de Dieu soit
béni!” Ce jour-là, Jésus quitta donc sa
mère pour s'adonner à sa mission prophétique.
Chapitre 11 l'évangile de barnabé Jésus guérit merveilleusement un lépreux, et se rend à Jérusalem.
En descendant de la montagne pour se rendre à Jérusalem,
Jésus rencontra un lépreux. Par inspiration divine,
celui-ci sut que Jésus était Prophète. Aussi le
priait-il en pleurant: “Jésus, fils de David, aie
pitié de moi!”
Jésus répondit: “que veux-tu que je fasse pour toi,
frère?” Le lépreux reprit: “Seigneur,
rends-moi la santé!” Jésus le réprimanda:
“Es-tu fou? Prie Dieu qui t'a créé et il te rendra
la santé, car moi je suis un homme comme toi!” Le
lépreux dit: “Seigneur, je sais que tu es un homme, mais
saint du Seigneur! C'est pourquoi prie Dieu toi-même et il me
rendra la santé”.
Jésus dit alors en soupirant: “Seigneur Dieu
tout-puissant, pour l'amour des saints Prophètes, rends la
santé à cet infirme!” Après ces paroles,
touchant l'infirme de ses mains: “Au nom de Dieu, frère,
dit-il, recouvre la santé!” A peine avait-il
prononcé ces mots que la lèpre fut purifiée, si
bien que la chair du lépreux devient comme celle d'un enfant.
Dès qu'il se vit guéri, le lépreux se mit à
crier à haute voix: “Israël, viens accueillir le
Prophète que Dieu t'envoie!” Jésus le pria:
“Frère, tais-toi, ne dis rien!” Mais plus il le
priait, plus l'autre criait: “Voici le Prophète! Voici le
saint de Dieu!”
A ces paroles, beaucoup de ceux qui quittaient Jérusalem
revinrent sur leurs pas et y entrèrent avec Jésus en
disant ce que Dieu avait fait au lépreux par Jésus.
Chapitre 12 l'évangile de barnabé Premier sermon, d'une doctrine admirable, que Jésus fit au peuple à propos du nom de Dieu.
Ces paroles émurent toute la ville de Jérusalem, et comme
Jésus était entré dans le temple pour y prier, ils
accoururent tous au point qu'ils pouvaient à peine s'y tenir.
Les prêtres prièrent donc Jésus : «Ce peuple
désir te voir et t'entendre; monte donc dans la pinacle et parle
au nom du Seigneur si Dieu te donne de parler !».
Jésus monta à l'endroit d'où parlaient les scribes
et d'un signe de la main, ayant demandé le silence, il ouvrit la
bouche et dit : «Que soit béni le saint nom de Dieu qui,
dans sa bonté et sa miséricorde, voulut créer ses
créatures pour qu'elles le glorifient! Que soit béni le
saint nom de Dieu qui créa la splendeur de tous les saints et
Prophètes avant toute chose pour l'envoyer pour le salut du
monde comme il l'a dit par David, son serviteur :«Avant Lucifer,
en splendeur des saints, je t'ai créé!» Que soit
béni le saint nom de Dieu qui créa les anges pour qu'ils
le servent! Que Dieu soit béni qui puni et réprouva Satan
et ceux qui le suivirent parce qu'ils n'ont pas voulu
vénérer celui que Dieu voulait qu'ils
vénèrent! Que soit béni le saint nom de Dieu qui
créa l'homme de la boue de la terre et qui l'établit sur
ses œuvres! Que soit béni le saint nom de Dieu qui chassa
l'homme du paradis parce qu'il avait transgressé son saint
précepte! Que soit béni le saint nom de Dieu qui regarda
avec miséricorde les larmes d'Adam et d'Eve, premiers parents du
genre humain! Que soit béni le saint nom de Dieu qui punit
justement Caïn, le fratricide, qui envoya le déluge sur la
terre, qui brûla trois villes scélérat, flagella
l'Égypte, engloutit Pharaon dans la Mer Rouge , dispersa les
ennemis de son peuple, châtia les incrédules et punit les
impénitents! Que soit béni le saint nom de Dieu qui prit
misèricordieusement soin de ses créatures et leur envoya
en conséquence ses saints Prophètes pour qu'elles
marchent devant lui avec vérité et justice! Qui
délivra ses serviteurs de tout mal et leur donna ce pays comme
il l'avait promis à notre père Abraham et à son
fils, pour toujours! Puis, par son serviteur Moïse il nous donna
la sainte loi pour que Satan ne nous trompe pas, et nous éleva
au-dessus des autres peuples. Mais nous, frères, que
faisons-nous aujourd'hui pour éviter d'être punis à
cause de nos péchés?»
Alors, avec une très grande force, Jésus fait reproche
à la foule d'avoir oublié la parole de Dieu et de ne
s'occuper que de vanité. Il fit reproche aux prêtres de
leur négligence dans le service de Dieu doctrine vaine et
d'amoindrir la loi de Dieu. Il fit reproche aux docteurs de
d'anéantir la loi de Dieu avec leurs traditions.
Et Jésus admonesta tant le peuple que tous pleuraient, du
plus et de leur cupidité. Il fit reproche aux scribes de
prêcher une était au plus grand; ils demandaient pardon et
priaient Jésus de prier pour eux, sauf les prêtres et leur
chef qui prirent Jésus en haine ce jour là parce qu'il
avait ainsi parlé contre prêtres, scribes et docteurs. Ils
se mirent à envisager sa mort, mais ils n'en soufflèrent
mot par crainte du peuple qui l'avait reçu en Prophète de
Dieu.
Ayant levé les mains vers le Seigneur Dieu, Jésus priait.
Et le peuple disait en pleurant: «Qu'il en soit ainsi, Seigneur,
qu'il en soit ainsi!» Après la prière, Jésus
descendit du temple. Il quitta Jérusalem ce jour-là ainsi
que beaucoup de gens qui le suivaient. Et les prêtres entre eux
disaient du mal de Jésus.
Chapitre 13 l'évangile de barnabé Notable crainte de Jésus; son oraison; et le réconfort merveilleux de l'ange Gabriel.
Quelques jours plus tard, ayant su en esprit la résolution des
prêtres, Jésus gravit le mont des Oliviers pour prier.
Au matin, après avoir prié toute la nuit, Jésus
dit dans sa prière : «Seigneur, je sais que les scribes me
haïssent et que les prêtres envisagent de me faire mourir,
moi, ton serviteur, Aussi, Seigneur tout-puissant et
miséricordieux, écoute dans ta miséricorde les
prières de ton serviteur et sauve-moi de leurs pièges,
car tu es mon salut. Tu sais, Seigneur, que moi, ton serviteur, je ne
cherche que toi et que je parle ta parole, parce que ta parole est
vérité qui dure toujours!»
Jésus ayant prononcé ces mots, voici que l'ange Gabriel
vint à lui en disant :«Ne crains pas, Jésus, car
des milliers et des milliers de ceux qui habitent au-dessus du ciel
conservent tes vêtements. Tu ne mourras pas avant que
s'accomplisse toute chose et que le monde soit proche de sa fin».
Jésus tomba la face contre terre en disant :« Seigneur,
Grand Dieu, qu'elle est grande ta miséricorde à mon
égard! Que te donnerais-je, Seigneur, pour tout ce que tu m'as
donné?» L'ange Gabriel répondit
:«Lève-toi, Jésus, et souviens-toi d'Abraham! Pour
accomplir la parole de Dieu, il voulait sacrifier Ismaël, son fils
unique. Or, comme son couteau ne pouvait trancher son fils, il offrit,
sur ma parole, un mouton à sacrifier. Tu feras donc de
même, toi aussi, Jésus, serviteur de Dieu!»
Jésus répondit :«Volontiers, mais où
trouverais-je l'agneau, car je n'ai pas d'argent, et il n'est pas
permis de le voler ». Alors l'ange Gabriel lui présenta un
bélier et Jésus l'offrit en sacrifice en louant et
bénissant Dieu qui est glorieux à jamais.
Chapitre 14 l'évangile de barnabé Après le jeûne de quarante jours, Jésus choisit douze apôtres.
Jésus descendit de la montagne, et, seul, durant la nuit, il
passa de l'autre côté du Jourdain. Il jeûna quarante
jours et quarante nuits, sans rien manger, ni de jour ni de nuit,
priant continuellement le Seigneur pour le salut de son peuple auquel
Dieu l'avait envoyé.
Les quarante jours passés, il eut faim. Satan se présenta
à lui et le tenta par beaucoup de paroles, mais Jésus le
chassa, en vertu de paroles de Dieu. Satan parti, les anges vinrent et
servirent à Jésus ce qui lui était
nécessaire.
Revenu dans la région de Jérusalem, Jésus fut
retrouvé par la foule avec une joie extrême. Ils le
prièrent de rester parmi eux, car ses paroles n'étaient
pas comme celles des scribes : prononcées avec autorité,
elles touchaient le cœur. Jésus, voyant que grande
était la multitude de ceux qui revenaient à leur
cœur pour marcher dans la loi de Dieu, gravit la montagne. Toute
la nuit, il se tint en prière. Le jour venu, il descendit de la
montagne et choisit les douze apôtres, et parmi eux, Judas, celui
qui fut mis à mort sur la croix. Leurs noms sont : André
et Pierre son frère, pêcheurs, Barnabé qui
écrivit ceci, ainsi que Mathieu le publicain qui s'asseyait au
comptoir, Jean et Jacques fils de Zébédée,
Thaddée et Jude, Barthélémy et Philippe, Jacques
et Judas Iscariote, le traître. Il leur communiqua toujours les
secrets divins, mais il fit de Judas l'Iscariote l'intendant de ce
qu'on lui donnait en aumône. Mais lui, voulait la dîme de
tout.
Chapitre 15 l'évangile de barnabé Miracle accompli par Jésus aux noces, en changeant l'eau en vin.
A l'approche de la fête des tabernacles, un homme riche invita
Jésus aux noces avec ses apôtres et sa mère.
Jésus y alla donc. Tandis qu'ils mangeaient, le vin leur manqua.
Sa mère s'approcha de Jésus et dit :«Ils n'ont pas
de vin ». Jésus répondit :«Et qu'importe, ma
mère! » Sa mère commanda aux serviteurs
d'obéir à tout ce que Jésus demanderait. Il y
avait là six jarres destinées à la purification
avant la prière, selon la coutume d'Israël. Jésus
dit :«Remplissez d'eau ces jarres!» Les serviteurs le
firent . Jésus leur dit :«Au nom de Dieu. Donnez à
boire à ceux qui mangent ». Les serviteurs
portèrent donc à boire au majordome qui réprimanda
les servants :«Mauvais serviteurs, pourquoi avez-vous
gardé le meilleur vin jusqu'à maintenant? » En
effet, il ne savait rien de ce que Jésus avait fait. Les
serviteurs répondirent :«Maître, il y a ici un homme
saint de Dieu; car il a fait du vin avec de l'eau ». Le majordome
pensait que les serviteurs étaient ivres, mais ceux qui
étaient assis à côté de Jésus et qui
avaient tout vu, se levèrent de table et le
révérèrent en disant :«Vraiment, tu es saint
de Dieu, vrai Prophète qui nous a été
envoyé par Dieu. »
Alors ses disciples crurent en lui; beaucoup rentrèrent en
eux-mêmes et dirent :«Loué soit Dieu qui a
pitié d'Israël et qui visite avec amour la maison de Juda!
Béni soit son saint nom! ».
Chapitre 16 l'évangile de barnabé Merveilleux enseignement que Jésus adressa aux apôtres au sujet du changement de vie.
Un jour, Jésus convoqua ses disciples et gravit la montagne.
Quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Ayant
ouvert la bouche, il les enseignait en disant : «Grands sont les
bienfaits de Dieu envers nous! Il nous faut donc le servir dans la
vérité du cœur, car le vin nouveau se met dans des
outres neuves. Ainsi, vous aussi, vous devez devenir des hommes
nouveaux si vous voulez comprendre la doctrine nouvelle qui sortira de
ma bouche.
Je vous le dis, en vérité même que l'homme ne peut
voir de ses yeux, en même temps, le ciel et la terre, de
même il est impossible d'aimer en même temps Dieu et le
monde. On ne peut en aucune façon servir deux maîtres
ennemis l'un de l'autre, car si l'un vous aime, l'autre vous aura en
haine. Je vous le dis en vérité : vous ne pouvez pas
servir Dieu et le monde, car le monde est établi dans le
mensonge, la cupidité et la méchanceté. Il est
donc impossible que vous y trouviez le repos, mais bien plutôt
persécution et dommage. Servez donc Dieu et méprisez le
monde, car vous trouverez par moi le repos de vos âmes. Ecoutez
mes paroles, car je vous parle en vérité : ils sont
vraiment heureux ceux qui déplorent cette vie du monde, parce
qu'ils seront consolés! Bienheureux les pauvres qui
haïssent vraiment les délices du monde, parce qu'ils seront
comblés des délices du royaume de Dieu! Oh, vraiment
bienheureux ceux qui mangent à la table de Dieu, parce que le
anges les serviront! Vous êtes en voyage comme des
pèlerins : est-ce que le voyageur se charge sur son chemin de
maisons, de champs et d'autres choses terrestres? Bien sûr que
non! Mais il porte des choses légères,
appréciées pour leur utilité et leur peu
d'embarras. Eh bien, voilà votre exemple!
Et si vous voulez un autre exemple, je vous le donnerai pour que vous
fassiez ce que je vous dis. N'alourdissez pas votre cœur de
désirs terrestres en disant :«Qui nous vêtira? qui
nous donnera à manger?» Mais regardez les fleurs, les
arbres et les oiseaux. Dieu, notre Seigneur, les habille et les nourrit
plus magnifiquement que toutes les magnificences de Salomon!
Dieu qui vous a créé et appelé à son
service est capable de vous nourrir, lui qui pendant quarante ans au
désert fit pleuvoir la manne du ciel pour son peuple Israël
et qui ne laissa pas leurs vêtements s'user ni tomber en
lambeaux! Et ils étaient six cent quarante mille hommes sans
compter les femmes et les enfants. je vous le dis en
vérité : le ciel et la terre viendront à manquer,
mais sa miséricorde envers ceux qui le craignent ne manquera
pas.
Par contre les riches du monde, dans leur prospérité,
sont affamés et périssent. Il y avait un homme riche dont
les revenus venaient d'augmenter. Il disait :«Que vais-je faire,
ô mon âme? je démolirai les greniers, car ils sont
petits, et j'en ferai d'autres plus grands. Alors, tu triompheras,
ô mon âme!» Malheureux! il mourut cette même
nuit. Il aurait du penser aux pauvres et s'en faire des amis en leur
faisant l'aumône des richesses injustes de ce monde, car ce sont
eux qui emportent les trésors dans le royaume du ciel.
Dites-moi, s'il vous plaît, si vous donniez en banque à un
publicain et qu'il vous rendît dix ou vingt pour un, ne
donneriez-vous à cet homme tout ce que vous auriez? mais je vous
le dis en vérité : de tout ce que vous donnerez ou
laisserez pour l'amour de Dieu, vous recevrez cent pour un et la vie
éternelle. Voyez donc comme vous devez être contents de
servir Dieu!
Chapitre 17 de l'évangile de barnabé Dans ce chapitre, on apprend clairement l'infidélité des chrétiens et la vraie foi du croyant.
A ces paroles de Jésus, Philippe répondit :«nous
sommes contents de servir Dieu, mais nous désirons
connaître Dieu, car le Prophète Isaïe a dit
:«Vraiment, tu es un Dieu caché!». Et Dieu dit
à Moïse son serviteur :«Je suis celui qui
suis». Jésus reprit :« Philippe, Dieu est un bien
sans lequel il n'y a pas de bien. Dieu est un être sans qui rien
n'existe. Dieu est une vie, sans qui rien ne vit. Il est si grand qu'il
remplit tout et qu'il est partout. Il est le seul qui soit sans
égal. Il n'a pas eu de commencement et il n'aura jamais de fin,
mais il a donné commencement à tout et à tout il
donnera fin. Il n'a ni père, ni mère, il n'a pas
d'enfants, ni de frères, ni de compagnons. Et comme il n'a pas
de corps, il ne mange pas, il ne dort pas, il ne meurt pas, il ne
marche pas, il ne se meut pas, mais il demeure éternellement,
sans ressemblance humaine, car il est incorporel, sans composition,
immatériel, d'une substance parfaitement simple. Il est si bon
qu'il aime seulement la bonté. Il est si juste que lorsqu'il
punit ou pardonne, on ne peut pas le reprendre. Bref, je te le dis,
Philippe, ici-bas tu ne peux ni le voir, ni le connaître
parfaitement, mais dans son royaume, tu le verras pour toujours. En lui
consiste toute notre félicité et notre gloire!»
Philippe répondit :«Que dis-tu, Maître? Il est
écrit aussi en Isaïe que Dieu est notre Père;
comment donc n'a-t-il pas d'enfants?» Jésus dit
:«Beaucoup de paraboles sont écrites dans tous les
Prophètes; pourtant tu ne dois pas les comprendre selon la
lettre mais selon le sens. En effet les cent quarante quatre mille
Prophètes que Dieu envoya au monde, ont parlé
obscurément, mais après moi viendra la splendeur de tous
les Prophètes et saints; il éclairera les
ténèbres de tout ce qu'ont dit les Prophètes, car
il est le Messager de Dieu »
Cela dit, Jésus soupira et ajouta :« Aie pitié
d'Israël, Seigneur Dieu! avec bonté veille sur Abraham et
sur sa descendance pour qu'ils te servent en vérité de
cœur.» Ses disciples répondirent :«Qu'il en
soit ainsi, Seigneur notre Dieu!» Jésus dit :«Je
vous le dis en vérité : les scribes et les docteurs ont
rendu vaine la loi de Dieu avec leurs fausses prophéties
contraires aux prophéties des vrais Prophètes de Dieu.
Aussi Dieu est-il irrité contre la maison d'Israël et
contre cette génération incrédule!» A ces
paroles, les disciples pleuraient et disaient : «Dieu, aie
pitié du temple de la cité sainte! Ne la donne pas en
opprobre aux nations pour qu'elles ne méprisent pas ton alliance
sainte !» Jésus répondit :«Qu'il en soit
ainsi. Seigneur. Dieu de nos pères!»
Chapitre 18 de l'évangile de barnabé On montre dans ce chapitre la persécution des serviteurs de Dieu par le monde et la protection de Dieu qui le sauve.
Jésus ajouta :«ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est
moi qui vous ai choisi pour que vous soyez mes disciples. Si le monde
vous hait, vous serez vraiment mes disciples, car le monde a toujours
été ennemi des serviteurs de Dieu. Souvenez-vous des
saints Prophètes tués par le monde! Au temps d'Elie, dix
mille Prophètes ont été tués par
Jézabel; le pauvre Elie ne s'en tira qu'avec peine, ainsi que
sept mille fils de Prophètes que cacha le capitaine de
l'armée d'Achad. O monde inique, toi ne connaît pas Dieu!
Mais vous, ne craignez pas, car les cheveux de votre tête sont si
bien comptés qu'ils ne seront pas détruits. Regardez les
moineaux et autres oiseaux : il ne leur tombe pas une seule plume sans
la volonté de Dieu. Dieu prendrait-il donc plus de soin des
oiseaux que de l'homme pour lequel il a tout créé? Se
trouverait-il par hasard un homme qui prendrait plus de soin de ses
souliers que de son propre fils? Bien sûr que non! Eh bien,
encore moins devez-vous penser que Dieu vous abandonnerait alors qu'il
prend soin des oiseaux! et que dis-je, des oiseaux? Une feuille d'arbre
ne tombe pas sans la volonté de Dieu!
croyez-moi, je vous le dis en vérité, le monde vous
craindra beaucoup si vous observez mes paroles. En effet, il ne vous
hait que parce qu'il craint de voir sa malice découverte. Il
craint d'être découvert, il vous haïra donc et il
vous persécutera . Si vous voyez que vos paroles sont
méprisées par le monde, ne vous contrastez pas;
considérez que dieu est plus grand que vous et qu'il est
tellement méprisé par le monde que sa sagesse passe pour
de la folie. Si Dieu supporte le monde avec patience, pourquoi
voudriez-vous vous attrister, poussière et boue de la terre?
Dans votre patience, vous possèderez votre âme. C'est
pourquoi, si quelqu'un vous donne un soufflet sur une joue,
présentez-lui l'autre pour qu'il la frappe!
Ne rendez pas le mal pour le mal, car c'est ainsi que font les pires
animaux! Mais rendez le bien pour le mal et priez pour ceux qui vous
haïssent! Ce n'est pas par le feu qu'on éteint le feu, mais
par l'eau. Aussi je vous le dis, vous ne vaincrez pas le mal, mais au
contraire par le bien. Voyez Dieu : il fait venir le soleil sur les
bons et sur les méchants, ainsi que la pluie! C'est pourquoi
vous aussi, vous devez faire du bien à tous, car il est
écrit dans la loi :«Soyez saints parce que moi, votre
Dieu, je suis saint! Soyez purs parce que je suis pur, et soyez parfait
parce que je suis parfait». Je vous le dis en
vérité : le serviteur s'efforce de plaire à son
maître et par conséquent il ne s'habille pas de ce qui lui
déplaît. Vos habits, ce sont votre volonté et votre
amour. Gardez-vous de vouloir et d'aimer rien qui déplaise
à Dieu notre Seigneur! soyez sûrs que Dieu a en haine le
luxe et la concupiscence du monde. Donc, pour vous, haïssez le
monde!»
Chapitre 19 de l'évangile de barnabé Jésus prédit qu'il sera trahi, et en descendant de la montagne, il guérit dix lépreux.
A ces paroles de Jésus, Pierre répondit
:«Maître voici que nous avons tout quitté pour te
suivre. Qu'adviendra-t-il de nous? » Jésus répondit
:«en vérité, au jour du jugement, vous serez assis
à mes côtés et vous témoignerez contre les
douze tribus d'Israël.»
Cela dit, Jésus soupira et ajouta :«Seigneur, comment cela
se fait-il : j'en ai choisi douze et l'un d'eux est un démon?
» A cette parole les disciples s'attristèrent. Alors celui
qui écrivit ceci, interrogea secrètement Jésus en
pleurant :«Maître, Satan ne me trompera-t-il? Serai-je donc
réprouvé? » Jésus répondit :«Ne
t'attriste pas, Barnabé, car ceux que Dieu a choisis avant la
création du monde, ne périront pas! Réjouis-toi
parce que ton nom est inscrit au livre de la vie.» Jésus
consola les disciples en disant :«Ne craignez pas, celui qui me
haïra ne s'attriste pas de mes paroles, car il n'y a pas en lui de
sentiment divin.» A ces paroles, les élus se
consolèrent. Jésus fit les prières et ses
disciples disaient :«Amen ! Qu'il en soit ainsi, Seigneur Dieu,
tout-puissant et miséricordieux! »
Après la prière, Jésus descendit de la montagne
avec ses disciples. Il rencontra dix lépreux qui crièrent
de loin :«Jésus, fils de David, aie pitié de nous!
» Jésus les appela près de lui et leur dit
:«Que voulez-vous de moi frères? » ils
crièrent tous :«Donne-nous la santé»
Jésus répondit :«Hélas, pauvres que vous
êtes! Avez-vous donc perdu la raison pour dire : donne-nous la
santé? Ne voyez-vous pas que je suis un homme comme vous?
Appelez notre Dieu qui vous a créés et lui, qui est
tout-puissant et miséricordieux, vous guérira! »
Les lépreux répondirent en larmes :«Nous savons que
tu es un homme comme nous, mais saint de Dieu et Prophète du
Seigneur. C'est pourquoi, prie Dieu toi-même et lui nous
guérira! »
Là-dessus, les disciples supplièrent Jésus en
disant «Seigneur, aie pitié d'eux! » Alors
Jésus gémit et pria Dieu en disant :«Seigneur Dieu,
tout-puissant et miséricordieux, aie pitié et
écoute les paroles de ton serviteur. Pour l'amour d'Abraham
notre père et par ton alliance sainte, aie pitié de leur
demande et rend leur la santé! » Puis Jésus se
tourna vers les lépreux et leur dit :«Allez vous
présenter aux prêtres, selon la loi de Dieu! » Les
lépreux s'en allèrent et, en chemin, ils furent
guéris.
Alors l'un d'eux, se voyant guéri, revint trouver Jésus;
c'était un Ismaélite. Ayant retrouvé Jésus,
se prosternant, il le révéra en disant :«Vraiment
tu es saint de Dieu!» Avec remerciements, il le priait de
l'accepter pour serviteur. Jésus répondit :«Dix ont
été guéris, où sont les neuf autres?
» Et à celui qui avait été guéri
:«Je ne suis pas venu, dit-il, pour être servi, mais pour
servir. Va donc chez toi et raconte ce que dieu a fait pour toi, afin
qu'ils sachent que s'approchent les promesses faites à Abraham
et à son fils, ainsi que le royaume de Dieu. » Le
lépreux guéri le quitta et, arrivé dans son pays,
il raconta tout ce que Dieu avait opéré en lui par
Jésus
Chapitre 20 de l'évangile de barnabé Miracle opéré en mer par Jésus : Jésus indique où est reçu le Prophète.
Jésus se rendit à la mer de Galilée; il monta dans
une barque et navigua vers Nazareth, sa ville. Alors s'éleva une
grande tempête, de sorte que le bateau était près
de couler. Jésus dormait à la proue du bateau. Ses
disciples s'approchèrent donc de lui et le
réveillèrent en disant :«sauve-nous, Maître.
car nous périssons! » Ils étaient en proie à
une grande épouvante en raison du grand vent contraire et du
fracas de la mer. Jésus se leva, et les yeux levés au
ciel, il dit :«O Elohim Sabaot, aie pitié de tes
serviteurs »! A peine Jésus avait-il prononcé ces
paroles que le vent tomba et que la mer se calma.
Alors les maris furent saisis de frayeur et dirent :«Quel est celui auquel obéissent la mer et le vent? »
Arrivés à Nazareth, les marins remplirent la ville du
récit de ce que Jésus avait fait. Alors la maison
où ils se trouvaient fut envahie par les habitants de la ville.
Les scribes et les docteurs se présentèrent à lui
:«Nous avons entendu dire tout ce que tu as fait en mer et en
Judée, dirent-ils. Donne-nous donc un signe ici, dans ta
patrie!» Jésus répondit :«Cette
génération incrédule cherche un signe, mais il ne
lui sera pas accordé, parce qu'aucun Prophète n'est
reçu dans sa patrie. Du temps d'Elie, il y avait beaucoup de
veuves en Judée, mais il ne fut envoyé qu'à une
veuve de Sidon pour qu'elle lui donne à manger. Il y avait
beaucoup de lépreux en Judée au temps d'Elisée, et
pourtant seul Aman le syrien fut guéri! » alors les
habitants de la ville se mirent en colère; ils se saisirent de
lui et le conduisirent au bord d'un précipice pour le jeter en
bas, mais Jésus, marchant au milieu d'eux, s'en alla.
Chapitre 21 Jésus guérit un possédé; les
porcs sont jetés à la mer; puis il guérit la fille
de la Cananéenne.
Jésus monta à Capharnaüm. Comme il approchait de la
ville, un possédé sortit des tombes. Aucune chaîne
ne pouvait le retenir et il faisait beaucoup de mal aux hommes. Les
démons criaient par sa bouche: «Saint de Dieu, pourquoi
es-tu venu nous molester avant le temps?» Et ils le priaient de
ne pas les chasser, Jésus leur demanda combien ils
étaient. Ils répondirent : «Six mille six cent
soixante six!» En entendant cela, les disciples furent saisis de
frayeur et ils priaient Jésus de s'en aller.
Jésus dit alors :«Où est votre foi? C'est le
démon qui doit s'en aller et non pas moi!» Les
démons crièrent donc :«Nous sortirons! Mais
permets-nous d'entrer dans ces porcs!» Il y avait là,
passant près de la mer, à peu près dix mille porcs
à des Cananéens. «Allez-vous-en, dit alors
Jésus, et entrez dans les porcs!» Avec fracas, les
démons entrèrent dans les porcs et les
précipitèrent à la mer. Ceux qui gardaient les
porcs s'enfuirent en ville et racontèrent tout ce qui
était arrivé par Jésus. Les hommes sortirent donc
de la ville et trouvèrent Jésus et l'homme guéri.
Les hommes furent remplis de crainte et prièrent Jésus de
quitter leur territoire.
Jésus s'en alla donc de chez eux et monta du côté
de Tyr et Sidon, Et voici qu'une femme de Canaan, sortie de son patrie
à la recherche de Jésus avec deux de ces fils, lui cria
en le voyant venir avec ses disciples :«Jésus, fils de
David, aie pitié de ma petite fille qui est tourmentée
par le diable.» Jésus ne lui répondit même
pas un mot, parce qu'ils faisaient partie du peuple incirconcis. Les
disciples furent pris de pitié et dirent
:«Maître, aie pitié d'eux! voie comme ils crient et
comme ils pleurent!» Jésus répondit :«Je ne
suis envoyé qu'au peuple d'Israël». Alors la femme
vint devant lui avec ses fils, pleurant et disant :«Fils de
David, aie pitié de moi!» Jésus répondit
:«Il n'est pas bon d'enlever le pain des mains des fils et de le
donner aux chiens!» Jésus dit cela à cause de leur
impureté, car ils faisaient partie du peuple incirconcis. La
femme répondit :«Seigneur, les chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres!» Alors
Jésus admira les paroles de la femme et dit :«Femme grande
est ta foi!» Et, les mains levées au ciel, il pria Dieu.
Puis il dit :«Femme, ta fille est libérée. Va en
paix!» la femme s'en alla et en rentrant chez elle, elle retrouva
la petite fille qui bénissait Dieu. C'est pourquoi la femme dit
:«Vraiment il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu
d'Israël!» Et toute sa parenté s'agrégea
à la loi de Dieu, selon la loi écrite au livre de
Moïse.
Chapitre 22 Misérable condition des incirconcis, puisqu'un chien est meilleur qu'eux.
Ce jour là, les disciples interrogèrent Jésus
:«Maître, pourquoi as-tu répondu à cette
femme qu'ils étaient des chiens?» Jésus
répondit :«Je vous le dit en vérité, un
chien est meilleur que l'homme incirconcis!» Les disciples
s'attristèrent alors et dirent :«Ces paroles sont dures.
Qui pourra les comprendre?»
Jésus répondit :«O insensés! Si vous
considérez ce que fait le chien, pour servir son maître,
alors qu'il est sans intelligence, vous trouverez que j'ai parlé
juste. Dites-moi : le chien, ne garde-t-il pas la maison de son
maître? n'expose-t-il pas sa vie contre le voleur? Certes oui!
Mais que reçoit-il? Beaucoup de coup d'injures et un peu de
pain; et toujours et présente à son maître une mine
joyeuse, n'est-ce pas?» -«Oui, c'est vrai,
Maître!» répondirent les disciples, Jésus dit
alors :«Considérez maintenant tout ce que Dieu a
donné à l'homme et vous verrez combien il est injuste de
ne pas observer l'alliance que Dieu a conclue avec Abraham son
serviteur.
Souvenez-vous de ce que David dit à Saül, roi
d'Israël, contre Goliath, le Philistin :«Seigneur, dit
David, quand ton serviteur gardait les troupeaux de ton serviteur, le
loup, l'ours et le lion survenaient et prenaient les brebis de
ton serviteur. Alors ton serviteur partait les tuer et leur reprendre
les brebis. Eh bien, quel est donc cet incirconcis, sinon quelqu'un qui
leur ressemble? ton serviteur partira donc, au nom du seigneur Dieu
d'Israël, et tuera cet impur qui blasphème le peuple saint
de Dieu!»
Alors les disciples dirent :«Maître, dis-nous pour qu'elle
raison l'homme doit se circoncire!» Jésus répondit
:«Qu'il vous suffise que Dieu l'a commandé à
Abraham en ces termes : Abraham, circoncis ton prépuce et celui
de toute ta maison, car c'est une alliance entre toi et moi pour
toujours!»
Chapitre 23 Origine de la circoncision; alliance de Dieu avec Abraham; damnation des incirconcis.
Cela dit, Jésus s'assit près de la montagne qui fait face
à Tyr et ses disciples s'approchèrent de lui pour
entendre ses paroles. Jésus dit alors :«Au paradis,
après qu'Adam, premier homme trompé par Satan, eut
mangé la nourriture défendue par Dieu, sa chair se
rebella contre l'esprit. Alors il fit serment en ces termes :«Par
Dieu, je veux te couper!» Et après avoir cassé une
pierre, il prit sa chair pour la couper avec le tranchant. Aussi fut-il
réprimandé par l'ange Gabriel. Il répondit
:«J'ai juré par Dieu de la couper et je ne serai jamais
monteur!» L'ange lui montra alors l'excroissance de sa chair et
il la coupa. C'est pourquoi, de même que tout homme prend chair
de la chair d'Adam, ainsi est-il est obligé d'observer tout ce
qu'Adam promit par serment. Adam appliqua cela à ses fils et
l'obligation de la circoncision se transmit de génération
en génération.
Or, au temps d'Abraham, l'idolâtrie s'étant
multipliée sur la terre, peu nombreux étaient ceux qui se
trouvaient circoncis. Dieu révéla donc à Abraham
ce en disant :«Celui qui n'aura pas circoncis sa chair, je le
rejetterais de mon peuple à jamais!». A ces paroles des
Jésus, les disciples tremblèrent de crainte, parce qu'il
avait parlé dans la véhémence de l'esprit.
Jésus dit alors :«Laissez sa crainte à celui qui
n'a pas circoncis son prépuce, parce qu'il est privé du
paradis!»
Puis Jésus ajouta :«Chez beaucoup, l'esprit est prompt
dans le service de Dieu, mais la chair est faible. C'est pourquoi
l'homme qui craint Dieu doit considérer ce qu'est la chair,
d'où elle a pris origine et ce à quoi elle sera
réduite. Dieu créa la chair de la boue de la terre. En
elle, il insuffla le souffle vital en soufflant dedans. Quand donc la
chair fait obstacle au service de Dieu, elle doit donc être
méprisée comme de la boue et foulée aux pieds, car
celui qui hait son âme en ce monde, la garde pour la vie
éternelle. Ce qu'est la chair actuellement, ses désirent
le manifestent : elle est un cruel ennemi de tout bien, car elle seule
désire le péché. L'homme doit-il donc, pour
complaire à son ennemi, cessez de plaire à Dieu, son
créateur? Jugez-en vous-mêmes! Tous les saints et
Prophètes ont été ennemis de leur chair pour le
service de Dieu. C'est pourquoi spontanément et avec
allégresse, ils allaient à la mort pour ne pas offenser
la loi de Dieu, donné à Moïse, son serviteur, en
allant servir les dieux faux et menteurs. Souvenez-vous d'Elie qui
fuyait par des lieux déserts de montagne, ne mangeant que de
l'herbe et vêtu de peaux de chèvre. Combien de jours ne
jeûna-t-il pas! Quel froid ne supporta-t-il pas! combien de
pluies le trempèrent! Et tout cela pendant les sept ans que dura
l'âpre persécution de l'impure Jézabel!
Rappelez-vous Elisée qui mangeait du pain d'orge et s'habillait
de vêtements des plus grossiers! Je vous le dit en
vérité, ceux-là, qui n'ont pas craint de
mépriser leur chair, étaient terriblement redoutés
des rois et des princes. Cela suffirait pour mépriser la chair,
ô hommes! mais si vous regardez les tombeaux, vous saurez ce
qu'est la chair!»
Chapitre 24 Exemple remarquable de la façon dont on doit fuir les festins et les orgies.
Jésus ajouta en pleurant: «Malheur à ceux qui sont
les serviteurs de leur chair, parce qu'ils sont assurés de
n'avoir aucun bien dans l'autre vie, mais seulement des tourments pour
leurs péchés! Je vous le dis, il était une fois un
riche bon vivant qui ne s'occupait que d'orgies. Tous les jours donc,
il faisait un festin splendide. A sa porte, se tenait un pauvre couvert
de plaies, nommé Lazare. ce dernier désirait avoir les
miettes qui tombaient sous la table du bon vivant, mais personne ne les
lui donnait. Au contraire, tous se moquaient de lui. Les chiens seuls
le prenaient en pitié et léchaient ses plaies. Il arriva
que le pauvre mourut et que les anges le portèrent dans les bras
d'Abraham, notre père. Le riche mourut aussi et les diables le
portèrent dans les bras de Satan.
Alors tourmenté à l'extrême, il leva les yeux et il
vit au loin Lazare dans les bras d'Abraham. Le riche cria :
«Père Abraham, aie pitié de moi! Envoie Lazare pour
qu'il m'apporte une goutte d'eau sur ses doigts, afin de me
rafraîchir la langue, car elle est tourmentée dans cette
flamme!» Abraham répondit : «Fils, souviens-toi que
tu as reçu ton bien dans l'autre vie et que Lazare a reçu
son mal. C'est pourquoi tu seras maintenant dans le tourment et Lazare
dans la consolation.» le riche appela de nouveau :
«Père Abraham, chez moi j'ai trois frères; envoie
donc Lazare leur raconter tout ce que je souffre, pour qu'ils fassent
pénitence et ne viennent pas ici!» Abraham répondit
: «Ils ont Moïse et les Prophètes, qu'ils les
écoutent!» Le riche rétorqua : «Non,
Père Abraham! Mais si un mort ressuscite, ils croiront!»
Abraham reprit : «Celui qui ne croit pas à Moïse et
aux Prophètes, ne croira pas non plus aux morts, s'ils
ressuscitent!»
«Voyez donc s'ils sont bienheureux les pauvres, dit Jésus;
ils sont patients, ils ne désirent que le nécessaire en
haïssant la chair! Comme ils sont misérables ceux qui
mènent les autres au tombeau où ils donneront leur chair
en nourriture aux vers. Ils n'apprennent pas la vérité,
mais se comportent au contraire ici-bas, comme des immortels! Ils se
bâtissent donc de grandes maisons, achètent de grandes
rentes et vivent superbement.»
Chapitre 25 Comment on doit mépriser la chair et vivre dans le monde.
Celui qui écrit ceci dit alors : «Maître, tes
paroles sont vraies et c'est pourquoi nous avons tout abandonné
pour te suivre. Dis-nous comment nous devons haïr notre chair,
puisqu'il n'est pas permis de tuer, et que, si l'on vit, il faut la
nourrir.»
Jésus répondit : «garde ta chaire comme un cheval
et tu vivras en sécurité parce qu'à un cheval on
mesure sa nourriture, mais on ne mesure pas sa fatigue; on lui met le
mors pour qu'il marche à ta guise; on l'attache pour qu'il ne
fasse de mal à personne; on le loge dans un endroit grossier et
on le bat quand il n'est pas obéissant. Ainsi feras-tu donc, toi
aussi, Barnabé, et tu vivras toujours avec Dieu! Ne scandalisez
pas de mes paroles car David, le Prophète, agissait de
même, comme il l'avoue en disant : «Je suis comme un cheval
près de toi; je suis toujours avec toi.»
Maintenant, dites-moi quel est le plus pauvre, celui qui se contente de
peu, ou bien celui qui désire beaucoup? je vous le dis en
vérité, si le monde était sain d'esprit, il
n'amasserait rien individuellement, mais tout serait en commun; on
reconnaît sa folie en ceci : plus il amasse, plus il
désire; et tout ce qu'il amasse, il l'amasse pour le repos
corporel des autres. C'est pourquoi il vous suffira d'un seul
vêtement. Jetez votre bourse. Ne portez ni sac, ni chaussures aux
pieds et ne pensez pas : «Qu'adviendra-t-il de nous? »
Pensez à faire la volonté de Dieu et Lui pourvoira si
bien à vos besoins que vous ne manquerez de rien. Moi je vous le
dis en vérité, amasser beaucoup dans cette vie est une
bonne preuve qu'on a rien à recevoir dans l'autre. En effet,
celui qui a pour patrie Jérusalem ne bâtit pas de maison
en Samarie, puisqu'il y a inimitié entre ces deux villes.
Comprenez-vous ?» - «Oui », répondirent les
disciples.
Chapitre 26 Comment on doit aimer Dieu. Ce chapitre contient aussi l'admirable querelle d'Abraham et de son père.
Jésus dit alors :«Un homme est en voyage. En chemin, il
découvre un trésor dans un champ qui est en vente pour
cinq deniers. A cette nouvelle, l'homme vend aussitôt son manteau
pour acheter ce champ. Est-ce que c'est croyable?». -«Celui
qui le croirait pas serait pour un fou», répondirent les
disciples. «Vous serez donc fous, dit Jésus, si vous ne
donnez pas vos sens à Dieu pour acheter votre âme dans
laquelle se trouve le trésor inégalable, puisque pour
celui qui aime Dieu, Dieu est à lui, et celui qui a Dieu a
tout!»
Pierre intervint : «Maître, comment doit-on aimer Dieu de
véritable amour? Dis-le nous!» - En vérité,
je vous le dis, répondit Jésus, celui qui ne haïra
pas son père, sa mère, ainsi que sa propre vie, ses
enfants et sa femme pour l'amour de Dieu, celui-là ne
mérite pas d'être aimé par Dieu».
Pierre reprit : «Maître, il est écrit dans la loi de
Dieu, au livre de Moïse : «Honore ton père pour vivre
longuement sur terre». Et il est dit aussi : «Qu'il soit
maudit le fils qui n'obéira pas à son père et
à sa mère!» C'est pourquoi Dieu ordonna qu'un tel
fils désobéissant fût lapidé par la
colère du peuple, devant la porte de la ville. Alors comment
dis-tu qu'il faut haïr père et mère ?».
Jésus répondit : «Chacune de mes paroles est vraie
parce qu'elle n'est pas de moi mais de Dieu qui m'a envoyé
à la maison d'Israël. Aussi je vous le dis que tout ce que
vous avez, c'est Dieu qui vous l'a donné. Qu'y a-t-il donc de
plus précieux : le don ou bien le donateur ? Quand ton
père, ta mère, toute autre chose sont pour toi un
scandale dans le service de Dieu, abandonne-les comme des
ennemis!»
«Dieu n'a-t-il pas dit à Abraham : «Sors de la
maison de ton père et de ta parenté et viens habiter le
pays que je te donnerai ainsi qu'à ta descendance».
Pourquoi donc Dieu dit-il cela ? Mais parce que le père
d'Abraham était sculpteur et qu'il façonnait et adorait
les dieux menteurs. Aussi y avait-il inimitié entre eux à
tel point que le père voulut faire brûler son fils»
Pierre reprit : «Tes paroles sont vraies. Dis-nous donc comment Abraham raillait son père!»
Jésus répondit : «Abraham avait sept ans quand il
commença à chercher Dieu. Un jour donc, il dit à
son père :
- «Qu'est ce qui a fait l'homme ? »
- «C'est l'homme, répondit sottement le père. Parce
que moi je t'ai fait et mon père m'a fait ».
- «Père, reprit Abraham, ce n'est pas cela. Car j'ai
entendu un vieillard dire en pleurant : «Mon Dieu, pourquoi ne
m'as tu pas donné d'enfants ?»
- «C'est vrai, fils, répondit le père, Dieu aide
l'homme à faire l'homme, mais il n'y met pas la main. Il faut
seulement que l'homme aille prier son Dieu et qu'il lui donne des
agneaux et des brebis et son Dieu l'aidera».
- «Combien y a-t-il de dieux, père ?» reprit Abraham.
- «Il y en a une infinité, fils» répondit le vieillard.
- «Père, dit Abraham, que ferai-je si je sers un Dieu et
qu'un autre veuille me faire du mal parce que je ne le sers pas? Une
discorde s'élèvera certainement entre eux et il y aura la
guerre parmi les dieux. Mais si par hasard le dieu qui me veut du mal
tue mon Dieu, que ferai-je? Il me tuera certainement moi aussi!»
- Fils, répondit en riant le vieillard, n'aie pas peur, car
aucun dieu ne fera la guerre à un autre dieu. En effet, dans le
grand temple, il y a mille dieux avec le grand Baal. Eh bien, j'ai
bientôt soixante-dix ans et je n'ai jamais vu un dieu en
souffleter un autre. Et pourtant, tous ne servent pas le même
dieu, mais celui-ci sert l'un et celui-là un autre».
- «Ils sont donc en paix entre eux.»
- «Oui, dit le père, ils sont en paix.»
Abraham dit alors : «Père, comment sont les dieux ? »
- «Insensé, répondit le vieillard, chaque jour je
façonne un dieu que je vend pour acheter du pain, et toi tu ne
sais pas comment sont les dieux!» Juste à ce moment, il
fabriquait une idole. «Celui-là, dit-il, est en bois de
palmier. Celui-ci en olivier. ce petit-là est en ivoire, regarde
comme il est beau! Ne dirait-on pas qu'il est vivant? Pour sûr,
il ne lui manque que le souffle!»
- «Père, répondit Abraham, ils n'ont donc pas de
souffle les dieux? Comment alors donnent-ils le souffle? S'ils sont
sans vie, comment donnent-ils la vie? Père, ils ne sont
certainement pas Dieu!»
A ces paroles, le vieillard se mit en colère :
- «Si tu étais en âge de raisonner, dit-il, je te
romprais la tête avec cette hache. Mais tais-toi car tu n'as pas
encore de raison!»
- «Père, répondit Abraham, si les dieux aident
à faire l'homme, comment se fait-il que l'homme fassent les
dieux? Et si les dieux se fabriquent avec du bois, c'est un grand
péché que de brûler le bois! Mais dis-moi,
père, pourquoi, alors que tu as façonné tant de
dieux, ne t'ont-ils pas aidé a faire tant d'enfants? Tu serais
ainsi le plus puissant du monde!»
Le vieillard était hors de lui d'entendre son fils parler ainsi. Celui-ci ajouta :
- «Père, pendant un certain temps le monde a été vide d'hommes, n'est ce pas?»
- «Oui, répondit le vieillard, et pourquoi ?»
- «Parce que, dit Abraham, je voudrai savoir qui a fait le premier dieu ».
- «Sors d'ici tout de suite, dit le vieillard! Laisse-moi
fabriquer rapidement ce dieu et ne m'adresse pas la parole, car quand
tu as faim tu veux du pain et pas des paroles».
- «Un beau dieu, certainement, dit Abraham, que vous taillez comme vous voulez et qui ne se défend pas!»
Le vieillard se mit alors en colère et dit :
- «Tout le monde dit que c'est un dieu, et toi, fou, tu dis qu'il
ne l'est pas? Par mes dieux, si tu étais un homme, je te
tuerais!» Et cela dit, il donna des coups de poing et de pied
à Abraham, et il le chassa de la maison.
Chapitre 27 Dans ce chapitre, on voit clairement combien le rire est impropre aux hommes. On voit aussi la prudence d'Abraham.
Les disciples riaient de la folie du vieillard et admiraient la
prudence d'Abraham. Jésus les réprimanda en disant :
«Vous avez oublié les paroles du Prophète : Le rire
présent est une annonce des larmes à venir. Et encore :
Tu n'iras pas où l'ont rit, mais assieds-toi là où
l'on pleure, car cette vie traverse des misères».
Jésus dit alors : «Ne savez-vous pas qu'au temps de
Moïse, Dieu changea en animaux stupides beaucoup d'hommes qui se
trouvaient en Egypte parce qu'ils avaient ri et qu'ils s'étaient
moqués des autres? Prenez garde! Ne riez de rien parce que vous
pleurerez». Les disciples dirent : «Nous rions de la folie
du vieillard». Jésus reprit alors : «En
vérité, je vous le dis, chacun aime ce qui lui ressemble
et s'y complaît. Si donc vous n'étiez pas fous, vous ne
ririez pas de la folie». Ils répondirent «Que Dieu
aie pitié de nous ». Jésus dit : «Qu'il en
soit ainsi». Philippe intervint alors : «Maître,
comment arriva-t-il que le père d'Abraham voulût faire
brûler son fils?» Jésus répondit :
«Abraham parvenu à l'âge de douze ans, son
père lui dit un jour : «Demain, c'est la fête de
tous les dieux. Nous irons donc dans le grand temple et nous porterons
un présent à Baal, mon grand dieu. Et toi, tu te
choisiras un dieu, parce que tu es en âge d'avoir un dieu.
» Abraham, en rusant répondit : «Volontiers, mon
père ». Ils allèrent donc au temple le matin de
bonne heure, avant personne d'autre. Mais Abraham portait une hache
cachée sous son vêtement. Une fois dans le temple, tandis
que la foule grossissait, Abraham se cacha derrière une idole
dans un endroit sombre du temple. Son père crut en s'en allant
qu'Abraham était parti à la maison avant lui; il ne se
mit donc pas à sa recherche.
Chapitre 28
Lorsque tous eurent quitté le temple, les prêtres
fermèrent et s'en allèrent. Abraham prit alors la hache
et coupa les pieds de toutes les idoles, sauf ceux du grand dieu Baal
auprès duquel il déposa la hache. Comme les statues
étaient vieilles et faites de plusieurs morceaux, en morceaux
elles s'écroulèrent. Ensuite, comme Abraham sortait du
temple, il fut aperçu par certains qui
soupçonnèrent d'y être allé voler quelque
chose. Ils le retinrent donc, et arrivés au temple, en voyant
leurs dieux brisés de cette manière, ils crièrent
en pleurant : «Venez vite, hommes, et tuons celui qui a
tué nos dieux ». Près de dix mille hommes ainsi que
les prêtres accoururent et demandèrent à Abraham
pour quelle raison il avait détruit leurs dieux. Abraham
répondit : «Vous êtes insensés. Est-ce qu'un
homme peut tuer Dieu? C'est le grand Dieu qui les a tués. Ne
voyez-vous pas la hache qu'il a aux pieds ? Il ne veut certainement pas
de compagnons ».
Le père d'Abraham arriva alors. Se rappelant tous les discours
qu'Abraham avait prononcés contre leurs dieux et reconnaissant
la hache avec laquelle Abraham avait brisé les idoles, il
s'écria : «C'est mon traître de fils qui a
tué nos dieux, car cette hache est à moi ». Il leur
raconta alors tous ce qui s'était passé entre lui et son
fils. Les hommes rassemblèrent donc une grande quantité
de branches et, après avoir lié les mains et les pieds
d'Abraham, ils le couchèrent sur les branches et ils y mirent le
feu. Et voici que Dieu, par son ange commanda au feu de ne pas
brûler Abraham, son serviteur. Le feu prit avec grande fureur et
brûla près de deux mille hommes qui parmi ceux qui avaient
condamné Abraham à mort. Abraham, au contraire, se trouva
libre et porté par l'ange de Dieu près de la maison de
son père, sans voir qui le portait. C'est ainsi qu'Abraham
échappa à la mort.
Chapitre 29
Philippe dit alors : «Grande est la miséricorde de Dieu
envers ceux qu'il aime. Dis-nous, Maître : Comment Abraham
parvint-il à la connaissance de Dieu? » Jésus
répondit : «Arrivé près de la maison de son
père, Abraham craignit d'y entrer. Il s'en éloigna donc
un peu et s'assit sous un palmier. Comme il se tenait là, il se
dit : «Dieu doit avoir plus de vie et de force que l'homme,
puisqu'il fait l'homme ». Alors, en regardant les étoiles,
la lune et le soleil, il pensa qu'ils étaient dieu; mais
considérant leur mutabilité et leurs mouvements, il dit :
«Dieu ne doit pas bouger et les nuages ne doivent pas
l'obscurcir, sans quoi les hommes seraient anéantis ».
Puis, tandis qu'il hésitait ainsi, il s'entendit appeler par son
nom : «Abraham!» mais s'étant retourné et ne
voyant personne d'aucun côté, il dit : «J'ai
pourtant entendu qu'on m'appelait par mon nom : «Abraham!»
Puis deux autres fois, de la même manière, il s'entendit
appeler par son nom : «Abraham!» Il répondit :
«Qui m'appelle?» Alors il entendit qu'on disait : «je
suis Gabriel l'ange de Dieu». Abraham fut rempli de crainte.
L'ange le réconforta : «Ne crains rien, Abraham, car tu es
ami de Dieu. En effet quand tu as mis en pièces les dieux des
hommes, tu as été élu par le Dieu des anges et des
Prophètes, et tu es inscrit au livre de la vie.»
Abraham demanda alors : «Que dois-je faire pour servir le Dieu
des anges et des saints Prophètes?» L'ange répondit
: «Va à cette source et lave-toi, parce que Dieu veut
parler avec toi.» Abraham reprit : «Mais comment dois-je me
laver?» Alors l'ange se présenta à lui même
en beau jeune homme et se lava dans la source en disant : «Fais
ainsi, toi aussi, Abraham!» Après qu'Abraham se fut
lavé, l'ange poursuivit : «va sur cette montagne, car
c'est là que Dieu veut te parler». Abraham gravit la
montagne comme l'ange le lui avait indiqué.
S'étant assis sur ses jambes, il se disait : «Quand donc
le Dieu des anges me parlera-t-il ? » Il entendit des voies
suaves qui l'appelaient : «Abraham!» Il répondit :
«Abraham! Qui m'appelle ? » La voix reprit : «Je suis
ton Dieu, Abraham». Rempli de frayeur Abraham tomba la face
contre terre en disant : «Comment ton serviteur pourra-t-il
t'écouter, lui qui est poussière et cendre ? »
Alors Dieu dit : «Ne crains pas, mais lève toi, car je
t'ai choisi pour être mon serviteur, et je veux te bénir
et te faire croître en un grand peuple. C'est pourquoi, sors de
la maison de ton père et de ta parenté et viens habiter
le pays que je te donnerai ainsi qu'à ta descendance ».
Abraham répondit : «Seigneur, je ferai tous cela, mais
protège-moi pour qu'aucun autre dieu ne me fasse du mal».
Alors Dieu prononça ces paroles : «Je suis seul et il n'y
a pas d'autre Dieu que moi. Je frappe et je guéris, je tue et je
donne la vie, je conduis en enfer et j'en retire, et personne ne peut
se libérer de mes mains». Dieu lui donna alors l'alliance
de la circoncision. C'est ainsi que notre père Abraham connut
Dieu. Cela dit, Jésus leva les mains en disant : «A toi
soient honneur et gloire, ô notre Dieu, Ainsi soit-il »!
Chapitre 30
A l'approche de la Scénopégie , fête de notre
peuple, Jésus se rendit à Jérusalem .
L'ayant appris, les scribes et les prêtres tinrent conseil pour
le surprendre dans ses paroles . Un docteur s'approcha donc de
lui et dit : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie
éternelle ? » Jésus répondit : «
Qu'est-il écrit dans la loi ? » Le tentateur reprit
: « Aime le Seigneur ton Dieu et ton prochain. Tu aimeras
ton Dieu par dessus tout, de tout ton cœur et de toute ton
âme, et ton prochain comme toi-même ».
Jésus répondit : « Tu as bien répondu, va
donc et fais de même, je te le dis, et tu auras la vie
éternelle». Mais lui dit : « Et qui est mon
prochain » ?
Jésus répondit en levant les yeux : « Un homme
descendait de Jérusalem à Jéricho, ville
reconstruite en malédiction . En chemin il fut pris
par des voleurs, blessé et dépouillé. Le
laissant à moitié mort, ils s'en allèrent.
Il arriva qu'un prêtre passa par là. Ayant vu le
blessé, il passa outre sans le saluer. De même, un
lévite passa sans un mot. Il arriva qu'un Samaritain passa
aussi. A la vue du blessé, il fut pris de compassion : il
descendit de cheval, souleva le blessé, lava ses blessures avec
du vin, les oignit avec un onguent et les pansa. En le
réconfortant, il le mit sur son cheval. Le soir, à
l'auberge, il le confia à la garde de l'hôte. Le
lendemain matin, en se levant, il dit : « Prends soin de lui, je
te rembourserai tout». Il donna au blessé quatre
deniers d'or pour l'hôte, et il lui dit : « Bon
courage. Je reviendrai bientôt et je te conduirai chez
moi» .
Dis-moi, dit Jésus, de ceux-ci, qui a
été le prochain? Le docteur répondit :
« Celui qui fit miséricorde ». Alors
Jésus dit : « Tu as bien répondu. Va donc et
fais de même ». Confus, le docteur s'en alla.
Chapitre 31
Les prêtres s'approchèrent de Jésus1 :
« Maître, dirent-ils, est-il permis de payer l'impôt
à César » ? Jésus se retourna vers
Judas et lui dit : « As-tu de l'argent ? » -
Après avoir pris un denier en main, Jésus se tourna
vers les prêtres et leur dit : « Ce denier porte une
effigie, dites-moi donc de qui elle est ? » Ils
répondirent : « De César ». -
« Donnez donc à César ce qui est de César,
dit Jésus, et ce qui est de Dieu, donnez-le à Dieu
». Alors, confus, ils s'en allèrent.
Et voici qu'un centurion s'approcha et dit :
« Seigneur, mon fils est malade. Aie pitié de ma
vieillesse ». Jésus répondit : « Que le
Seigneur Dieu d'Israël ait pitié de toi » !
L'homme s'en alla et Jésus dit : « Attends-moi, je
vais aller chez toi prier sur ton fils ». Le
centurion répliqua : « Seigneur, je ne suis pas digne qui
toi, Prophète de Dieu, tu viennes chez moi : la parole que
tu as dite pour le salut de mon fils me suffit, car ton Dieu t'a
constitué seigneur sur toute maladie et, comme me l'a dit son
ange tandis que je dormais. Alors, Jésus fut saisi d'une
grande admiration et, se tournant vers la foule, il dit :
«Regardez cet étranger, il a plus de foi que je n'en ai
trouvé en Israël ». Et se retournant vers le
centurion, il dit : « va en paix, car Dieu a voulu rendre la
santé à ton fils à cause de la grande foi qu'il
t'a donnée ». Le centurion s'en alla et en route il
rencontra ses serviteurs qui lui annoncèrent comment son
fils était guéri. L'homme répondit : «
A quelle heure la fièvre l'a-t-elle quitté » ? Ils
dirent : « Hier, à la sixième heure, la
fièvre l'a abandonné ». L'homme
reconnut qu'au moment où Jésus avait dit : « Que le
Seigneur Dieu d'Israël ait pitié de toi », son fils
avait recouvré la santé. L'homme crut donc à
notre Dieu et, rentré chez lui, il mit en pièces tous ses
dieux en disant : « Seul le Dieu d'Israël est le Dieu vrai
et vivant » . C'est pourquoi, dit-il, que personne ne mange
mon pain s'il n'adore pas le Dieu d'Israël ».
Chapitre 32
Un expert de la loi invita Jésus à dîner pour le
tenter. Jésus y alla avec ses disciples. Beaucoup de
scribes l'attendaient aussi à la maison pour le tenter . Or les
disciples se mirent à table sans se laver les mains. Les scribes
interpellèrent Jésus en ces termes : «Pourquoi tes
disciples n'observent-ils pas les traditions de nos anciens et ne se
lavent-ils pas les mains avant de manger le pain1 » ?
Jésus répondit : « Et moi, je vous demande : Pour
quelle raison avez-vous supprimé le précepte de Dieu pour
observer vos traditions ? Vous dites aux enfants dont le
père est pauvre : « Offre et fais vœu au
temple ». Ils font vœu du peu dont ils devraient
nourrir leur père. Quand leurs pères veulent
prendre l'argent, les enfants s'écrient : « Il est
consacré à Dieu, cet argent-là ». Et
les pères souffrent. Oh, faux scribes,
hypocrites. Est-ce que Dieu dépense cet argent ?
Bien sûr que non, car Dieu ne mange pas, comme il le dit par son
serviteur le Prophète David : « Est-ce que je mangerai la
chair des taureaux et que je boirai le sang des béliers ?
Rends-moi le sacrifice des louanges, et offre-moi tes vœux, car,
si j'avais faim, je ne te demanderais rien, puisque tout est entre mes
mains et que l'abondance du paradis est avec moi ».
Hypocrites, vous faites cela pour remplir votre bourse et vous
prélevez la dîme sur la rue et la menthe !
Misérables, pourquoi montrez-vous très clairement aux
autres la voie par laquelle vous ne voulez pas passer ? Vous,
scribes et docteurs, vous chargez les épaules des autres de
poids intolérables, mais vous-mêmes ne voulez pas les
toucher d'un seul doigt .
Je vous le dis en vérité, tout mal est
entré dans le monde sous le couvert des anciens .
Dites-moi, l'idolâtrie, qui la fit entrer dans le monde sinon
l'usage des anciens? En effet, il y eut un roi qui aimait
énormément son père ; ce dernier se nommait
Baal. A la mort de son père, le fils, pour se consoler fit
faire une effigie à sa ressemblance et la mit sur la place de la
ville. Il décréta que serait tué celui qui
s'approcherait de cette stature dans un rayon de quinze coudées
et que, sous aucun prétexte nul ne devrait le molester .
Aussi les malfaiteurs en raison du profit qu'ils en tireraient,
commencèrent-ils à offrir à la statue des roses et
des fleurs. En peu de temps, cette offrande se changea en argent
et en nourriture, si bien que pour l'honorer ils l'appelèrent
Dieu. Cette habitude se changea en loi, de sorte que l'idole de
Baal se répandit dans le monde entier.
Oh, comme Dieu s'en plaint par le Prophète Isaïe en disant
: « Vraiment ce peuple m'adore en vain, car ils ont
détruit ma loi que je leur ai donnée par Moïse, mon
serviteur, et ils suivent les traditions de leurs anciens ».
« Je vous le dis en vérité, manger le pain avec les
mains sales ne souille pas l'homme ; ce qui le souille, ce n'est pas ce
qui entre en lui, mais ce qui en sort ».
Un scribe dit alors : « Donc, si je mange du porc et d'autres
aliments impurs, ils ne souilleront pas ma conscience » ?
Jésus répondit : « La désobéissance
ne peut pas entrer dans l'homme, mais elle peut sortir de lui, de son
cœur ; il sera donc souillé s'il mange l'aliment
défendu. » Un docteur dit alors : «
Maître, tu as beaucoup parlé contre l'idolâtrie,
comme si le peuple d'Israël avait des idoles ; tu nous fais injure
» ! Jésus répondit : « Je sais bien
qu'aujourd'hui, en Israël, il n'y a pas de statues de bois, mais
il y a des statues de chair ». Tous les scribes, en
colère, répliquèrent : « Sommes-nous des
idolâtres »? Jésus répondit : «
Je vous le dis en vérité : le précepte ne dit pas
: « tu adoreras », mais il dit : « tu aimeras le
Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton cœur et de
tout ton esprit. «Est-ce vrai »? dit Jésus ;
« C'est vrai », répondirent-ils tous.
Chapitre 33
Jésus dit alors : « En vérité, tout ce que
l'homme aime, ce pourquoi il laisse tout le reste, c'est cela son
dieu. Ainsi le fornicateur a-t-il la prostituée pour
idole; celui qui mange et qui boit a pour idole sa propre chair ;
l'avare a pour idole l'argent et l'or. Et ainsi de chaque
pécheur ».
Celui qui l'avait invité dit alors : « Maître, quel
est le plus grand péché ? » Jésus
répondit : « Quelle est la plus grande ruine pour une
maison ? » Tous se taisaient. Alors de son
doigt, Jésus montra les fondations et dit : «
Dès que les fondations s'écroulent, la maison tombe en
ruines et on doit la reconstruire. Mais lorsque s'écroule
n'importe quel autre élément de la maison, on peut
réparer. De même, je vous le dis, l'idolâtrie
est pour l'homme le plus grand des péchés ; en effet,
elle le prive totalement de foi et, par conséquent, de Dieu ; et
il ne peut plus avoir aucun fruit spirituel ; tandis que tout autre
péché lui laisse l'espoir d'obtenir
miséricorde. Je dis donc que l'idolâtrie est le plus
grand des pêchés ». Tous étaient
émerveillés des paroles de Jésus, reconnaissant
qu'on ne pouvait rien y reprendre .
Jésus ajouta : « Rappelez-vous ce que Dieu a dit et ce que
Moïse et Josué ont écrit dans la loi, et vous verrez
combien ce péché est grave. S'adressant à
Israël Dieu dit : « Tu ne te feras aucune
représentation de ce qui se trouve au ciel ou de ce qui se
trouve sous le ciel ; tu ne t'en feras pas de ce qui se trouve sur la
terre ni de ce qui se trouve sous la terre ; ni de ce qui se trouve sur
l'eau ou de ce qui se trouve dans l'eau. parce que je suis ton Dieu,
fort et jaloux qui se vengera de ce péché sur les
pères et sur leurs enfants jusqu'à la quatrième
génération ». Rappelez-vous que, lorsque
notre peuple eut façonné un veau et qu'il l'eût
adoré, Josué et la tribu de Lévi tirèrent
l'épée sur l'ordre de Dieu et tuèrent cent vingt
mille de ceux qui ne demandèrent pas pardon à Dieu envers
les idolâtres! »
Chapitre 34
Devant la porte se tenait quelqu'un dont la main droite était
repliée de sorte qu'il ne pouvait s'en servir. Alors,
élevant son cœur vers Dieu, Jésus pria. Puis
il dit : « Afin que vous sachiez que mes paroles sont vraies, je
dis : « Au nom de Dieu, homme, étends ta main
malade.» Il l'étendit, guérie, comme si
jamais elle n'avait eu mal .
Ensuite, ils commencèrent à manger avec crainte de
Dieu. Après avoir un peu mangé, Jésus reprit
: « Je vous le dis en vérité, il vaudrait mieux
brûler une ville que d'y laisser une mauvaise coutume. A ce
propos, Dieu est irrité contre les princes et les rois de la
terre auxquels il a donné l'épée pour
détruire les iniquités. »
Puis Jésus dit : « quand tu es invité, je te
rappelle de ne pas te mettre à la première place, de peur
que, s'il arrive un ami de l'hôte plus important que toi,
celui-ci ne te dise : « Lève-toi et assieds-toi plus bas,
» ce qui serait pour toi une honte. Mais va t'asseoir
à la place la plus modeste afin qu'en te voyant, celui qui t'a
invité dise : « Lève-toi, ami, et viens t'asseoir
ici, plus haut » ; et alors ce sera pour toi un grand
honneur. Car celui qui s'élève sera humilié
et celui qui s'humilie sera élevé. Je vous le dis
en vérité, Satan ne devint pas réprouvé
pour un autre péché que pour son orgueil, comme le dit le
Prophète Isaïe en l'invectivant en ces termes «
Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui étais la
beauté des anges et qui brillais comme l'aurore? Vraiment
ton orgueil est tombé par terre. » Je vous le dis en
vérité, si l'homme connaissait ses misères, il
pleurerait toujours ici-bas et il se considérerait comme plus
vil que toute autre chose. Ce n'est pas pour une autre raison que
le premier homme et sa femme pleurèrent cent ans sans
s'arrêter en demandant pardon à Dieu. Car ils
reconnaissaient vraiment où ils étaient tombés par
leur orgueil. »
Cela dit, Jésus rendit grâces. Ce jour-là,
furent rendus publics à Jérusalem tout ce que
Jésus avait dit et le miracle qu'il avait fait. Aussi le
peuple remerciait-il Dieu en bénissant son saint nom. Mais
comme les scribes et les prêtres avaient entendu dire qu'il avait
parlé contre les traditions des anciens, ils
s'enflammèrent d'une haine plus grande et endurcirent leur
cœur comme Pharaon. Ils cherchaient donc une occasion de le
faire mourir, mais ils ne la trouvaient pas.
Chapitre 35
Jésus quitta Jérusalem et s'en alla au désert de
l'autre côté de Jourdain. Quand ils furent assis, ses
disciples lui dirent : «Maître, dis-nous comment Satan
tomba par orgueil, car nous avons entendu dire qu'il tomba par
désobéissance, et dis-nous pourquoi il pousse toujours
l'homme à faire le mal.»
Jésus répondit : «Dieu ayant créé une
masse de terre et l'ayant laissée pendant 25 000 ans sans
rien faire d'autre, Satan, qui était en quelque sorte
prêtre et chef des anges, sut, grâce à la grande
intelligence qu'il avait, que Dieu devait tirer de cette masse de terre
cent quarante quatre mille marqués du caractère de la
prophétie ainsi que le Messager de Dieu dont il avait
créé l'âme soixante mille ans avant quoi que ce
fût . Aussi dans son indignation, il excitait les anges :
«Prenez garde, disait-il, un jour Dieu voudra que nous
révérions cette terre. Mais considérez que
nous sommes esprit et que par conséquent il ne convient pas de
le faire. » Aussi beaucoup se séparèrent de
Dieu.
Alors, un jour que tous les anges étaient rassemblés,
Dieu dit : « Vite, que chacun de ceux qui me considèrent
comme leur Seigneur révèrent cette terre. Ceux qui aiment
Dieu se prosternèrent, mais Satan et ceux qui pensaient comme
lui dirent : «Seigneur, nous sommes esprit, et par
conséquent il n'est pas juste que nous
révérions cette boue. » A peine avait-il dit
cela que Satan devint horrible, épouvantable à voir, et
que ses partisans devinrent hideux, car, à cause de leur
rébellion, Dieu leur reprit cette beauté qu'il leur avait
donnée en les créant. Relevant la tête, les saints
anges virent le monstre épouvantable qu'était devenu
Satan ainsi que ses partisans, et de frayeur, ils tombèrent la
face contre terre.
Satan dit alors : « Seigneur, tu m'as rendu hideux injustement,
mais j'en suis content, car je veux détruire tout ce que tu
feras.» Les autres diables dirent : « Ne l'appelle
pas Seigneur, Lucifer, parce que c'est toi le Seigneur. »
Dieu dit alors aux partisans de Satan : « Repentez-vous et
reconnaissez-moi pour Dieu, votre créateur. » Ils
répondirent : « C'est de t'avoir
révéré que nous nous repentons parce que tu n'es
pas juste, tandis que Satan est juste et innocent. C'est lui
notre Seigneur. » Dieu dit alors, « Allez-vous en
loin de moi, maudits, car je n'ai pas pitié de vous . »
En s'en allant, Satan cracha sur cette masse de terre ; ce crachat,
l'ange Gabriel l'enleva avec un peu de terre. De là vient
le nombril que l'homme a maintenant dans le ventre.
Chapitre 36
Les disciples restaient très frappés de la
rébellion des anges. Jésus dit alors : « En
vérité, je vous le dis : celui qui ne prie pas est plus
scél