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Erreurs autres que celles déjà mentionnées

 

1)       On lit dans l'Exode (XII 40) que les enfants d'Israël séjournèrent en Egypte 430 ans ; c'est 215 qu'il fallait dire. Les interprètes et les commentateurs ont déjà reconnu, d'ailleurs, l'existence de cette erreur comme nous le verrons plus loin.

2)       Le livre des Nombres (1.) dit que les enfants d'Israël qui avaient atteint leur vingtième année, sans compter les Lévites, ni les femmes de toutes les tribus, étaient de 600,000. Nous avons déjà vu au chap. 11. (§ X.) que ce chiffre est erroné.

3)       Le 2ème verset du XXIII. chapitre du Deutéronome est une erreur, comme il a   été déjà dit (loc. cit.).

4)       On trouve dans la Genèse (XLVI 15) le nombre de trente-trois personnes au lieu de trente-quatre. Nous l'avons déjà vu (loc. cit.).

5)       Le 1er livre de Samuel (VI. 19) parle de cinquante mille hommes, chiffre erroné, comme nous le verrons, plus loin, au 2ème livre.

6)       Et 7) Dans le 2ème Samuel (XV.) on trouve, au verset 7 le chiffre "quarante", et au verset 8, le mot " Aram", erreurs pour quatre et pour Edom. comme nous le verrons aussi au 2ème livre ; les traducteurs de la Bible en arabe ont remplacé quarante par quatre.

8)       On lit dans le 2ème Chronique (III. 4) : " Et le portique qui était devant la maison avait vingt coudées le longueur et cent vingt coudées de hauteur ". Il y a ici une erreur évidente : si la hauteur de la maison n'était que de 30 coudées ( cf 1 Rois VI. 2), comment le portique aurait-il pu avoir 120 coudées de haut ? Adam Clarke a reconnu l'erreur dans son Commentaire (vol. II.). Dans les traductions syriaque et arabe, le mot "cent" a été omis de propos délibéré.

9)       Le livre de Josué (XVIII. 14) en donnant les limites de la tribu de Benjamen dit : "Et la limite tourne et se dirige du côté de la mer ". Or, ils n'avaient pas le rivage de la mer dans leurs limites, ils en étaient même fort éloignés. Il y a donc erreur dans le livre de Josué. Le Commentaire de D'Oyly et Mant tâche d'expliquer cette erreur, en disant que le mot qu'on a traduit par mer veut dire aussi l'occident en hébreu. Mais comme toutes les traductions sont d'accord sur ce point, je ne sais pas si D'Oyly et Mant n'ont pas inventé cette explication pour les besoins de leur cause.

10)   On lit dans Josué (XIV. 34) dans la délimitation du territoire de Naphtalie : " La limite revenait vers Juda à l'orient, au lever du soleil ". C'est encore une erreur, vu que les limites de Juda n'étaient pas du côté de l'orient. Adam Clarke a reconnu l'erreur comme nous le verrons plus loin, au chap. II.

11)   Horsley trouve deux erreurs dans Josué (XIII. 7, 8), et préfère les septante à l'original.

12) On lit dans les Juges (XVII 7) : " Il y eut un jeune homme de Bethléhem de Juda d'une famille de Juda, mais il était Lévite, et séjournait là ". Les mots "mais il était Lévite" sont une erreur, car comment pouvait-il être Lévite et appartenir à la tribu de Juda ? Horsley a vu cette erreur, et Houbigant a omis le passage de son texte.

13) On lit dans le 2ème Chroniques (XIII.) : " Et Abijah sortit en ordre de bataille à  la tête de quatre cent mille hommes d'élite, et Jéroboam aussi s'avança contre lui à la tête de 800.000 hommes d'élites... Et Abijah et son armée en firent un grand carnage. Et il tomba d'Israël en ce jour cinq cent mille hommes d'élite ". Tous ces chiffres sont évidemment erronés de l'aveu même des commentateurs. La Vulgate réduit les quatre cent mille à quarante mille, les 800.000 à 80.000, et le nombre des morts à 50.000 comme nous le démontrerons plus loin.

14) Dans ce même livre des Chroniques on lit (XXVIII 19) : " Et le Seigneur abaissa Juda, à cause d'Achaz, roi d'Israël ". Les mots "roi d'Israël" sont une erreur, parce que Achaz était roi de Juda, et non d'Israël. C'est pour cette raison que la version grecque et la Vulgate ont corrigé le texte et portent "roi de Juda". Mais l'erreur n'en subsiste pas moins dans l'original.

15) Au chap. XXXVI. 10 de ce même livre il y a : " Et son frère Sédékias régna sur Juda ", il fallait dire son oncle. Ward, Catholique, dit dans son livre :"Comme le mot frère est une erreur on l'a remplacé dans la version grecque et les autres traductions par le mot oncle". Mais cela n'empêche pas qu'il y ait toujours une erreur dans le texte.

16) On trouve dans le 2 ème Samuel (X. 16 et 19) et dans le ler Chroniques (XVIII. 3, 5, 7, 8, 9, 10)) le nom de Hadarézer, il fallait Hadadézer.

17) On lit dans Josué (VII. 18) le mot Acan, c'est Aker qu'il faut.

18) Le 1er Chroniques (III.5) parle de Bathchoua. fille d'Amiel ; il faut Bathchéba, fille d'Eliam, comme dans 2ème Samuel XI. 3.

19) Le 2ème Rois (XIV. 21 ) porte "Azaria", c'est Ozias qu'il fallait, comme dans 2ème Chroniques xxvi. 1.

20) Il est parlé dans le 2ème Chroniques (XXI. 17) de "Joachaz", Ahazia qu'il faut, comme dans 2ème Rois viii. 24. Horne avoue dans le 2ème volume de son Introduction (pp. 572, éd. 1839) l'existence des erreurs que nous avons signalées, depuis le N° 16 jusqu'au N° 20 . et, comme il y a, plusieurs autres erreurs de ce genre, Horne renvoie pour cela le lecteur à l'ouvrage du Dr. Kennicott, page 23-26. Mais la vérité est que dans ces livres il n'y a qu'un petit nombre de noms corrects ; tout le reste est erroné.

21) On lit dans le 2ème Chroniques (XXXVI.) : " Nabuchodonosor, roi de Babylone, fit charger des chaînes Jehoïakim et l'emporta à Babylone ". Ce récit est erroné ; la vérité est que Nabuchodonosor fit mettre à mort Jehoïakim, à Jérusalem même, et ordonna qu'on jetât le cadavre du haut des murailles de la ville. Voilà ce que dit Josèphe (X. 6) : " Le roi de Babylone vint à la tête d'une armée considérable, et il entra sans coup férir dans Jérusalem, où il fit tuer Joachim (ou Joiakim) dont le corps fut jeté, par son ordre, du haut des murs, et laissé sans sépulture. Il donna le trône à Joachim (ou Joïakin), fils du roi précédent, et mena en captivité trois mille hommes, parmi lesquels le prophète Ezéchiel ".

22)On lit dans Isaïe (VII. 8) : " Et après soixante-cinq ans Ephraïm cessera d'être un peuple ". C' est certainement une erreur, car le roi d'Assyrie subjugua Ephraïm dans la sixième année du règne d'Ezéchias (2ème Chron. XVII. 18) et, par conséquent, Ephraïm cessa d'être un peuple après vingt et un ans. Vitringa, un des savants chrétiens de renom, et cité dans le Commentaire de Henry et Scott, dit qu'il y a ici une erreur provenant du copiste ; il prétend qu'il faut lire "seize et cinq" qu'il partage ainsi : seize pour le règne d'Achaz, et cinq pour Hézékias ou Ezéchias avant l'arrivée des Assyriens. Cette explication arbitraire n'empêche pas que l'erreur ne subsiste toujours dans le texte. Les traducteurs de la Bible en langue indienne, publiée en 1843, ont altéré le verset 8, "selon l'usage antique et solennel" de ces Messieurs, et dont ils ne se corrigeront probablement jamais !

23) On lit dans la Genèse (11. 17) : " Et quant à l'arbre du bien et du mal, tu n'en mangeras point, car le jour où tu en mangeras, tu mourras ". Cette menace ne s'est point vérifiée, car Adam vécut plus de neuf cents ans après avoir mangé du fruit défendu.

24) On lit dans la Genèse (VI. 3) : " Mon esprit ne demeurera pas éternellement dans l'homme, car il est de chair et sa vie ne dépassera pas la cent vingtième année ". Autre erreur : les vies des premiers hommes dépassèrent de beaucoup les 120 ans. Noé vécut 950 ans, Sem 600 ans, Arphaxad 338 ans, tandis que de nos jours, peu de personnes atteignent ou dépassent les 70 ou quatre-vingts ans.

25) On lit dans la Genèse (XVII. S) : " Et je te donnerai et je donnerai à tes descendants après toi le pays de ton séjour, tout le pays de Canaan, en héritage perpétuel. Je serai aussi leur Dieu ". Cependant tout le pays de Canaan ne fut point donné à Abraham, ni à ses descendants après lui, et après bien des vicissitudes dont on ne trouve rien de pareil dans les autres histoires, la domination des enfants d'Israël dans ce pays finit par être entièrement détruite.

26) 27) 28) On lit dans Jérémie (XXV. 1, 11 , 12) . " La parole qui fut adressée à Jérémie touchant tout le peuple de Juda dans la quatrième année de Joïakim, fils de Josias, roi de Juda, qui était la première année de Nabuchodonosor, roi de Babylone. ... Et tout ce pays sera un désert jusqu'à s'en étonner, et ces nations seront assujetties au roi de Babylone pendant soixante et dix années. Et il arrivera que quand les soixante et dix ans auront été accomplis, je ferai, dit l'Eternel, la punition de l'iniquité du roi de Babylone et de cette nation et du pays des Chaldéens, que je réduirai en des désolations éternelles ".

On lit aussi dans le chap. XXIV. ( 1, 2, 10) du même livre : " Voici les paroles de la lettre que Jérémie le prophète envoya de Jérusalem au reste des anciens de ceux qui avaient été transportés, et aux sacrificateurs, et aux prophètes, et à tout le peuple que Nabuchodonosor avait transporté de Jérusalem à Babylone : après que le roi Jechonias fut sorti de Jérusalem avec la reine et les eunuques ... Car ainsi a dit l'Eternel : lorsque les soixante-dix ans seront accomplis à Babylone je vous visiterai et j'exécuterai ma bonne parole sur vous pour vous faire retourner dans ce lieu ".

On lit plus loin, dans le même livre (chap. LII. 28-30) : " C'est ici le peuple que Nabuchodonosor transporta : La septième année il transporta trois mille vingt-trois Juifs. La dix-huitième année de nabuchodonosor, on transporta de Jérusalem huit cent trente-deux personnes. La vingt-troisième année de Nabuchodonosor, Nébuzardan, capitaine des gardes, transporta d'entre les Juifs sept cent quarante-cinq personnes. Toutes ces personnes donc furent quatre mille six cents ".

Il ressort de ces passages :

1)     Que Nabuchodonosor monta sur le trône dans la 4ème année du règne de Joiakim. Ce fait est confirmé par l'historien Josèphe (X. 6), et toute affirmation contraire aurait contre elle le témoignage précis de Jérémie.

2)     Que la lettre de Jérémie fut envoyée aux lsraëlites après que le roi, la reine, et les artisans, eurent quitté Jérusalem.

3)     Que le nombre des captifs était de 4600, transportés en trois fois, dont la dernière eut lieu dans la 23e année du règne de Nabuchodonosor. Je dis, donc, qu'il y a ici trois erreurs : 1) La captivité de Jéchonias, des chefs de la nation, et des artisans, eut lieu, d'après les historiens, en 599 av. J.C. L'auteur du Mizan dit 600 : en outre, leur séjour à Babylone devait durer soixante-dix ans : ils ne pouvait, donc, être délivrés avant 529 av. J.C. : mais on sait, d'autre part, que les Juifs furent délivrés par Cyrus en 536 av. J.C. ;il s'en suit qu'ils ne restèrent à Babylone que soixante-trois ans, ce qui constitue une première erreur. 2) Le nombre des captifs s'élevait à 4600, cependant le 2ème des Rois, nous dit (XXIV. 14) qu'on transporta, en une seule fois dix mille nobles et guerriers et un nombre plus considérable d'artisans, ce qui constitue une seconde erreur. 3) Le prophète dit que la dernière déportation eut lieu la 23e année du règne de Nabuchodonosor. Le livre des Roi nous dit, au contraire ( XXV ) , que ce fut dans la dix-neuvième année de son règne, ce qui fait une troisième erreur.

27) Ezéchiel dit (XXVl.) : " ce fut la onzième année, au premier du mois, que la parole de l'Eternel vint à moi en ces termes. ... C'est pourquoi ainsi dit le Seigneur : Voici je viens contre toi, Tyr, je ferai monter contre toi des peuples nombreux, comme la mer fait monter ses vagues. ... Car voici que j'amène du nord Nabuchodonosor, roi de Babylone, le roi des rois, avec des chevaux, des chariots, de la cavalerie, et une réunion de peuples nombreux ; ... il fera tomber par le fer tes filles dans les champs, t'entourera de digues, élèvera contre toi des remparts, et disposera contre toi des circonvallations ; il dirigera contre tes murs les coups de son bélier, et il démolira tes tours par ses haches. Le sabot de ses chevaux foulera toutes tes rues ; il fera passer ton peuple par le glaive et il renversera les monuments de ton orgueil ; ... ils pilleront ta richesse, ils feront un butin de ta marchandises, ils démoliront tes murailles ; ils ruineront tes maisons de plaisance, et ils jetteront au milieu de l'eau tes pierres, ton bois et tes décombres ... Je ferai de toi un roc aride ; tu seras un lieu pour étendre les filets, tu ne seras plus rebâtie."

Cependant tout le monde sait que Nabuchodonosor assiégea Tyr pendant treize ans et fit les plus grands efforts pour s'en emparer, mais qu'il ne réussit pas à la prendre et dut lever le siège. le prophète dit plus loin (XXIX) : " Ce fut dans la vingt septième année, le premier du mois, que la parole de l'Eternel fut à moi, savoir . fils de l'homme, Nabuchodonosor, roi de Babylone, a fait faire à son armée un grand travail devant Tyr, toute tête est chauve et toute épaule écorchée ; et il n'y eut ni pour lui ni pour son armée de récompense devant Tyr pour le travail qu'il a exécuté contre elle. C'est pourquoi ainsi dit le Seigneur . Voici que je donne à Nabuchodonosor, roi de Babylone, le pays d'Egypte, et il en emportera la richesse, en pillera le butin et en partagera la dépouille. Ce sera une récompense pour son armée. Pour son salaire, pour ce qu'il a fait, je lui ai donné le pays d'Egypte ". ... Pour dédommager Nabuchodonosor de la prédiction manquée devant Tyr, Dieu lui promet l'Egypte, mais nous ne savons pas si cette seconde promesse a eu le même sort que la première ou si elle a été accomplie. Est-ce ainsi que se réalisent les promesses de Dieu ! Dieu est-il impuissant à dégager sa parole ?

28) On dit dans Daniel (Vlll. l 3) : " et j'entendis un saint qui parlait et un autre saint dit à celui qui parlait . Combien de temps durera la vision du sacrifice journalier, et la violation de la désolation, qui fera fouler le sanctuaire et la force ? Et il me dit . Dans deux mille trois cents jours, et alors le Sanctuaire sera purifié ".

Les interprètes Juifs et Chrétiens des deux sectes ne savent où trouver la confirmation de cette prophétie. La grande majorité voit dans ce passage une allusion à la prise de Jérusalem en 161 av. J.C. par Antiochus, et elle prend le mot jour dans son acception ordinaire. Cette manière de voir a été adoptée par Josèphe, mais on y oppose une objection importante : c'est que l'événement dans lequel le Sanctuaire fut foulé aux pieds n'a duré que trois ans et demi (Josèphe V. 9), tandis que le compte du prophète donnerait six ans trois mois et dix-neuf jours.

lsaac Newton a conclu de cela que la prédiction de Daniel ne se rapportait pas à Antiochus. Dans un travail imprimé à Londres en 1803, Thomas Newton rapporte l'hypothèse que nous avons mentionnée plus haut, et la repousse par les mêmes raisons qu'lsaac Newton ; puis il ajoute que la prédiction se rapporte aux empereurs romains et aux papes. Un écrivain récent. W. Snell Chauney, dans un ouvrage publié en 1 838, et compilé, au dire de l'auteur, sur les travaux de quatre vingt cinq interprètes, ses prédécesseurs, dit, au sujet de ce passage de Daniel :"Déterminer l'époque par où doit commencer le calcul des jours a été considéré chose extrêmement difficile par les savants de toutes les époques. La majorité pense que ce calcul doit commencer à l'une des quatre époques où les rois de Perse promulguèrent les édits pour la libération des Juifs. c'est-à-dire, l'année 536, date de l'édit de Cyrus, ou l'année 518, date de l'édit de Darius, ou 458, date de l'édit adressé à Esdras par Artaxerxès Longue-Main, la septième année de son avènement, ou, enfin, l'année 444, où ce même Artaxerxès, la 20e année de son règne, permit à Néhémie de rebâtir les murailles du Temple et de Jérusalem ; et le mot jour signifie année, et les 2300 années se seraient écoulées, dans le premier cas en 1764 de l'ère chrétienne, dans le second en 1782, dans le troisième en 1 843, et dans le quatrième en 1 856. Les deux premières dates sont déjà passées ; il reste encore la troisième et la quatrième (l'auteur écrivait en l 838) me parait la plus probable des deux restantes.

D'autres comptent les 2300 années de la sortie d'Alexandre pour envahir l'Asie et combattre Darius, ce qui en amènerait la fin à l'an 1966".Cette explication donne lieu à plusieurs objections :

1)     Dire qu'il est difficile de déterminer l'époque où doit commencer le calcul des jours c'est absurde. Ces jours ne peuvent compter que du moment de la vision et non d'une époque postérieure.

2)     Dire que par le mot jours, le prophète a voulu entendre des années est une explication tout arbitraire. Le mot jour est toujours employé dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament dans son sens ordinaire. Y eût-il même des exemples contraires, ils ne pourraient évidemment être cités comme décisifs. L'emploi du mot jour dans un sens aussi peu ordinaire ne pourrait être considéré que comme une métaphore qui ne saurait faire loi. C'est pour cette raison que la majorité a pris le mot jour dans ces passage au sens littéral, et l'a appliqué à Antiochus, application condamnée par lsaac et Thomas Newton et par d'autres exégètes plus récents, parmi lesquels est Snell Chauncy lui-même.

3)     Abstraction faite des deux explications précitées, je dirai que, les deux premières dates ne s'étant pas avérées de son temps, notre commentateur est obligé de les reconnaître fausses. La troisième ( 1843), qu'il déclarait comme plus probable, est, depuis, passée, tout aussi bien que la quatrième, 1856. Il ne reste donc plus que la cinquième hypothèse, celle d'Alexandre, qui doit se terminer en 1966. Mais comme le calcul de cette dernière hypothèse ne repose pas sur des données plus certaines, je présume qu'elle aura le même sort, et ceux qui seront en vie à cette époque, auront, sans doute, l'occasion d'en voir la fausseté comme nous voyons, nous autres, celle des quatre précédentes. En 1 833 de l'ère chrét .( 124S de notre ère) un prêtre de nom de Joseph Wolf vint à Lucknow . il entretenait des opinions analogues à celles que je viens d'exposer, et prétendait que le mot jour dans la prophétie était pour année. et que le terme des 2300 ans devait commencer à compter de la mort de Daniel arrivée en 453 av. J.C., et devait, par conséquent, finir en 1 843 ; il annonçait, donc, que la venue du Christ devait avoir lieu à cette dernière date. Ce révérend missionnaire, dans quelque ravissement extatique produit par les vapeurs des boissons, se serait imaginé d'avoir reçu une inspiration prophétique ! Des discussions eurent lieu entre lui et des savants Musulmans ; mais comme la date qu'il donnait est passée depuis dix sept ans (il semble que notre auteur écrivait son lzhar_elhaqq en 1 860), il n'y a plus lieu de nous occuper de ce rêveur. De plus les commentateurs D'Oyly et Mant disent : Il est difficile de fixer le temps précis où les dates prophétiques commencent, et où elles finissent, jusqu'à ce que les prophéties elles-mêmes s'accomplissent, et les événements en déclarent alors la certitude". Cette explication (prise de Th. Newton) est tout simplement ridicule. Dans ce cas tout aventurier pourrait faire des milliers de prédictions, sans fixer de terme, et dire : "Quand elles seront accomplies vous en verrez l'exactitude". Mais ces Messieurs sont excusables ; ils s'efforcent d'expliquer ce qui est inexplicable parce qu'il est faux dans son origine même ; un proverbe arabe dit : "Le droguiste (le fard} ne peut réparer ce que le temps a gâté".

29) On lit dans Daniel (XII. 11, 12 ) . " Et depuis le temps où le sacrifice continuel sera ôté et où l'abomination qui cause la désolation aura été introduite il y a mille deux cent quatre-vingt-dix jours. Heureux celui qui attend et qui arrive à mille trois cent trente-cinq jours ".

Cette prophétie ne s'est pas plus vérifiée que la précédente ; ni le Christ des Chrétiens, ni le Christ des Juifs n'ont paru à ces dates.

30) Daniel dit (IX. 24) : " Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta Sainte Ville, pour anéantir le crime, mettre fin au péché, expirer l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et la prophétie et oindre le Saint des Saints ".

Il n'y a pas à s'occuper de cette prédiction car aucun Messie n'a paru dans le temps qui y est fixé et le Messie des Juifs n'est pas encore venu. Quant aux subtilités par lesquelles les théologiens ont voulu exploiter ce passage au profit de leur cause elles ne méritent pas qu'on s'y arrête pour les raisons suivantes :

1)     Parce qu'on ne peut donner gratuitement au mot jour un sens autre que le sens littéral.

2)     En admettant même l'interprétation allégorique, la prophétie ne s'applique à aucun Messie. En effet, depuis l'édit de Cyrus, qui permit aux Juifs de rentrer dans leur patrie, jusqu'à la venue de Jésus Christ, il s'est écoulé à ce que l'on croit, plus de six cents ans, ou, d'après Snell Chauncy, 536 ans. Le compte des soixante-dix semaines, ne donnerait que quatre cent quatre-vingt-dix ans. La prophétie ne peut, donc, s'appliquer au Messie des Chrétiens, et, quant au Messie des Juifs, il n'est pas trop clair qu'elle ne saurait s'appliquer à lui, puisqu'il n'a pas encore paru.

3)     En admettant cette interprétation, il faudrait arrêter à Jésus la série des prophètes, et admettre que les Apôtres n'ont pas de mission divine, ce qui est contraire à la croyance chrétienne, selon laquelle les Apôtres sont supérieurs à Moïse et à tous les prophètes hébreux. Pour se convaincre de cette supériorité il suffit de, se rappeler que Judas Iscariote était un de ces hommes inspirés, et pleins du Saint-Esprit.

4)     D'après cette théorie, il faudrait admettre aussi la cessation de toute nouvelle vision ou inspiration divine, ce que nos adversaires n'admettent pas, puisqu'ils prétendent que des hommes de bien peuvent encore avoir des visions.

5)     Watson rapporte dans le 3ème vol. de ses "Theol. Tracts" une lettre du Dr. Grabe, où il est dit que ce passage "a été altéré par les Juifs, et qu'il est impossible de l'appliquer à Jésus dans l'état actuel du texte hébraïque". Ainsi, d'après l'un des interprètes chrétiens les plus accrédités, le texte actuel, tel que le possèdent les Juifs, n'autorise pas les applications qu'on a voulu en faire, à moins d'accuser les Juifs d'une altération que les Protestants dans tous les cas n'ont pas le droit de leur reprocher. Et si le texte même présente des altérations, quelle autorité peuvent avoir les traductions qui sont faites par les Chrétiens ?

6)     Le mot Messie s'applique chez les Juifs à tout roi, bon ou mauvais. Le 17° Psaume dit (50 ) . " auteur de tant de miracles, soutien de la maison de ton Messie David et de ses descendants pour toujours ". De même dans le 131ème Psaume on donne le nom de Messie à David, qui a été un des bons rois d'Israël, et dans le 1er Samuel (XXVI.) ou le donne à Saül qui a été l'un des plus mauvais. " et il dit à ses hommes : A Dieu ne plaise que je fasse pareille chose à mon maître, à l'Oint du Seigneur. ... Je ne mettrai point ma main sur mon Seigneur, car il est l'Oint de l'Eternel ". On trouve la même expression dans le 26e chapitre du même livre et dans le 1er chap. du 2ème Samuel. le mot Messie ne s'applique pas seulement aux rois d'Israël, on le donne aussi à des rois étrangers. On lit dans Isai'e (XLV. 1) : "voilà ce que dit le Seigneur à mon Messie Cyrus que j'ai pris par la main "... Voilà le nom de Messie donné à un roi de Perse qui n'a d'autre mérite que celui d'avoir donné la liberté aux Juifs, et de leur avoir permis de rebâtir le Temple.

33) Dans le 7ème chap. du 2ème Samuel, on lit la promesse que Dieu fit aux Israélites par la bouche du prophète Natan, en ces termes (10, 11) : " Et je ferai une place pour mon peuple Israël, et je l'y établirai, et il suivra la bonne route et ne se laissera plus égarer par les pervers ... Savoir, depuis le jour que j'ai donné des Juges à mon peuple lsraël ".

Dieu promet ici aux Israélites de les établir dans ce lieu, c' est à dire, Jérusalem, et de ne plus permettre à personne de leur faire du mal ni de troubler leur tranquillité. Les Juifs s'établirent bien à Jérusalem, mais les promesses de Dieu restèrent sans accomplissement. Les rois de Babylone envahissent, par trois fois, le territoire juif pillent, saccagent, mettent tout à feu et à sang. D'autres rois les inquiètent, et enfin Titus donne le dernier coup à la nationalité juive, fait périr plus d'un million par le glaive et la faim, prend 97 000 prisonniers ; et leurs descendants son actuellement dispersés dans toutes les parties du monde !

34) Dans le même chapitre ( 12-16), Dieu promet à David, par la bouche de Natan, ce qui suit : " Quand tes jours seront accomplis, que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai après toi ta postérité, qui sortira de toi, et j'affermirai son règne. Lui (ce fils) bâtira une maison à mon nom, et j'affermirai le trône de son règne à toujours. Je serai pour lui un père, et il sera un fils pour moi ; que s'il commet quelque iniquité, je le châtierai avec une verge d'homme et avec des plaies des enfants des hommes. Mais ma bienveillance ne se retirera point de lui, comme je l'ai retiré de Saül, que j'ai éloigné de devant moi. Ta maison et ton règne seront assurés pour toujours devant toi ; ton trône sera affermi à jamais ".

Cette promesse est rapportée dans les termes suivants par le 1er Chroniques (XXII. 9, 10) : " vois, il t'est né un fils, ce sera un homme de repos, et je lui donnerai du repos de tous ses ennemis à l'entoure, car Salomon sera son nom, et je ferai venir la paix et la tranquillité sur Israël pendant son temps. C' est lui qui bâtira une maison à mon nom, et il me sera un fils, et moi je lui sera un père ; je consoliderai le trône de son royaume sur Israël pour toujours ". Selon cette promesse de Dieu - on ne peut plus formelle - la maison de David devait jouir du pouvoir à Perpétuité cependant, il y a bien longtemps que cette maison ne règne plus.

35) Paul, le Sanctifïé des Trinitaires, rapporte ces paroles de Dieu concernant Jésus (Héb. 1. 6 ) . " Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils ". Les interprètes voient dans ce passage une allusion à celui de Samuel qui j'ai cité plus haut. Cette opinion n'est pas soutenable pour plusieurs raisons :

1)     Parce qu'il est dit, dans les Chroniques, que le nom du fils sera Salomon.

2)     Parce qu'il est dit, dans le passage de Samuel, aussi bien que dans les Chroniques, que ce fils " bâtira une maison à mon nom ", ce qui ne peut s'appliquer qu'à Salomon, le Christ étant né mille trois ans après la construction du Temple, et ayant toujours prédit la destruction de ce monument, ainsi qu'on peut le voir par Matthieu (XXIV), et comme nous le verrons aussi plus loin.

3)     Il est dit dans les Ecritures que ce fils sera roi, et Jésus n'était qu'un pauvre homme, au point qu'il put dire de lui-même : "Les renards ont des tanières et les oiseaux de l'air ont des nids ; mais le Fils de l'Homme n'a point où reposer sa tête " (Matth. VIII. 20).

4)     Il est dit dans le livre de Samuel . " S'il commet quelque iniquité, je le châtierai ". Ceci ne peut s'appliquer qu'à un homme, sujet à défaillance et à errer comme Salomon qui, vers la fin de sa vie, au dire de la Bible, se livra à l'adoration des dieux étrangers et leur bâtit des temples, tandis qu'il ne convient aucunement à Jésus pur et infaillible, selon la croyance chrétienne.

5)     Il est dit dans le 1er Chroniques : " Et il sera un homme de paix, et je lui donnerai du repos de tous ses ennemis ". Jésus n'a pas eu un moment de repos depuis son enfance, jusqu'au moment où, au dire des Chrétiens, il fut mis à mort ; il mena une vie errante et agitée, terminée par un affreux supplice. Tandis que la vie de Salomon correspond littéralement à la promesse contenue dans ce passage.

6)     Il est dit dans le même passage . " Je ferai venir la paix et la tranquillité sur Israël ". On sait que du temps de Jésus, les Juifs étaient sous la domination romaine, réduits à la plus grande impuissance.

7)     Salomon a reconnu dans cette prophétie une allusion à lui même, ainsi qu'on le voit par le 6e chap. du 2ème Chroniques. Si l'on prétend que cette prédiction, bien qu'elle se rapporte en apparence à Salomon, fait allusion, en réalité, à Jésus, qui est descendant le Salomon, je répondrai qu'aucun des traits qu'on attribue au fils qui devait venir ne correspond à ceux du Christ ; j'ajouterai même que, abstraction faite de ces traits, l'application de la promesse n'est pas, non plus, praticable en vertu de l'opinion de la majorité des exégètes modernes ; car, pour concilier la contradiction existante entre les deux généalogies de Matthieu et de Luc, ces Messieurs allèguent que le premier a donné celle de Joseph, et le second celle de Marie ; cette opinion est, même, celle de l'auteur du Mizan. Or, Jésus n'est pas le fils du menuisier Joseph ; reconnaître la paternité de ce dernier c'est prendre un fantôme pour un être réel. Jésus est le fils de Marie, que la paix soit sur eux, et par conséquent il n'est pas le descendant de Salomon, mais de Natan ; la promesse, donc, faite à Salomon ne lui est pas applicable.

37) On lit dans le 1er Rois (XVII.), au sujet de prophète Elie . " La parole de l'Eternel lui fut adressée disant ; Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'Orient, et cache-         toi près du torrent de Kérith, vis-à-vis du Jourdain. Tu boiras de l'eau du torrent, et j'ai ordonné aux corbeaux de t'y nourrir. Il partit et agit selon la parole de l'Eternel ; il s'en alla et demeura près du torrent de Kérith, qui est vis-à-vis du Jourdain. les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin. et du pain et de la viande le soir, et il buvait de l'eau du torrent ".

Le mot "Ourim" a été traduit par "corbeaux" dans toutes les versions, excepté Jérôme, qui traduit " Arabes", mais dans les éditions postérieures de la Vulgate, on changea, comme d'habitude, le mot " Arabes" en "corbeaux", suivant la tradition. Cet épisode a été un sujet incessant de plaisanteries pour les adversaires de la religion chrétienne. Horne serait disposé à adopter la version de Jérôme pour faire cesser le scandale. Il dit (vol. 11. p. 629 ) . "On a demandé comment il pouvait se faire que des corbeaux, oiseaux impurs, eussent été chargés de nourrir le prophète et de lui apporter sa provision journalière". Le texte dit "Ourim", qui veut dire " Arabes". Ce mot est employé dans le même sens dans le 2ème Chroniques (XXI. 16), dans Néhémie (1V. 7). On sait, par le Perechet Riba, commentaire hébreu sur la Genèse, qu'Elie avait reçu l'ordre de se cacher dans les environs de Beth-Châné ; Jérôme dit que les frontières de l'Arabie, et que c'est à eux que le prophète doit sa vie. Ce témoignage de Jérôme est précieux ; bien que dans les éditions de la Vulgate on lise le mot "corbeaux", pour "Ourim". Cette leçon est contredite par Néhémie, par les Chroniques, et par Jérôme. La traduction Arabe entend ce mot dans le même sens, de même que le célèbre Jarchi. Comment aurait-on pu envoyer de la viande par des oiseaux aussi impurs à un prophète qui était rigide observateurs de la loi ? Je crois par conséquent que le prophète fut nourri par une tribu qui s'appelait "Ourim". Les Protestants n'ont pas de choix ici ; en adoptant la leçon de Horne, ils convaincraient d'erreur tous les autres interprètes. qui ont suivi la leçon commune ; en adoptant, au contraire, le texte hébreux, ils convaincraient d'erreur un de leurs théologiens les plus accrédités.

38) On lit dans le ler Rois (VI. 1) que Salomon bâtit une maison à l'Eternel dans l'année de 480 de la sortie d'Egypte. Les interprètes considèrent cette date comme erronée. Adam Clarke dit à ce sujet (Comm., vol. II. p. 1293 ) . "On n'est pas bien d'accord sur la date ; le texte hébraïque porte 480 ; la version grecque, 440 ; Glycas, 330 ; Melchior Canus, 590 ; Josèphe, 592 ; Sulpicius Sévérus, 588 ; Clément d'Alexandrie, 570 ; Cédrénus, 672 ; Codomane, 597 ; Vossius et Capellus, 580 ; Sérarius, 6S0 ; Nicolas. Abraham, 527 ; Maestlinus, 592 ; Petavius et Valthérus, 520 ." Cette discordance prouve que les écrivains profanes ne croyaient pas à l'inspiration du texte hébraïque ; s'ils avaient cru que tout ce qui est contenu dans ce texte venait de Dieu, ils n'auraient pas, à coup sûr, cherché d'autres dates.

39) On lit dans Matthieu (1. 17 ) . " Toutes les générations d'Abraham à David sont au nombre de quatorze, et de David à la captivité de Babylone, il y a quatorze générations, et de la captivtté de Babylone au Christ, il y a quatorze générations ".

On divise, ainsi, le temps qui s'est écoulé entre Abraham et le Christ en trois périodes, comprenant chacune quatorze générations, la première période se termine à David. On ne doit pas compter David dans les générations de la seconde période, qui commence, dans ce cas, avec Salomon, et finit avec Jéchonias ; Jéchonias. ne doit pas, non plus, être compté avec les générations de la troisième période, dont la première est celle de Salathiel, ce qui en réduirait le nombre à treize. Porphyrius avait déjà fait remarquer cette erreur au 3ème siècle, et toutes les explications qu'on en a données depuis sont loin de nous satisfaire.

39-42) On dit dans Matthieu (I. 11) : " et Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la captivité de Babylone ". Josias était donc en vie du temps de la captivité de Babylone. Mais il faut remarquer :

1)     Que Josias mourut douze ans avant cet événement, et eut pour successeur pendant trois mois son fils Joachaz, ensuite son autre fils Joïakim ou Joachim, qui régna onze ans, et eut pour successeur son fils Joïakin ou Joachin, qui régna trois mois, fut vaincu par Nabuchodonosor et transporté avec une partie du peuple à Babylone.

2)     Que Jéchonias est le petit-fils de Josias, et non son fils, comme nous venons de le dire.

3)     Que Jéchonias. avait dix-huit ans lors de la captivité de Babylone, et que c'est une erreur de dire qu'il soit né pendant la captivité.

4)     Que Jéchonias n'avait point de frères, et que c'est son père qui en avait trois. On voit combien il y a d'erreurs dans ce peu de mots. C'est pour dissiper les difficultés, que soulève ce passage, que Calmet a proposé de lire le V. 11 de Matthieu de la manière suivante : " Et Josias engendra Joakim et ses frères, et Joakim engendra Jéchonias vers le temps de la première captivité de Babylone ". (Ad. Clarke ad. Matth.). Ainsi, pour faire disparaître une difficulté, ces Messieurs proposent d'interpoler le texte ; mais en adoptant, même, cette interpolation arbitraire, il reste toujours l'objection que nous avons mentionnée plus haut au N° 3. Je crois que le nom de Joachim aura été omis, avec intention, par quelque pieux ecclésiastique, qui n'a pas voulu que ce nom figurât dans la généalogie du Christ, sachant que le Christ, comme descendant de Joachim, n'aurait pas pu s'asseoir sur le trône de David, ni être le Messie. Il n'a pas vu que, pour éviter cette difficulté, il en créait d'autres en grand nombre : peut-être aussi aura-t-il vu ces difficultés mais il aura préféré exposer Matthieu au reproche d'inexactitude historique, plutôt que de compromettre le titre du Christ au trône de David.

43) De Juda à Salmon, il s'est écoulé près de 300 ans, et de Salmon à David quatre cents ans. Matthieu place sept générations dans cette première période, et cinq générations dans la seconde. Ceci est évidemment erroné, car on vivait plus longtemps dans la première période que dans la seconde.

44) Le nombre des générations de la seconde période est de dix-huit, selon le 1er Chroniques, et non de quatorze, comme l'a dit Matthieu. Newman a dit à ce sujet, avec un sentiment d'amertume, que dans le dogme chrétien, il était absolument nécessaire d'admettre que un et trois fussent le même nombre, et qu'il faudra admettre, aussi, que quatorze et dix-huit sont un même nombre, parce que l'Ecriture Sainte ne peut ni errer, ni se contredire.

45) 46) Matthieu dit (1. 8) : " Joram engendra Ozias. ou Hozzias ". Ce que n'est pas exact :

1)     Parce qu'Ozias, ou Hozzias, était fils d'Amatsia, fils de Joas, fils d'Achazias, fils de Joram. Trois générations de souverains disparaissent, ainsi, d'un trait de plume. Cependant c'était des rois assez renommés comme on le voit par 2ème Rois VIII., XII., XIV., et 1er Chron. XXII., XXIV., XXV. Aucune raison n'est assignée pour cette suppression, de sorte qu'on ne peut l'attribuer qu'à une erreur. Quand un historien détermine une époque, et indique le nombre des générations qui s'y sont succédées, s'il en omet dans l'énumération quelques-unes, par oubli, ou de propos délibéré, il ne peut que mériter le blâme.

2)     Son nom était Asarias ou Azaria. et non Ozias ou Hozzias, ainsi qu'on le voit par ler Chron. III. et 2ème Rois XIV., XV.

47) Matthieu dit (1. 12) que Zorobabel est fils de Salathiel. C'est une erreur, car Zorobabel est fils de Fedaïa ou Pedaïa, et neveu de Salathiel ( l Chron. III;).

48) Selon Matthieu ( I . 13), Ebihod serait fils de Zorobabel. C'est encore une erreur. Zorobabel a eu cinq enfants (1 Chron. III. 19), mais aucun d'eux ne s'appelait Ebihod. C'est la onzième erreur que nous relevons dans la généalogie du Christ selon Matthieu. si à ces erreurs nous ajoutons les différences que nous avons relevées, à la l ère section, entre sa généalogie et celle de Luc, nous avons dix-sept erreurs. Ainsi l'inspiration évangélique de Matthieu pour ce seul chapitre aurait dix-sept invalidations (litt. égratignures).

49) Matthieu rapporte l'histoire des Mages qui arrivèrent à Jérusalem en suivant l'étoile. Or, quelques comètes se meuvent d'Occident en Orient, d'autres d'Orient en Occident. Beth-léhem est au sud de Jérusalem, comment l'étoile aurait-elle pu aller de Jérusalem à Beth-léhem ?

50) On lit dans le 1er chap. de Matthieu : « Et tout cela eut lieu afin que fût accompli ce que le Seigneur a dit par le prophète, disant : Voici, une vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel, ce qui, interprété, est Dieu avec nous  ».

Le prophète dont il est parlé ici est lsaïe, qui a dit (VII. 14 ) . « Voici, le Seigneur vous donnera lui-même un signe. La jeune fille deviendra enceinte et enfantera un fils, et le nommera Emmanuel  »....Nous ferons ici quelques observations :

1)     Le mot hlm' (Alma}, qu'on traduit ordinairement par vierge. dans ce passage d'lsaïe, veut dire simplement jeune fille. Ce mot se retrouve dans les Proverbes (XXX.) dans le sens de jeune fille. Les trois premières versions grecques d'Aquila, de Symmachus. et de Teodotion, et, surtout cette dernière, qui est si estimée, disent tout simplement "jeune fille..."

2)     Personne n'a jamais appelé Jésus du nom d'Emmanuel .. lorsque l'ange apparut à Joseph, il lui dit : " tu l'appelleras Jésus ". Gabriel dit à Marie : " tu deviendras enceinte et tu auras un enfant, que tu appelleras Jésus ". Jésus lui-même ne fait jamais allusion à son nom d'Emmanuel.

3)     Le fait auquel se rapporte ce passage d'lsaïe (chap. VIl.) ne permet pas d'y voir une allusion à Jésus. Rassan ou Retsin. roi d'Aram, ou Syrie, et Pekah. roi d'lsraël, étaient venus assiéger Jérusalem où régnait Achaz. fils de Jotham. roi de Juda, L'union de ces deux rois avait fort découragé Achaz. et pour le consoler Dieu révéla à lsaïe que la puissance de Retsin et de Pekah n'aurait pas duré longtemps. Comme signe de leur destruction prochaine Dieu révéla à lsaïe qu'une jeune fille deviendrait enceinte, qu'elle aurait un fils appelé Emmanuel ( Dieu avec nous ), et qu'avant que ce garçon pût distinguer le bien du mal, le pays des deux rois ennemis serait désolé. En effet, vingt et un ans après, le pays de Pekalt fut ravagé. La naissance de l'enfant devait donc arriver avant cet événement pour que la prophétie pût s'accomplir. On sait que Jésus est postérieur à ces faits de 721 ans. Plusieurs interprètes chrétiens ont pensé qu'lsaïe voulait parler de sa femme qui était enceinte. et il promettait que le pays serait délivré de ses ennemis avant que l'enfant qu'elle portait eût atteint l'âge de raison. Cette opinion a été soutenue par le Dr. Benson, et elle me semble mériter d'être prise en considération.

51) On lit dans Matthieu (11. 15) : " Et il y resta (en Egypte) jusqu'à la mort d'Hérode, selon cette parole du prophète : J'ai appelé mon fils d'Egypte ". C'est une allusion à Osée (XI. 1 ) . " Quand Israël était jeune, je l'aimais, et de l'Egypte j'ai appelé mon fils ".

Il n'y a ici absolument aucune allusion à Jésus. Dieu rappelle à son peuple les bienfaits dont il l'a comblé du temps de Moïse, et il lui reproche d'avoir adoré les dieux étrangers, et d'avoir élevé des autels à des idoles. Ce reproche ne peut pas s'adresser aux contemporains de Jésus, ni à Jésus lui-même. Depuis la captivité de Babylone les Juifs ne se départirent plus du plus rigide monothéisme.

52) On lit dans Matthieu (II. 16 ) . " Alors Hérode voyant que les Mages s'étaient moqués de lui, fut fort en colère ; et ayant envoyé ses gens, il fit mettre à mort tous les enfants qui étaient dans Beth-léhem et dans tout son territoire, depuis ceux de deux ans et au dessous, selon le temps, dont il s'était exactement informé des Mages ".

Il y a ici une double erreur, erreur de fait et erreur de jugement. Quant au fait lui-même, aucun historien, pas même Josèphe, n'en fait mention ; et il est à remarquer que Josèphe écrivait vers le temps d'Hérode, qu'il recherchait tous les faits qui pouvaient être à sa charge, et qu'il n'aurait certainement pas négligé de noter un crime aussi odieux que le massacre des petits enfants. Il y a de plus un manque absolu de jugement à admettre un pareil fait, lorsqu'on sait que Beth-léhem était une toute petite ville, très près de Jérusalem, sous la domination d'Hérode, et qu'il eût été très facile, dans ces conditions de retrouver la maison où les Mages étaient allés, et de s'épargner le meurtre d'une foule d'innocents.

53) On lit dans Matthieu (II. 17, 18) : " Alors s'accomplit ce qui avait été dit par Jérémie le prophète : On a ouï dans Rama des cris, des lamentations, des pleurs, et de grands gémissements ; Rachel pleurant ses enfants ; elle n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus ".

C'est une fausse application d'un passage qu'on retrouve, à un tout autre événement, c'est à dire, à la guerre avec Nabuchodonosor, à la mort de plusieurs milliers d'lsraëlites, et à la captivité de Babylone . au nombre des morts se trouvaient beaucoup de descendants de Rachel, et le prophète nous la représente se désolant sur le sort de ses enfants.

Note de le l'auteur  :  Il paraît, des paroles du prophète, confirmées par l'Evangéliste que les âmes, dans le monde du Barzakh, voient les malheurs qui arrivent à leurs parents ou amis sur la terre, et en éprouvent du chagrin ;ce qui serait contraire à la croyance des Protestants.

54) Matthieu dit (II. 23) : " Et il alla demeurer dans une ville appelée Nazareth .. de sorte qu'il fut accompli ce qui avait été dit par les prophètes ; il sera appelé Nazaréen ". On ne retrouve rien de semblable dans aucun prophète : Les juifs réclament vivement contre cette falsification des textes, ils croient même qu'aucun prophète ne peut venir de la Galilée et encore moins de Nazareth, ainsi qu'on le voit par Jean (VIII. 52). Les exégètes chrétiens tâchent de concilier ces contradictions (XI.) par des hypothèses qui ne sont que des palliatifs et ne méritent pas qu'on s'en occupe.

55) Le 1er verset du 3e chapitre de Matthieu est ainsi conçu . "En ce temps-là Jean-Baptiste vint, et il prêchait dans les déserts de la Judée ".

A la fin du 2ème chapitre l'Evangéliste nous a déjà dit qu'Hérode était mort, qu'Archélaüs lui avait succédé, et que Joseph était allé en Galilée avec son fils et sa femme. Ainsi les mots "en ce temps". par les quels commence le 3e chapitre, doivent se rapporter au règne d'Archélaüs, et à l'établissement de Joseph en Judée. Or cela est inexact, car Jean-Baptiste ne commença ses prédications que 28 ans après ces événements.

56) On lit dans Matthieu (XIV. 3) : " Car Hérode avait fait prendre Jean, et l'avait fait lier et mettre en prison à cause d'Hérodias, femme de Philippe son frère ". Le mari d'Hérodias s'appelait Hérode et non Philippe (cf Josèphe, lib. XVIII. chap. 5).

57) Matthieu (XII. 3. 4 ) . " Mais il leur dit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, ayant faim, tant lui que ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, dont il n'était pas permis de manger, ni à lui ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux seuls sacrificateurs!"

Ces versets contiennent une inexactitude que je relèverai plus loin (n° 92).5S0. Le 27ème chap. de Matthieu contient ces mots . " Alors s'accomplit ce qui avait été dit par Jérémie le prophète : Ils ont pris trente pièces d'argent, qui étaient le prix de celui qui a été apprécié, et que les enfants d'Israël ont mis à prix ". Nous verrons plus loin qu'il y a ici une erreur (lib. II. sec. II. 29).

59) On lit dans Matthieu (XXVII. 5 l-53) : «  En même temps le voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'au bas, la terre trembla, des rochers se fendirent ; des sépulcres s' ouvrirent , et plusieurs corps des saints, qui étaient morts, ressuscitèrent ; et étant sortis de leurs sépulcres, après sa résurrection, ils entrèrent dans la Sainte-Cité et ils furent vus de plusieurs personnes  ».

Toute cette histoire ne mérite aucune considération. Le savant Norton, défenseur zélé des Evangiles, est obligé de la repousser pour plusieurs raisons qu'il expose, et dit en terminant : ... "Ce conte doit être considéré comme une fable ; probablement une qui, en commun peut-être avec d'autres à présent tout à fait oubliées, était en circulation parmi les couvertis Juifs après la destruction de Jérusalem. Quelqu'un, qui possédait un exemplaire de l'Evangile hébreu de Matthieu, peut avoir écrit le fait en marge de son exemplaire, qui, dans la suite, a été incorporé au texte dans des copies postérieures et, enfin, une ou plusieurs de ces copies peuvent être tombées entre les mains du traducteur grec".

Ce récit donne lieu à plusieurs critiques :

1)     Après la mort de Jésus, les Pharisiens allèrent chez Pilate, et lui dirent : " Seigneur nous nous souvenons que, quand ce séducteur vivait, il disait : je ressusciterai dans trois jours. Commande, donc, que le sépulcre soit gardé sûrement jusqu'au troisième jour ". "On sait en outre que Pilate, avec sa femme, n'avait consenti qu'à regret à l'exécution de Jésus. Or s'il est vrai que la terre trembla, que les tombeaux s'ouvrirent, on ne peut pas croire que les Pharisiens eussent osé parler de Jésus comme d'un Séducteur, ni que Pilate eût pu les écouter jusqu'au bout. ayant des faits aussi éclatants devant ses yeux

2)     Ces bouleversements de la nature n'auraient pas manqué de convertir beaucoup de païens et de Juifs s'ils s'étaient produits réellement. lorsque les langues de feu descendirent sur les Apôtres, et que ceux-ci parlèrent plusieurs idiomes à la fois, plus de trois  mille personnes se convertirent (Act. II.) ; est-il possible que des miracles plus étonnants encore n'aient touché personne ?

3)     Des faits aussi éclatant et aussi contraires à l'ordre de la nature, s'ils avaient réellement eu lieu, n'auraient pas manqué d'être mentionnés par tous les historiens de cette époque : nul n'en dit mot, si ce n'est Matthieu ! En supposant même que, par esprit de haine ou par une excessive partialité, les historiens profanes eussent à dessein passé sous silence des faits si remarquables, comment se fait-il que les chroniqueurs chrétiens, surtout Luc, si exact, si avide de miracles, n'en dise mot ? Comment expliquer le silence des autres Evangélistes sur ces faits, lorsque nous les voyons en mentionner d'autres bien plus insignifiants ? Luc et Marc ne parlent que du voile du Temple, et passent sous silence tous les autres miracles.

4)     Le voile du Temple était de lin extrêmement fin. Y a-t-il rien d'étrange qu'il se soit déchiré ? Et que veut dire ce détail de " haut en bas ?'. Et comment le Temple lui-même put-il rester debout ?

5)     La prétendue résurrection de plusieurs saints serait contraire à la doctrine professée par Paul, car il a dit que le Christ est " le premier des ressuscités ". Tout porte par conséquent à confirmer l'opinion de Norton, et nous autorise à croire que la traducteur de Matthieu, à l'instar d'un homme qui "ramasse du bois dans l'obscurité", n'a pas su distinguer le vrai du faux, l'authentique de l'apocryphe, et qu'il a tout traduit sans examen. Est-ce sur un pareil texte que l'on peut se fonder avec assurance ? Non, par Dieu.

60) 61) 62) On lit dans Matthieu (XII 39, 40) : " Mais lui, répondant, leur dit : La race adultère et méchante demande un miracle ; mais il ne lui en sera accordé aucun autre que celui du prophète Jonas. Car comme Jonas fut dans le ventre d'un grand poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'Homme sera dans la sein de la terre trois jours et trois nuits ".

On lit plus loin dans le même Evangile (XVI. 4) : " Cette race méchante et adultère demande un miracle, mais on ne lui accordera aucun autre, que celui du prophète Jonas ". L'Evangéliste rapporte aussi ces parole des Pharisiens à l'égard de Jésus (XXVll. 63) : " Nous nous souvenons que quand ce séducteur vivait, il disait : Je ressusciterai dans trois jours ".

Il faut remarquer maintenant que Jésus fut crucifié le vendredi vers midi (Jean XIX. ) . qu'il mourut à la neuvième heure, et que Joseph demanda son corps à Pilate le soir pour l'ensevelir (Marc), ce qui a eu lieu, sans doute, la veille du samedi ; le corps disparut le dimanche à l'aube selon Jean ; ainsi il ne serait resté dans "le sein de la terre" qu'un jour et deux nuits, au lieu de trois jours et trois nuits. Paley et Channing reconnaissent cette erreur, mais l'attribuent à Matthieu, qui, selon eux, n'aurait pas bien compris les paroles de Jésus : "Le Messie", disent-ils, "a voulu dire que ceux qui l'écoutaient devaient se contenter de ses paroles, et ne pas demander de miracle pour se convertir, de même que les habitants de Ninive n'eurent pas besoin d'un miracle pour prêter foi à Jonas". De l'aveu de ces deux interprètes, l'erreur est attribuable uniquement à une méprise de Matthieu. Matthieu n'écrivait donc pas sous l'inspiration divine. S'il s'est trompé ici, il peut s'être tout aussi bien trompé ailleurs . quelle foi peut-on, dans cet état des choses, accorder à son témoignage ?

63) Matthieu dit (chap. XVI 27, 28) : " Car le Fils de l'Homme doit venir dans la gloire de son père avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous dis en vérité, qu'il y a quelques-uns, de ceux qui sont ici présents, qui ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'Homme venir en son règne ".

Tous ceux qui étaient présents alors sont morts, et leurs corps sont retournés à la poussière depuis dix-huit cents ans, et aucun d'eux n'a vu le Fils de l'Homme, dans la gloire de son père, descendre pour rétribuer chacun selon ses œuvres.

64) Matthieu dit (X. 23) : " Mais quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre ; car en vérité je vous dis que vous n'aurez pas achevé d'aller par toutes les villes d'lsraël que le Fils de l'Homme ne soit venu ". Cette promesse ne s'est pas plus réalisée que la précédente.

65-68) On lit dans l'Apocalypse (III. 11) ces paroles de Jésus : " Je vais venir bientôt " ; et plus loin, au chap. XXII. 7, 10, 12 : " voici, je vais venir bientôt. ... Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre ; car le temps est proche. ... voici je vais venir bientôt ". On sait de quelle manière ces promesses se sont vérifiées.

69-75) Il est dit dans l'Epître de Jacques (ver. 8) : " Préparez-vous et fortifiez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche ". On trouve à peu près le même avertissement dans la 1 ère Epître de Pierre (V. 4) ; de même dans la 1ère Epître de Jean (XI. 18) : "Mes enfants, c'est la dernière heure ;" et dans la 1 ère aux Thessaloniciens (1V. 15) : " Car nous vous déclarons ceci par la parole du Seigneur, c'est que nous qui vivrons et qui resterons sur la terre, à la venue du Seigneur, nous ne préviendrons point ceux qui seront morts. Car le Seigneur lui-même descendra du ciel, dès qu'il aura donné le signal par la voix d'un archange et par la trompette de Dieu ; et ceux qui seront morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite nous, qui vivrons et qui serons restés sur la terre, nous serons enlevés tous ensemble avec eux dans les nuées, au-devant du Seigneur, et nous serons toujours avec le Seigneur ".

Ce même Paul dit aussi dans l'Epître aux Philippiens (1V. 5 ) . " Le Seigneur va venir " et dans la 1 ère aux Corinthiens (XII) : " Nous qui sommes parvenus aux derniers temps " et plus loin (XV. 51, 52) : " Nous ne seront pas tous morts, mais nous seront tous changés en un moment, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette ; car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés ".

C'est la croyance des premiers Chrétiens qui est exprimée dans ces passages, comme nous le verrons, aussi, plus loin ; le temps a prouvé que c'était une erreur.

76-78) Il est dit au chap. xxiv. de Matthieu que Jésus était assis sur le Mont de Oliviers lorsqu'on vint lui demander à quel signe on reconnaîtrait le temps de la destruction du Temple et de la résurrection des morts. Après avoir énuméré les signes précurseurs de la fin du monde, le Christ ajoute qu'aussitôt après on verra apparaître le Fils de l'Homme dans sa gloire. Jusqu'au vers. 28, il s'agit seulement de la destruction du Temple ; mais le ver. 29 et les suivants se rapportent au jour du jugement dernier et à la venue du Christ. C'est l'avis de Paley..., et d'autres théologiens protestants : " Et aussitôt après l'affliction de ces jours là, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera point sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l'Homme paraîtra dans le ciel, alors aussi toutes les tribus de la terre de lamenteront, en se frappant la poitrine, et elles verront le Fils de l'Homme venir sur les nuées du ciel, avec une grande puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec un grand son de trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis un bout des cieux jusqu'à l'autre bout. ... Je vous dis en vérité que cette génération ne passera point, que toutes ces choses n'arrivent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ".

La venue du Christ et le jugement dernier doivent donc coïncider avec la destruction du Temple. ainsi qu'on le voit par les mots " Et aussitôt après l'affliction de ces jours-là " . Les contemporains de Jésus avaient donc raison de regarder comme prochaine la fin de toutes choses, de même que les Apôtres et les premiers Chrétiens, auxquels on avait assuré que cette génération là ne serait pas passée que toutes ces choses ne se fussent accomplies. Et pourtant cette génération a passé, et bien d'autres après elle, et les cieux et la terre ne sont point passés. Le même récit se trouve dans Marc (XIII.), et dans Luc (XXI.), ce qui représente trois erreurs, la même prédiction étant rapportée par trois Evangélistes.

79-81) On lit dans Matthieu (XXIV. 2) ces paroles de Jésus : " Je vous dis en vérité qu'il ne restera point ici pierre sur pierre qui ne soit renversée ". Les interprètes Protestants disent que ces mots signifient que toutes les fois qu'on tentera de rebâtir le Temple, les constructions seront renversées. L'auteur de l'ouvrage "Démonstration de la Religion de Vérité" Tahqiq-din- Elhaqq , imprimé en 1846, dit à ce propos (p. 394) : "L'Empereur Julien l'apostat, voulut, trois cents ans après le Christ, rebâti le Temple pour démentir cette prédiction. A peine eut-il commence a poser les fondements, il s'éleva des globes de feu qui firent reculer les ouvriers, et depuis lors aucun n'a essayé de démentir les paroles de celui qui a dit : Le ciel et la terre passeront, et mes paroles ne passeront point".

Le Dr. a écrit ce qui suit, dans un ouvrage qui a été traduit en persan sous le titre de " Kéchful-athar fi-qisas-ambia Béni Israïl" (p. 70) "L'Empereur Julien permit aux Juifs de rebâtir Jérusalem et le Temple, et leur promit qu'il les rétablirait dans leur ancienne patrie. Les Juifs, on le comprend, apportèrent à cette tâche une ardeur égale à celle de Julien lui-même, et commencèrent la construction du Temple. Mais cela était contraire aux paroles de Jésus, et ne put se réaliser malgré le zèle et l'empressement des Juifs, et les encouragements que leur prodiguait l'Empereur. Les historiens païens rapportent que des boules de feu, sorties du sein de la terre et brûlant quelquefois les ouvriers, rendirent la place inaccessible, tellement qu'on fut obligés de renoncer à l'entreprise".

Cette tradition est erronée, ainsi que celle que nous rapporteront plus loin, dans ce chapitre. Thomas Newton dit ( Com. sur les Prophéties, vol. II. pp. 63, 64, éd. de Londres, 1803) : "Omar fut l'un des plus grands conquérants qui aient jamais désolé la terre, et durant un califat de dix ans et demi, il conquit toute la péninsule arabique, la Syrie, la Perse, l'Egypte, assiégea et prit Jérusalem qui se rendit en 637, après un siège prolongé ; il fit aux habitants chrétiens de cette ville des conditions très larges et ne toucha à aucune de leurs églises. Il demanda seulement à l'évêque un emplacement pour y construire une mosquée. L'évêque lui indiqua la roche de Jacob et le site de l'ancien Temple de Salomon ; les Chrétiens avaient rempli ce lieu d'immondices et d'ordures, par dépit pour les Juifs ; Omar en fit faire le déblai en y travaillant de ses propres mains, par dévotion et par respect pour le lieu, exemple qui fut suivi par tous les chefs de son armée ; il y fit élever une mosquée, et c' est la première qui ait été bâtie à Jérusalem, et on dit que c'est là qu'Omar fut tué par un esclave. Le douzième Calife, Abdel-Malek ben-Merwan, agrandit cette mosquée et y ajouta de nouvelles constructions".

Il résulte donc des paroles de Newton que la Mosquée d'Omar est construite sur le lieu même du Temple de Salomon, et cette mosquée subsiste depuis plus de douze cents ans ; comment les paroles, que les Chrétiens attribuent à Jésus, ont-elles pu passer, bien que le ciel et la terre ne soient point passés encore ? Cette prophétie étant aussi rapportée par Marc (XIII. 2), et par Luc (XXI. 6), nous pouvons pour cela compter trois erreurs.

82) On lit dans Matthieu (XIX. 28) : " Et Jésus leur dit : Je vous dis en vérité, à vous qui m'avez suivi, que lorsque le Fils de l'Homme sera assis sur le trône de sa gloire, dans le renouvellement qui doit arriver. vous aussi serez assis sur douze sièges jugeant les douze tribus d'Israël "

Judas lscariote ayant livré Jésus, et étant au nombre des damnés parce qu'il est mort impénitent, comme l'affirment les Chrétiens eux-mêmes, il s'en suit qu'il ne pourra pas occuper le douzième siège.

83) Jean dit (1. 51 ) . " Jésus lui dit aussi : En vérité, en vérité, je vous dis que désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le fils de l'Homme ".

Ces paroles furent prononcées après le baptême, et après la descente du St. Esprit sur Jésus. Rien dans les Evangiles ne montre qu'à la suite de ces deux événements, on ait vu le ciel s'ouvrir et les anges monter et descendre vers Jésus, que la paix soit sur lui ; je ne nie pas que le Christ ait pu avoir lui-même reçu la descente de l'ange de Dieu vers lui ;mais je nie l'ensemble des deux prédictions, c'est-à-dire, que des tiers aient vu les anges monter et descendre vers Jésus, comme il l'aurait promis.

84) On lit dans Jean (III. 13) : "Aucun n'est monté au ciel excepté celui qui en est descendu, le Fils de Dieu qui est au ciel". C'est encore une erreur ; Enoch et Elie sont montés au ciel (Gen. V . 2 Rois 11.).

Fin de la seconde section

85) On lit dans Marc (XI. 23 ) . " Car je vous dis. en vérité, que quiconque dira à cette montagne : Ote-toi de là et je te jette dans la mer, et qui ne doutera point dans son cœur, mais qui croira fermement que ce qu'il dit arrivera, tout ce qu'il aura dit lui sera accordé ".

Il est dit dans le même Evangile (XVI. 17, 18) : " Et voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru. Ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront de nouvelles langues ; ils prendront les serpents ; et quand ils auront pris quelque breuvage mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et ceux-ci seront guéris ".

Et dans l'Evangile de Jean (XIV. 12 ) . " En vérité, je vous le dis :Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes. ..."

Jésus affirme ici, et d'une manière générale, sans limitation de temps ni de personne, que quiconque aura la foi pourra remuer les montagnes. Or jusqu'ici nous n'avons point d'exemple que de pareils miracles aient été accomplis. Les savants Protestants reconnaissent qu'après la première génération des Chrétiens, il n'y a plus eu de miracles bien constatés. Nous avons vu aux Indes, des savants Catholiques et Protestants qui, après avoir fait les plus grands efforts pour apprendre notre langue, le dialecte d'Oude ( Urdu ), n'ont jamais réussi à le parler correctement, et ils confondent souvent le masculin avec le féminin et vice versa ; bien loin de pouvoir exorciser les démons, prendre les serpents, boire le poison, ou guérir les malades. Le fait est que les Chrétiens de nos temps n'ont pas en réalité la vraie foi, et c'est pour cette raison qu'ils ne peuvent plus faire de miracles. Je rapporterai ici, d'après "Le Miroir de la Vérité" - (Mir-at-Ussuduq, ouvrage traduit de l'anglais dans le dialecte d'Oude par le Prêtre Thomas lnglis, de la secte Catholique, et imprimé en 1515, pp. 105- 107) - deux faits qui montrent quels résultats ont eus les essais de miracles tentés par les chefs respectés de la secte Protestante :

1)     En Décembre 1543, Luther voulu exorciser un enfant, mais il lui arriva ce qui arriva aux Juifs dont il est parlé dans les Actes des Apôtres (XIX. 16), c'est-à-dire, que le diable sauta sur lui et le meurtrit de coups ; l'un des disciples du Réformateur. voyant que le diable avait saisi le maître et menaçait de l'étrangler, voulu s'enfuir, mais la peur l'avait tellement transi, qu'il ne put ouvrir la serrure. et son domestique dut lui passer par la fenêtre une hache avec laquelle il brisa la porte.

2)     Calvin induisit un homme appelé Bromius à feindre le mort, et à se laisser ressusciter par lui : il lui recommanda de retenir sa respiration et de rester dans cet état jusqu'à ce que Calvin lui eût dit : "Bromius, lève-toi". Il donna aussi les instructions nécessaires à sa femme pour qu'elle feignît de le croire mort et de le pleurer. Bromius fit le mort et sa femme jeta les hauts cris qui attirèrent les parents et les amis. Sur ces entrefaites Calvin se présenta, et dit à ceux qui pleuraient :"Ne pleurez pas, je le ressusciterai". Après avoir fait les prières d'usage, il prit ." Mais Bromius la main du prétendu cadavre et dit : " Au nom de Dieu lève-toi ne bougea pas ; il était réellement mort, car Dieu l'avait puni de sa ruse. Quand la femme de ce malheureux vit ce qui était arrivé, elle se mit à pleurer sérieusement, et à crier . "Mon mari était vivant, et Calvin l'a induit à faire le mort, et maintenant le voilà froid comme une pierre". Voilà les miracles de leurs grands personnages ! Luther et Calvin étaient cependant considérés, par leurs disciples et leurs adhérents, comme des hommes de bien à l'égal de leur fameux champion Paul. S'il en est ainsi de ces grands chefs que doit-il en être de leurs inférieurs ? De plus, le Pape Alexandre VI., chef de l'Eglise Romaine et vicaire de Dieu sur la terre, selon la croyance des Catholiques, but la coupe de poison, qu'il avait préparée pour un autre, et en mourut. Puisque le vicaire de Dieu sur la terre n'a pas pu résister au poison il n'y a pas à s'étonner si ses inférieurs n'y résistent pas non plus. On voit par ce qui précède que les chefs les plus distingués des sectes chrétiennes sont privés des « signes de la vraie foi ». promis par le Christ à ses fidèles.

86) On lit dans Luc (III. 27) : "Fils de Johanna, fils de Rhéfa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri". Il y a trois erreurs ici :

l) Les noms des fils de Zorohabel se trouvent dans le ler livre des Chroniques (III. 19), et Rhéfa n'y est pas mentionné.

2)   Zorobabel est fils de Fedaia et neveu de Salathiel.

3)     Salathiel est fils de Jéchonias et non de Néri, d'après Matthieu.

87) Luc dit aussi (III. ) . "Sala, fils de Kaïnan, fils d'Arphaxad", nouvelle erreur, Sala est fils et non petit-fils d'Arphaxad (Gen. XI. ; 1 Chron. 1.). Les traductions n'ont pas chez les Protestants une autorité supérieure à celle du texte hébraïque, on ne peut s'en prévaloir s'il y en a quelques-unes qui corroborent cette erreur de Luc. Les Protestants eux-mêmes soutiennent cette opinion ; et nous autres nous pouvons ajouter que ces traductions, s'il y en a, doivent avoir été altérées à dessein par les Chrétiens pour justifier leur Evangéliste.

88) On lit dans le 2ème chap. de Luc (vers. 1, 2 ) . " En ce temps-là, on publia un édit de la part de César-Auguste, pour faire un dénombrement de tous les habitants de la terre. Ce dénombrement se fit seulement lorsque Cyrénius eut le gouvernement de la Syrie ".

Les mots "tous les habitants de la terre", veulent dire les habitants de tout l'empire romain, ou bien ceux de toute la Palestine. Or aucun des historiens grecs, contemporains de Luc, ou antérieurs à lui de quelques années, ne mentionne ce recensement. Et si quelques écrivains des siècles postérieurs l'on fait, ils ne peuvent qu'avoir copié Luc lui-même. De plus Cyrénius a été gouverneur de Syrie quinze ans après la naissance du Christ. Comment accorder le recensement qui a eu lieu de son temps, et la nativité de Jésus, qui avait eu lieu quinze ans avant ? Ce même Evangéliste avait dit au chap. I. qu'Elisabeth conçut "au temps d'Hérode", et Marie six mois après sa cousine. Marie serait donc restée enceinte quinze ans . Pour faire disparaître cette contradiction, quelques commentateurs ont prétendu que les versets du 11ème chap. cités ici ont été interpolés.

89) On lit dans Luc (III. 1) : " La quinzième année du règne de TibèreCésar, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque d'lturée et de la contrée de Trachonite, et Lysanias tétrarque d'Abilène ".

Les historiens reconnaissent qu'il y a ici une erreur, car il est prouvé qu'il n'y avait pas un tétrarque d'Abilène, contemporain de Pilate et d'Hérode, appelé Lysanias.

90) Dans le même Evangile on lit (III. l 9) : " Mais Hérode le tétrarque ayant été repris par Jean au sujet d'Hérodias, femme de Philippe son frère".

Nous avons vu ci-dessus (§ 56) qu'il y a ici une erreur ; les interprètes l'attribuent à une faute de copiste, comme nous le verrons plus loin, mais la faute est bien de Luc.

91) Marc (VI. 17) : " Car Hérode avait envoyé prendre Jean et l'avait fait lier dans la prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe son frère, parce qu'il l'avait épousée ".

Erreur comme on le sait déjà. Les traductions arabes altèrent le texte, et omettent le nom de Philippe. Mais nous sommes si habitués à ces procédés de la part des Chrétiens, que nous ne nous plaindrons pas pour si peu de chose.

92-94) On lit dans Marc (II. 25,26) : " Mais il leur dit : N'avez-vous jamais 1u ce que fit David, quand il fut dans la nécessité, et qu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? Comment il entra dans la maison de Dieu, du temps d'Abiathar, souverain sacrificateur, et mangea les pains de proposition, qu'il n'était permis de manger qu'aux sacrificateurs, et en donna même à ceux qui étaient avec lui ?"

Les mots "ceux qui étaient avec lui" sont une erreur, car David était seul. 2°. Le grand prêtre était Akimélek, et non Abiathar (cf 1 Sam. XXI. 22). Ce sont trois erreurs que Marc a commises, et la troisième est reconnue comme tel le par la majorité des commentateurs, comme on le verra au liv. II.

95-96) Les mêmes mots se retrouvent dans Luc (VI.) : " Ceux qui étaient avec lui ", dit l'Evangéliste, répétant deux fois l'erreur de Marc.

97) La 1ère Epître aux corinthiens (XV. 5) contient ces mots " Christ a été vu de Céphas, ensuite des douze Apôtres ".

Mais Judas étant mort avant cette apparition, le nombre des Apôtres était réduit à onze, c' est pourquoi Marc dit (XVI.) : " Il apparut aux onze comme il étaient à table ".

98-100) Matthieu rapporte (X. 19, 20) ces paroles du Christ : " quand on vous livrera à eux, ne soyez point en peine, ni de ce que vous direz, ni comment vous parlerez ; car ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l'heure même. Ce n'est pas vous qui parlerez, mais c'est l'Esprit de votre père qui parlera par vous ".

Luc dit (XII. 11 ) . " Quand on vous mènera dans le synagogues, et devant les magistrats et les puissances, ne vous mettez pas en peine de quelle manière vous répondrez pour votre défense, ni de ce que vous aurez à dire, car le Saint-Esprit vous enseignera en ce même instant ce qu'il faudra que vous disiez ".

Les mêmes paroles se retrouvent dans Marc XIII. Ainsi d'après les trois Evangélistes, les paroles que les Disciples de Jésus devaient prononcer devant leurs juges leur auraient été inspirées par le SaintEsprit.

Cependant on lit dans les Actes des Apôtres (XXIII. 1 -5) : " Paul ayant les yeux arrêtés sur le conseil, parla ainsi : Mes frères, j'ai vécu jusqu'à présent devant Dieu en toute bonne conscience. Sur cela le souverain sacrificateur Ananias commanda à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur le visage. Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, muraille blanchie ; car tu es assis pour me juger selon la loi, et tu violes la loi en commandant qu'on me frappe. Et ceux qui étaient présents lui dirent : lnjuries-tu ainsi le souverain sacrificateur de Dieu ? Paul leur répondit : Mes frères, je ne savais pas que ce fût le souverain sacrificateur, car il est écrit : Tu ne maudiras point le prince de ton peuple ".

Comment Paul que la généralité des Chrétiens, adorateurs de la Trinité, considèrent comme Apôtre, par la mission spéciale, dont il aurait été honoré, et qui se considérait lui-même comme l'égal du Prince des Apôtres, Pierre, - et les Protestants le considèrent comme tel, - comment, dis-je, ce grand saint a-t-il pu se tromper en cette occasion ? Les paroles n'étaient-elles pas toutes inspirées par l'Esprit-Saint d'après la doctrine des Evangélistes ? Le Saint-Esprit pourrait-il se tromper d'après messieurs les Trinitaires ? Nous verrons plus loin au chap. IV. que les savants chrétiens reconnaissent qu'il y a ici une contradiction.

101-102) On lit dans Luc (1V. 25), et dans l'Epître de Jacques (V. 17), " Qu'au temps d'Elie le ciel fut fermé trois ans six mois ". Cependant le 1er ciel fut fermé trois ans six mois".

Cependant le 1er livre des Rois (XVIIl.) nous dit que la pluie tomba la troisième année. Le fait se trouvant dans Luc, comme ayant été dit par Jésus lui-même, et étant répété dans l'Epître de Jacques, cela constitue deux erreurs.

103) Luc rapporte (I.) ces paroles de l'Archange Gabriel à Marie au sujet du Christ : " Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et il n'y aura point de fin à son règne ".

Remarquons :

1) Que Jésus est un des fils de Joachim (Matt. I.) qui ne peuvent pas monter sur le trône de David, d'après Jérémie (XXXVI.).

2) Qu'il ne monta point sur le trône de David et ne régna point sur la maison de Jacob . mais , au contraire, que ce furent les Juifs qui le livrèrent à Pilate, et qui le crucifièrent après l'avoir accablé d'insultes. On sait d'ailleurs (Jean VI.) que Jésus ne voulait point de la royauté ; et ceci eût été une révolte de sa part contre la volonté de Dieu, si ce qu'on a fait dire à Gabriel était vrai.

104) On lit dans Marc (X. 29) : " Et Jésus répondit : Je vous dis en vérité, qu'il n'y a personne, qui ait quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou des terres, pour l'amour de moi ou de l'Evangile, qui n'en reçoive dès à présent, dans ce siècle, cent fois autant, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, et des enfants, et des terres, avec des persécutions ; et dans le temps à venir, la vie éternelle ".

Et dans le 18e chapitre de Luc : " Je vous dis en vérité, qu'il n'y a personne, qui ait quitté maison, ou père, ou mère, frère, femme, ou enfant pour l'amour du royaume de Dieu, qui ne reçoive beaucoup plus en ce temps-ci, et dans le siècle à venir la vie éternelle ".

Comment peut-il se faire qu'en quittant sa femme, on en reçoive cent, s'il n'est pas permis aux Chrétiens d'avoir plus d'une femme à la fois ? Et si ces paroles veulent dire que le fidèle aurait cent femmes croyantes sans mariage, ce serait bien pis encore, car ce serait favoriser le concubinage. Et les mots "des terres avec des persécutions", quel sens ont-elles ? Jésus promet des récompenses, et les persécutions sont loin d'être une rétribution qui puisse faire plaisir.

105) Marc, en racontant l'histoire du démoniaque ( V ) dit . " Et tous ces démons lepriaient, en disant : Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous y entrions. Et aussitôt Jésus le leur permit. Alors ces esprits immondes, étant sortis, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita avec impétuosité dans la mer, et ils se noyèrent dans la mer. Or il y en avait environ deux mille ".

On sait que le commerce de ces animaux était défendu aux Juifs ; aucun des Chrétiens, qui pouvaient en manger à cette époque, n'était assez riche pour posséder un pareil troupeau ; à qui donc appartenait les pourceaux ? . Jésus aurait pu faire sortir les démons sans les faire entrer dans les pourceaux . ou bien il aurait pu les envoyer dans un seul de ces animaux. Il aurait épargné au propriétaire le préjudice considérable résultant de la perte de tout le troupeau, qui devait, en ce temps-là représenter un capital, à l'égal d'un troupeau de moutons ou de chèvres, comme il représente de nos jours chez les mangeurs de cet animal.

106) On lit dans Matthieu (XXVI.) ces paroles de Jésus aux Juifs : " Je vous dis que vous verrez ci-après le Fils de l'Homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel ".

C'est encore une erreur, car les Juifs ne virent jamais Jésus assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel, ni avant, ni après sa mort.

107) Luc dit (VI. 40) : " Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, mais tout homme accompli sera égal à son maître ".

Il me semble qu'il y a erreur ici. On a de nombreux exemples de disciples qui ont été supérieurs à leurs maîtres.

108) Luc rapporte (XIV. 26) ces paroles de Jésus : " Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses sœurs, ses frères, et même sa propre vie. il ne peut être mon disciple ".

Cette morale étrange n'est pas d'accord avec l'enseignement de Jésus. Celui qui a dit aux Juifs (Matt. V ) . " Dieu nous a dit : Honore ton père et ta mère, et celui qui les méprisera mourra de mort ", ne peut pas avoir prêché la haine des parents et de la famille.

109) Jean (XI. 49-52 ) . " Caïphe, l'un d'entre eux, qui était souverain sacrificateur de cette année-là, leur dit : Vous n'y entendez rien ; et vous ne considérez pas qu'il est à propos qu'un homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse pas. Or, il ne dit pas cela de son propre mouvement ; mais étant le sacrificateur de cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation ; et non seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés ".

Il y a plusieurs erreurs à relever dans ce passage :

1) Jean semble vouloir dire que le souverain sacrificateur avait, par la nature même de ses fonctions, le don de prophétiser, ce qui est assurément une théorie fausse.

2) La prophétie ne pouvait se rapporter qu'au peuple d'Israël. Ainsi Jésus ne serait mort que pour la nation Juive et non pour l'humanité tout entière, comme le croient les adorateurs de la Trinité, et les paroles de l'Evangéliste, "et non seulement pour la nation, mais", doivent donc être considérées comme une addition contraire à la prophétie.

3) Ce sacrificateur, auquel l'Evangéliste accorde le don de prophétie, est le même qui a condamné Jésus à mort, qui l'a maltraité et qui l'a frappé, comme on le voit par les passages suivants de Matthieu (XXVI. 57-67) : " Mais ceux qui avaient saisi Jésus, l'amenèrent chez Caïphe, le souverain sacrificateur, où les scribes et les anciens étaient assemblés... Mais Jésus se tut. Alors le souverain sacrificateur prenant la parole, lui dit : Je t'adjure. par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l'as dit ; et même je vous dis, dorénavant vous verrez le Fils de l'Homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses habits, disant :Il a blasphémé ; qu'avons-nous plus besoin de témoins ? Vous venez d'entendre son blasphème, que vous en semble ? Ils répondirent : Il a mérité la mort Alors ils lui crachèrent au visage et le tapèrent de leurs mains ; et quelques-uns lui donnèrent des soufflets, lui disant : Christ, prophétise-nous qui est celui qui t'a frappé ".

Le quatrième Evangéliste dit aussi (XVIII. 13, 14) : " Et ils l'amenèrent premièrement à Anne, parce qu'il était beau-père de Caïphe, qui était le souverain sacrificateur cette année-là. Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs, qu'il était à propos qu'un seul homme mourût pour le peuple ".

Si Caïphe avait eu le don de prophétie, ainsi que le croit l'Evangéliste. aurait-il conseillé de faire mourir Jésus ? Aurait-il permis qu'on le maltraitât ? Comment un prophète aurait-il pu vouloir la mort de son Dieu ? Si le don de prophétie peut se concilier avec de pareilles énormités, nous autres, Dieu merci, nous n'avons point de prophètes de cette espèce. D'après cette théorie, on pourrait considérer, Jésus, lui-même, comme un prophète que le démon de l'orgueil aurait égaré et porté à se révolter contre son Dieu jusqu'à prétendre à la divinité, car on ne saurait alléguer, en faveur de Jésus seulement, Infaillibilité que les Chrétiens et les Juifs ne reconnaissent pas aux autres prophètes ; mais la vérité est que, ni Jean a jamais soutenu de pareilles absurdités, ni Jésus a prétendu à la divinité. Ce sont des contes inventés après coup par les Trinitaires. Si l'on admet l'authenticité des paroles de Caïphe, il faut les interpréter dans un tout autre sens : Les Disciples de Jésus croyaient qu'il était le Messie ; selon la tradition juive, le Messie devrait être un roi puissant, qui aurait rétabli l'empire juif . ,cela fit craindre, au grand sacrificateur et aux autres dignitaires, que la croyance en Jésus, comme étant le vrai Messie, ne se propageât parmi les Juifs et ne produisît des troubles qui auraient provoqué les sévérités des empereurs romains. Voilà pourquoi Caïphe a dit . " Il vaut mieux qu'un homme périsse pour toute la nation ". C'est-à-dire qu'il valait mieux faire périr Jésus pour la tranquillité de la nation ; il n'a pas voulu dire : pour le salut des âmes et leur affranchissement du péché originel, qui vient selon les Chrétiens de la transgression d'Adam, arrivée plusieurs milliers d'années avant la naissance de Jésus, parce que c'est là une croyance erronée que les lsraëlites ne partagent point. C'est peut-être pour cette raison que l'Evangéliste s'est ravisé au chap. XVIII. ; en remplaçant le mot «  prophétisé  » par "conseillé", il y a en effet une grande différence entre les deux mots, et l'Evangéliste a bien fait de substituer le second au premier, quoiqu'en le faisant il se soit contredit.

110) On lit dans l'Epître au Hébreux (IX. 19-21) : " Car après que Moïse eut prononcé à tout le peuple tous les commandements de la loi, il prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau, et de la laine teinte en écarlate, et de l'hysope, et il en fit aspersion sur le livre même et sur tout le peuple ; disant : Ceci est le sang du testament que Dieu a ordonné en votre faveur. Puis il fit de même aspersion du sang sur le tabernacle, et sur tous les vaisseaux qui servaient au culte ".

Il y a trois erreurs dans ce passage :

1) Ce n'était pas du sang de veau et de bouc, mais du sang de taureau dont Moïse aspergea le peuple.

2) L'aspersion se fit avec du sang seulement. sans eau, ni laine, ni hysope. Moïse n'aspergea point le livre lui-même, ni les vaisseaux du culte, mais il versa la moitié du sang sur l'autel, et l'autre moitié sur le peuple. Voici, en effet. ce que dit l'Exode (XXIV. 3-6) : " Moïse vint et annonça au peuple toutes les paroles de l'Eternel et toutes les lois. Tout le peuple répondit d'une voix unanime, et ils dirent : Toutes les paroles que l'Eternel a prononcées nous les exécuterons. Moïse écrivit toutes les paroles de 1'Eternel ; et s'étant levé de bon matin il construisit un autel au bas de la montagne, ainsi que douze stèles pour les douze tribus d'Israël. Il envoya les jeunes gens des enfants d'Israël, qui offrirent des holocaustes et qui firent des sacrifices pacifiques à l'Eternel. des taureaux. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des bassins, et répandit l'autre moitié du sang sur l'autel... Il prit le livre de l'alliance et le lut au peuple ; ils dirent : Tout ce que l'Eternel a dit nous le ferons et nous écouterons. Moïse prit le sang et le répandit sur le peuple, et dit : Voici le sang de l'alliance que l'Eternel a faite avec vous sur toutes ces choses ".

Il me semble que les erreurs que nous venons de signaler ont été la cause de la défense, faite à tous les fidèles par l'Eglise Romaine, de lire la Bible ; cette Eglise dit que le mal, qui peut venir de cette lecture, est plus grand que le bien qu'on en peut tirer, et cette proposition est. à coup sur, bien fondée. Toutes ces erreurs, peu remarquées, lorsque la Bible n'était pas répandue, ont pu être remarquée de tout le monde lorsque les Protestants propagèrent ce livre. On lit dans l'ouvrage intitulé les "Treize Epîtres" (Atthalath 'acharat resalat}. imprimé à Beyrouth en 1849 (pp. 417, 418) : "Examinons maintenant un canon établi avant le Concile de Trente, et approuvé postérieurement par les Papes ; ce canon dit que la lecture des Ecritures en langue vulgaire, pouvant avoir des effets pernicieux, qui dépassent de beaucoup le profit qu'on peut tirer des Livres Saints, les évêques devront autoriser préalablement les fidèles qu'ils croiront, sur l'avis du confesseur, en état de profiter de cette lecture, et il ne sera permis de lire que les traductions autorisées par l'Eglise ; les autorisations devront être données par écrit, et seront personnelles. Si quelqu'un ose lire les Ecritures sans avoir reçu l'autorisation, il commet un péché, dont il ne sera absous qu'après avoir livré son exemplaire aux autorités ecclésiastiques".